LA TERRE DU GROS CHESNAY A FILLE

Jehan de BELLENGER, écuyer était seigneur du GROS CHESNAY avant 1484. De la terre du GROS CHESNAY dépendaient divers fiefs et seigneuries et les assises étaient tenues au chateau même du Gros Chesnay.
Jehan de BELLENGER l'échangea en 1484 avec Alexandre Mainard (alias MESNARD) époux de Jeanne LE GRAS, fille de Michel LE GRAS, Seigneur du LUART et de Marie CHAMBELLAN. Leur fils, Guillaume MAINARD, seigneur du GROS CHESNAY épousa Anne QUERLAVOINE dont ils eurent une fille Anne MAINARD, dame du GROS CHESNAY qui épousa vers 1550 François LE BOINDRE, deuxième du nom, Seigneur du PERRUCHET. Ils sont décédés avant 1585.


Guillaume MESNARD possédait, outre la seigneurie du GROS CHESNAY, un moulin seigneurial banal certifié avoir été construit en 1566, situé dans le centre du bourg, avec les terres attenantes.

Après cette longue période de guerres féodales et de la guerre de cent ans qui dura de 1337 à 1453, une nouvelle société fondée sur le droit féodal est parvenue à se mettre en place : autour du château, les moulins, forge, four, lavoir, tout ce qui est nécessaire à la vie quotienne des habitants est mis à leur disposition par le seigneur qui perçoit, en contre partie, cens, taxes et redevances variées.

Ces trois siècles sont aussi ceux d'un renouveau culturel sans égal qui prit naissance en Italie et se propagea dans toute l'Europe au XIV et XV° siècles. Les seigneurs s'installent dans de magnifiques et spacieuses demeures, les églises sont embellies.









Moulin de FILLE : moulin seigneurial banal construit en 1566




Précédemment, en 1398, Perrine de Buffe (domaine situé de l'autre côté de la Sarthe face au moulin) avait fait acte de "vendition" (acte de vente) de la métairie de Bourdigale au profit du procureur de la fabrique d'Arnage. Plus tard, en 1412, Jehan de Germaincourt et Perrine, sa femme, sont témoins d'une donation à Huet de Buffe du Domaine de Saint-Benoît dans la suzainerie de la Suze.




Le manoir de la Beunêche
(situé commune de Roezé à la limite de Fillé)




L'église de FILLE dont la paroisse a été fondée en 1135 abrite une statue en terre cuite de la VIERGE A L'ENFANT
, joli symbole de la Renaissance. Cette statue est l'oeuvre de Charles Hoyau qui est un des sculpteurs les plus doués du XVII ° siècle. Il a jouit dans le Maine, de son vivant d'une notoriété certaine. Il a réalisé plusieurs statues de la Vierge dont celle de FILLE dont la pose élégante et le drapé animé avec grâce évoque le talent de Charles HOYAU
.


La statue de la Vierge à l'Enfant seule statue sortie miraculeusement indemne de l'incendie lors de la Libération en Août 1944.

Le curé de Fillé paya 22 livres Mançoise valant 3 arcs et 8 deniers tournois pour ses vignes du "Groux Chesnayes"





23 Mar 2008
Admin · 31 vues · 0 commentaires
Catégories: LA SEIGNEURIE DU GROS CHESNAY
LA FAMILLE LEBOINDRE


Passage en bac entre GUECELARD et le moulin de la Beunêche


La seigneurie du GROS CHESNAY a appartenu pendant plusieurs générations à la famille LEBOINDRE qui résidait ordinairement à PARIS, en leur hôtel, rue et CUL DE SACQ Saint-Dominique. Cette famille qui faisait partie de la noblesse de robe et siégeait au parlement de Paris, revenait sur ses terres de FILLE pour en assurer la gestion et l'administration. Ainsi le Seigneur LEBOINDRE s'engageait à entretenir le passage avec bateaux et filin du port de FILLE. La pleine propriété du passage d'eau dépendait de la seigneurie. Le seigneur de FILLE consentit un bail à Joseph PERRIERE, passeur, en 1732 (renouvelé en 1739 et 1744) pour la traversée entre FILLE et GUECELARD.

