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24 Mar 2008 
photo collection particulière

"QU'EST-CE QUE MILLE ANS
PUISQU'UN SEUL MOMENT LES EFFACE ?"

BOSSUET




Sur le parcours de PARIS-NANTES des grands chemins médiévaux et voies antiques, FILLE semble avoir été une étape importante.

En 1041, le seigneur Jean HUET aurait été propriétaire d'un domaine appelé Buffes, en bordure de la Sarthe, place forte pour le repos et la sécurité des voyageurs et des pélerins de l'époque.






L'abbaye de la Couture assurait le pouvoir tutélaire de FILLE qui se trouvait de facto dans les Quintes du Mans.

Jehan de BELLENGER, écuyer était seigneur du GROS CHESNAY avant 1484. De la terre du GROS CHESNAY dépendaient divers fiefs et seigneuries et les assises étaient tenues au château même du Gros Chesnay.
Jehan de BELLENGER l'échangea en 1