La famille LE BOINDRE profitait de sa venue en province pour regrouper le même jour la signature des baux à ferme à renouveler. Pour ce faire, Maître René Bellanger notaire de Fillé se déplaçait au château accompagné de quelques clercs rédacteurs et les fermiers y venaient également pour obtenir le renouvellement de leur bail. Le château était donc le lieu commun et accessible à tous.

Il y avait aussi un passage à gué situé entre le moulin et le Château de BUFFES (situé sur le territoire actuel de la commune de GUECELARD).

Il faut bien comprendre qu'à cette époque la route (l'actuelle rue du passeur) qui passe devant la Mairie venait tout droit pour passer derrière le moulin avant la percée du canal de FILLE à ROEZE. Cette route - dont on a marqué les traces le long de la SARTHE lors de la réfection du site du Moulin en 2007( à la demande du Maire) en laissant les pavés bien apparents - arrivait donc en face de l'ancienne
grange et repartait à angle droit juste après le moulin en direction du château du Gros Chesnay. Le Chateau de Buffes se trouvait ainsi donc dans la perspective du château du Gros Chesnay



Peinture du château du GROS CHESNAY pour laquelle j'ai obtenu le 1er prix féminin lors du concours des Peintres en Liberté (Christiane Choisnet).


En ce qui concerne le château du Gros Chesnay, depuis le 2 Juin 2003, tous les bâtiments ou vestiges de bâtiments enfouis (logis, pavillons, écurie, pigeonnier, restes de l'ancienne galerie, murs séparant les cours avec leurs portails, murs de clôture du potager ainsi que la totalité des jardins avec les murs de soutènement des allées en terrasse et des berges des canaux) sont protégés par les Monuments Historiques. L'ensemble du potager est exploité depuis cette date pour Monsieur PASSARD, grand restaurateur à PARIS.




Jean II LE BOINDRE qui avait épousé Françoise de Beschefer en 1647 fut conseiller du roi en sa cour du Parlement de Paris. Un an plus tard, débutait la période de troubles graves de LA FRONDE sous la minorité de Louis XIV. Notre Seigneur Jean II LE BOINDRE est chassé de Paris par Mazarin en 1653.

Il s'était rendu au château de BUFFE en 1654 et devant la porte d'entrée, le marquis de la Paluelle avait reçu foi, hommage et aveu de son vassal pour ses terres, fiefs et seigneurie du Gros chesnay. En 1655, tout de même, il acquiert à FILLE une propriété du Roi sise à "Pierre Aube".

Un meunier est nommé le 16 Mars 1662 aux Moulins de Fillé qui dépendent alors du château de Buffe
et en 1665, Isaac de la Päluelle fait procéder à l'estimation des meubles et bestiaux qui se trouvent sur les moulins de Fillé.

Monsieur Jean Le Boindre décède le 7 Novembre 1693, une pierre tumulaire avait été placée dans l'ancienne église de Fillé avec le témoignage du don à l'église.Il avait légué à la fabrique de Fillé la somme de 10 000 livres pour être employer à la décoration, à la réparation et à l'entretien de l'église.

En Novembre 1739, Jean Joseph Le Boindre passe le bail du petit domaine de Buffes à Jacques Tanchot lequel devra évidemment prendre soin du grand jardin.

Jean François Baptiste Le Boindre décède à l'âge de 80 ans en Août 1742.

En 1750 débute la construction du château du Gros Chesnay qui se compose d'un bâtiment régulier flanqué de quatre tours rondes à chaque angle et d'une grande galerie en retour.

Jean Joseph Le Boindre passe à nouveau le bail du domaine de Buffes à un nouveau bordager, Monsieur Tuffière.

En Novembre 1751, les travaux du château du Gros Chesnay s'achèvent en même temps que prennent fin les 36 années de bail des métayers qui ont dû trimer dur dans les derniers temps en raison de la dûreté des hivers 1750 et 1751.

Le 4 Décembre 1757, Jean Joseph Le Boindre décède...





Le corps de Messire Jean Joseph Le Boindre, baron de la Beunêche a été inhumé dans l'église de Fillé en présence de Messire Alexandre Paul Louis François de Sanson, Chevalier, seigneur de Lorchère, Conseiller du Roi, Lieutenant général de la Sénéchaussée du Maine, cousin au 4° degré du défunt du côté paternel, et de Messire Guillaume du Bouchet, Chevalier, Seigneur de la Forterie ainsi que de M. Joseph Thébaudin de la Rezelle, conseiller du Roi, Lieutenant particulier.
La pierre tombale située dans l'ancienne église de Fillé signalait une importante donation de la famille LE BOINDRE.

A la requête des héritiers de Messire Jean Joseph Le Boindre, seigneur de Vauguyon, baron de la Beunêche, conseiller du Roi en sa cour et parlement, il est fait estimation des bâtiments et dépendances de la terre du Gros Chesnay, des Châteaux de Buffe et de la Beunêche.




Le blason des Le Boindre est "De pourpre au chevron d'or accompagné en chef de deux roses et en pointe d'une pomme de pin, le tout de même".











23 Mar 2008
Admin · 27 vues · 0 commentaires
Catégories: LA SEIGNEURIE DU GROS CHESNAY
LA BARONNIE DE LONGAULNAY
Le Pays ou Baronnie de Longaulnay, ancienne contrée, contenait la Forêt de Longaulnay ou forêt du Mans d'environ 17 000 hectares, dont il est fait mention dans le roman de "Berthe aux grands pieds", qui s'étendait sur les paroisses de Roêzé, la Suze, Saint-Jean-du-Bois, Fercé, Mézeray, Courcelles, Ligron, La Fontaine-St-Martin, Saint-Jean-de-la-Motte, Oizé et Cérans Foulletourte, Parigné le Polin et à la limite nord de Fillé et Guécélard. (Il existe un autre Longaulnay mais sis en Bretagne Ile et Vilaine).

Ce sont en majeure partie des terres de landes, de marécages, parfois de terrains pauvres, de sables et de sables délavés le plus souvent que nos paysans pleins de bon sens, appelaient encore il y a quelques années "de la terre volée", jouant sans doute sur les mots car la terre le porte, ce sable, d'un voisin à l'autre et il vole...
Terre de pins, de pins maritimes et de pins sylvestres, de pauvres chênes noueux, de quelques châtaigniers. Terre cendrée, grise ou violacée, tout juste bonne aux topinambours, aux pommes de terre, et aujourd'hui à quelques asperges. C'est dire les modestes bordages, les masures et la misère qui trop souvent y règnait
.

Le Seigneur Jean Huet est propriétaire d'un domaine nommé "Buffe" qui sert de place forte pour le repos des voyageurs et des pélerins. L'abbaye de la Couture assurait le pouvoir tutélaire de Fillé qui se trouvait de facto dans les Quintes du Mans.

Le pape Urbain II pour appuyer la mobilisation et assister au départ de la première croisade aurait séjourné au Mans du 16 au 19 Février 1096. Par les chemins boueux et dangereux du royaume de France, le souverain pontife ne se déplaçait jamais seul ; il avait une bonne avant-garde de soldatesque armée jusqu'aux dents, bardée d'armures imposantes et flanquée de lourdes épées et lances, chargée d'ouvrir le chemin et de chasser les importuns. Une forte escouade de nobles avec leurs gents d'armes, leurs écuyers suivaient tandis que les cardinaux, les nonces apostoliques, les évêques et les moines encadraient le chef de la chrétienté.





Ainsi, un long cortège bruyant de chars à boeufs, de bourricots lourdement chargés transportait toute l'intendance, de gros coffres bourrés d'ornements du culte, d'ustensiles de cuisine et de nourriture.

Des hommes d'armes, des lanciers, des cerfs enrôlés de force par leurs seigneurs fermaient le banc pour éviter au riche convoi de se faire attaquer par l'arrière par des bandits de grands chemins.




Le pape Urbain II




C'est dans ce contexte que Jacquelin de Jalesne, de Maillé, premier noble cité comme possesseur du fief de la Beunêche rendit humble hommage au saint homme mais, trop jeune pour participer à la première croisade, il aurait proposé quelques hommes forts de Fillé, de solides gaillards soustraits à leur famille, pour former la petite troupe de guerriers qui accompagnait le convoi durant ce long voyage vers la terre sainte.





Vieux château de la Beunèche sur la commune de ROEZE à la limite de FILLE


En 1167, première trace de l'existence du domaine de la Beunêche alors que le seigneur Jacquelin de Jalesne, de Maillé, de la Beunêche et de Gilbourg répondit aux appels vibrants de Saint Bernard de Vézelay. Devenu Chevalier du Temple, Jacquelin participe donc à la troisième croisade. Le 3 Juillet 1187 au pied des collines de Hittin, près du Lac de Tibériade, Saladin le Grand remporte une victoire sur les armées franques desservies par l'incompétence du roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, la trahison du grand-maître des Templiers, Gérard de Ridefort et la brutalité de Renaud de Chatillon. Cernés, les chrétiens se battent avec héroisme. Jacquelin de Jalesne, Chevalier du Temple, reste seul debout sur le champ de bataille mais son cheval abattu sous lui l'entraîne dans sa chute. Il se relève et la lance à la main, continue à repousser l'ennemi qui, devant sa bravoure, lui propose de partir à sa guise, libre.
Jacquelin refuse et continue de se battre mais ayant perdu trop de sang, il meurt.
Les Turcs, subjugués par son courage, se partagent les lambeaux de ses vêtements pour en faire des reliques.

Saladin 1er s'empara de Jérusalem ce qui provoqua la troisième croisade (1189/1192).








En 1135 : fondation de la paroisse de Fillé.

Le 7 Septembre 1202, Jean sans Terre qui remonta par Malicorne, La Suze, Roezé puis Fillé vint piller la bonne ville du Mans.





Jean sans Terre






Après
la bataille de Crécy en 1346, Jacques de Maridort, cadet de la célèbre famille Warwick alliée à Thomas Becket (archevêque de Cantorbéry), s'installa dans la région de La Flèche. Un des seigneurs de sa suite trouvant les rives de la Sarthe accueillantes et appréciant les lieux pour le passage incessant des marchands au gué de Fillé entreprit de construire ce qui fut le premier château de Buffes. On y était à vrai dire plus en sureté derrière les épaisses murailles que pour le gîte et le couvert car le château était peu meublé et chaque hôte de passage devait amener table, banc et couchage...

A partir de 1347 jusqu'en 1350, la peste noire, un terrible fléau, arrivée par les navires marchands venus d'Orient s'étendit à toute la France suite aux fortes chaleurs d'été et cette extension s'accompagna à Fillé de l'ergot de seigle dû à la souillure des récoltes par les rongeurs ainsi qu'au manque d'hygiène. Dans l'Europe médievale, le pain se faisait à base de seigle et l'ergot de seigle est un champignon de couleur vineuse ou noirâtre de un à six centiments qui s'accroche aux épis lequel entraîne des convulsions épileptoides et une gangrène des extrèmités ; il provoque également des hallucinations, des troubles étranges et des délires. L'hospice des Ardents fondé au X° siècle près de la cathédrale du Mans était destiné à recevoir ces malheureux atteints de maladies provoquées par l'ingestion de céréales (surtout l'ergot de seigle).




épis de seigle infestés par l'ergot

Du X au XIVème : cinq siècles s'ouvrent marqués par les pillages, la misère, la famine : les gens vivaient avec l'appréhension de la famine. La notion de "qualité" n'était pas prépondérante mais il importait chez les gens de cette société de pauvreté de ne pas "manquer". Les notions de récolte, d'entreposage, les saletés et excréments des rongeurs manquaient atrocement au point qu'il y avait des maux, des maladies qui en découlait à l'exemple du "mal des ardents" provoqué par l'ergot de seigle.

Durant la Renaissance : voilà une drôle d'histoire ! sacré roi à l'âge de 11 ans à la mort de son père Charles V, Charles VI prend réellement le pouvoir à l'âge de 20 ans en congédiant ses oncles qui avaient assuré la régence mais qui avaient pillé le trésor royal et assommé d'impôt le bon peuple. Autant dire que pour les ducs de Bourgogne, Berry, d'Anjou, de Bourbon... la pilule est amère mais depuis il est surnommé Charles "Le Bien Aimé" par ses sujets. Son grand-père Jean II le Bon (le père de Charles V) qui est d'ailleurs né comte du Maine au château du Gué de Maulny près du Mans avait créé une ordonnance établissant le franc en 1360.

Or, en 1392, ce petit-fils, Charles VI a 24 ans et il est donc roi de France de la dynastie des Valois et, à la tête de l'armée royale, le 5 août, il quitte LE MANS pour la Bretagne. Le roi et son escorte quittent la ville après la messe du matin. Or, ce matin du 5 Août 1392, une chaleur caniculaire écrase notre bonne ville du Mans et la campagne environnante.









La troupe se met en branle vers 9 ou 10 heures du matin, prend la direction de Malicorne et entre dans les bois de Buffes avant d'atteindre la forêt de Longaulnay. Son armée est impressionnante, on y compte pas moins de 265 chevaliers, 2267 écuyers, 146 archers, 48 compagnies d'arbalestriers et la sphère privée du Roi. Cette armée traverse la forêt du Mans en sortant par le gué de Maulny pour rejoindre Arnage et le chemin aux boeufs. On passe non loin de la "maladrerie" de saint-gilles. A l'ouest de Guécélard, la troupe s'engage dans les bois que Huet de Buffe connaît comme sa poche. Pour lui c'est un honneur de montrer aux notables, seigneurs et chevaliers accompagnant l'armée de leur faire faire un court détour vers son chateau-refuge de Buffe dont chacun peut admirer le beau petit village de FILLE. Puis après ce coup d'oeil sur le site ils partirent dans la forêt de Longaulnay. Les chevaux marchent mal dans le sable et soulèvent la poussière. Derrière lui, marchent ses oncles, les ducs de Berry, de Bourgogne, Philippe d'Artois et de Navarre. et c'est à cet endroit que survient un incident en plein midi alors que le soleil est à son zénith. La grande frayeur que lui causa un excité à la figure hideuse qui sortit d'un buisson lui criant, en empoignant la bride de son cheval, "Arrêtes, Noble Roi, tu es trahi ! " déclenche sa première crise de démence. Le page qui porte la lance, assoupi sous l'effet de la chaleur, lâche celle-ci qui, en tombant heurte le sol avec un grand bruit. Alors là, le roi sort de sa torpeur, il est réveillé en sursaut : il croit tomber sur une embuscade et là, il se saisit de son épée et tua tous ceux qui se trouvaient autour de lui. Les grandes chaleurs du mois d'août ajoutées à la fatigue du voyage dérangèrent entièrement son cerveau : il fut maitrisé, on le ramena au Mans ligoté sur un chariot gentiment prêté par le seigneur du chateau des Perrais et il restera dans la capitale de la province du Maine jusqu'au 18 août.

A la suite de cette folie, Charles "Le Bien Aimé" devient Charles VI "Le Fol" et une terrible guerre civile éclata entre deux partis ennemis celui des Armagnacs et celui des Bourguignons. Charles VI mourut en 1422.









Entre le soleil qui flamboie et la route qui poudroie, Charles VI dit "Le Bien Aimé" chevauchât... en direction de Malicorne, alors, bien sûr, comme il fait chaud, la tête lui tournât mais il a revêtu une tunique de velours et un chaperon de vermeil écarlate lui couvre bien la tête : enfin, ce n'est pas la tenue idéale quand on crève de chaleur.
Avant d'atteindre la forêt de Longaulnay, surpris, effrayé par un drôle d'individu en haillons, il fit une démonstration de ses talents de guerrier et en deux coups de cuiller à pot, deux de ses valets passèrent de vie à trépas et il en blessa deux autres qui trépasseront plus tard ; alors là, l'expédition est terminée : et le roi devient fou !




Charles VI

Une statue équestre en plâtre retouché à la cire le représente au musée du Louvre, oeuvre d'Antoine-Louis Barye, dans cette traversée de la forêt du Mans, effrayé.


Honorat du Bueil de Racan, poète et écrivain français, né en 1589 fut baron de Longaulnay (province du Maine et commune de MEZERAY).





Il y a déjà des vignes à Fillé. En 1433, c'est la guerre de 100 ans et la rapacité des occupants anglais n'avait d'égal que la goinfrerie du dénommé Jean Falstolf (nommé plus tard Falstaff), maître du régent le Duc de Bedford, qui venait se goinfrer de charcutailles dans les métairies aux alentours du Mans et de fruits et de raisin dans le grand jardin du "Gros Chesnay". N'est-ce-pas le duc de Bedford qui faisait envoyer en Angleterre de nombreuses barriques de vins du cru en écumant les vignerons de Fillé qui cachaient leurs barriques de vins et leurs réserves alimentaires dans le souterrain de Fillé ?
En effet, vers la même époque, on dit qu'une galerie est creusée entre Buffe et le Gros Chesnay et l'on dit encore aujourd'hui qu'un trésor se cacherait dans ce souterrain mais au troisième millénaire - donc à partir de 2007 - les travaux effectués sur la plaine dite de "loisirs" et donc sur ce fameux souterrain n'ont révélé aucun trésor. Toutefois, en 1448, les Anglais abandonnent le Maine en incendiant le domaine de Buffe. C'est aussi à cette époque que prirent forme les jardins du Gros Chesnay arrachés aux eaux stagnantes du marais.


En effet, Charles VII mettra fin en 1453 à la guerre de cent ans sur une victoire française. Son nom reste principalement attaché à l'épopée de Jeanne d'Arc qui lui permit de renverser une situation compromise et d'être sacré roi à Reims le 17 Juillet 1429. Très contesté dans sa légitimité même, Charles VII était devenu roi en 1422 en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bouguignons. Chef de fait du parti des Armagnacs, il avait été deshérité par son père, Charles VI, au traité de Troyes en 1420 au profit d'Henri V d'Angleterre.



En 1467, Louis XI vient au Mans et chasse souvent dans la forêt du Mans près de la Suze. Louis XI était un homme à l'esprit ouvert, doué d'une grande énergie et d'un inaltérable optimiste ; il mit au service de l'autorité royale les ressources d'une diplomatie subtile, l'art des intrigues compliquées (qui lui valut une très mauvaise réputation) et une puissance extraordinaire de corruption car il professait qu'avec de l'argent tout le monde est à vendre... D'après Philippe de Commines qui écrit dans ses mémoires : "... Entre tous ceux que j'ai jamais connus, le plus sage pour se tirer d'un mauvais pas en temps d'aversité, c'est le roi Louis le onzième, notre maître, le plus humble en paroles et en habits, qui travaillait le plus à gagner un homme qui pouvait le servir ou lui nuire. Il ne s'irritait pas du refus d'un homme qu'il cherchait à gagner, mais il continuait en lui promettant largement et en lui donnant réellement argent et dignités qu'il savait lui plaire, et ceux qu'il avait chassés et déboutés en temps de paix et de prospérité, il les rachetait bien cher quand il en avait besoin ; il s'en servait et ne les avait nullement en nulle haine pour les choses passées.
Il était naturellement ami des gens de condition moyenne et ennemi de tous les grands qui pouvaient se passer de lui. Nul homme ne prêta jamais tant l'oreille aux gens, ni ne voulut connaître tant de gens... Et ces façons ont sauvé sa couronne, vu les ennemis qu'il s'était lui-même acquis à son avènement au royaume...."




Bref, pour en finir avec lui, le petit peuple (aujourd'hui on emploierait le terme de "la France d'en bas") dut accepter une augmentation de la taille quadruplée par le bon plaisir de son Roi et la noblesse avait tout à redouter de celui qui n'hésitait pas à faire exécuter les grands seigneurs.



Louis XI


En Mai 1571, un beau matin, les paysans de Fillé sont groupés sur le bord de la route qui mène à Roezé près de la Richardière pour voir passer les troupes qui escortent les carrosses du Roi Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis. Le convoi s'étale sur plus d'un kilomètre et chacun se bouscule afin d'obtenir quelques aumones ou quelques pièces.







Et c'est toujours la guerre... tueries, exactions, pillages sont les conséquences dans notre province du Maine du développement en France de la religion calviniste.
Le règne de Charles IX fut marqué par les guerres de religions avec d'abominables atrocités des deux côtés. Les premières années de ces guerres furent favorables aux protestants (les huguenots) très puissants dans le sud de la France, l'édit de Saint Germain leur accorda la liberté de conscience et quatre places de sûreté dont La Rochelle. Mécontents, les catholiques formèrent un complot contre Charles IX lorsqu'il eut pris comme conseiller un protestant et ce fut, le 24 Août 1572, le massacre de la Saint-Barthélémy, une hideuse tuerie qui ensanglanta les rues de Paris.




Charles IX

Il était fragile physiquement et psychologiquement. Il était inconstant : tantôt sous l'influence de sa mère Catherine de Médicis, tantôt sous l'influence de Coligny, gagné à la cause huguenote.

En 1585, I
saac II de Germaincourt est devenu Seigneur de Buffe mais réside peu dans l'humide château de Buffe mais en 1607, celui-ci est enfin réaménagé d'une habitation centrale entourée de communs formant une tour carrée terminée par deux pavillons et ceci, afin d'y loger Isaac II de Germaincourt et sa femme.

Le 4 septembre 1620, Louis XIII passe à Fillé venant de Malicorne pour remonter vers LE MANS. Il y a des bandes d'ardents (atteints du "feu de st-antoine" que Mathurine, la "folle" de Louis XIII pourchasse.





Louis XIII était réellement soucieux du bien-être de son peuple : il aurait séjourné plusieurs fois au château de Buffe et notamment pour aller voir la reine Marie de Médicis.

Et trois mois plus tard, Nicolas Grassin, en décembre 1620, laboureur à la Forêt de Roezé, vend à Pierre Clotreau, demeurant à Foullay (Roezé), trois planches de vignes située au Clos du Gros Chesnay relevant du fief de Buffe et en mai 1632, André Mesnager, vigneron demeurant aux Oliveries à Fillé, vend à Mathurin Clotreau, vigneron demeurant aux Petits Roys à Roezé une "lotie" de jardin située au bas du clos de vignes du Gros Chesnay. Ce jardin relevait aussi du fief de Buffes.

En 1621, Louis XIII, revient séjourner quelques jours au château de Buffe avant de se rendre à Saumur.








25 Mar 2008
Admin · 51 vues · 0 commentaires
Catégories: LE PAYS DE LONGAULNAY
LA REVOLUTION EST EN MARCHE !
  • Le 10 Mai 1774, à la mort de Louis XV, son petit-fils devient roi sous le nom de Louis XVI. La France jouit alors d'une grande prospérité. Mais les nobles qui s'endettent en menant grand train à Versailles font leur possible pour accroître les revenus qu'ils tirent de leurs terres. Ils raniment de vieux droits féodaux tombés en désuétude et soulèvent contre-eux la colère des paysans de nos campagnes.
    La cause principale de cette révolte est l'inadéquation du pouvoir politique à la réalité économique alors que la bourgeoisie détient une part de la richesse.
    Le pouvoir est exercé par une minorité d'aristocrates. Aux inégalités s'ajoute cette exaspération aggravée par une profonde crise financière.
    Le 22 Février 1787, de Calonne, contrôleur général des finances, réunit à Versailles une assemblée de notables pour faire approuver un programme de réformes mais ces derniers, attachés à leurs privilèges fiscaux acceptent tout sauf le plus important :
    la subvention territoriale, un impôt foncier qui s'appliquerait à tous les propriétaires et c'est l'échec.
    En désespoir de cause, le roi remplace de Calonne par l'archevêque de Toulouse qui reprend les projets de Calonne après les avoir combattus. (décidément, c
    es fourberies sont toujours d'actualité) et le roi n'aspire qu'à rappeler les parlementaires et les rétablir dans leurs privilèges. C'est le début d'une longue succession d'erreurs qui conduiront Louis XVI à la guillotine.
    Louis XVI fit convoquer le parlement pour l'enregistrement d'un emprunt mais les parlementaires refusent. Joignant leurs voix
    à celles des aristocrates, ils veulent profiter de la situation pour abaisser le pouvoir royal. A leur profit, ils réclament la convocation des états généraux qui se constituent en une assemblée de trois ordres car la société française reste figée en trois ordres :
  • la noblesse           
  • le clergé                            
  • le tiers-état    
  •          
  • c'est-à-dire :

    * le seigneur
    * le curé
    * et le paysan.



     


25 Mar 2008
Admin · 30 vues · 0 commentaires
Catégories: 1789 LA REVOLUTION FRANCAISE
LE PASSAGE D'EAU DE FILLE APRES LA CHUTE DE LA MONARCHIE
Deux passeurs sont restés respectivement en place pendant 30 et 34 ans entre 1732 et 1797 : Joseph PERRIERE jusqu'en 1762 et René VIGNERON prit la suite. Tous deux sont qualifiés respectivement sur les actes notariés de René BELLANGER de domestique et de journalier fermier du port du village.  Par contre, après la chute de la monarchie, le passage d'eau de FILLE sera attribué par adjudication en mairie sur ordre de l'administration des ponts et chaussées.
 
Lorsque Joseph PERRIERE devient passeur en 1732 : on dit couramment "pontonnier", René FAIFEU s'installe meunier au moulin du bourg.

Les passeurs étaient tenus de faire traverser un certain nombre de personnes nommément stipulées dans le bail de Maître BELLANGER sans pouvoir exiger d'elles une quelconque rémunération.

En premier lieu, le Seigneur et toutes autres personnes venant de la part du château, ensuite venaient les fonctionnaires de l'Etat. Ainsi le Maire de FILLE faisait-il parvenir au passeur la liste nominative des gardes forestiers qui étaient exonérés de droit de passage dans l'exercice de leur fonction, de même que le garde-champêtre et les gendarmes (il existait à GUECELARD sur la voie royale 23, un relais de poste de gendarmes à cheval). Plus tard, suite à la loi de 1881 rendant gratuite la fréquentation de l'école primaire publique, les enfants demeurant sur la rive gauche de la rivière (maintenant secteur GUECELARD) sont exonérés de ce droit de passage. Le passeur s'en remettait auprès du Maire de la liste nominative des enfants habitant secteur GUECELARD qui fréquentaient l'école et le catéchisme. On peut donc logiquement penser que cette  décision dépendait de la seule volonté du Maire de FILLE.









 
25 Mar 2008
Admin · 9 vues · 0 commentaires
Catégories: APRES LA CHUTE DE LA MONARCHIE

1, 2, 3, 4, 5, 6  Page suivante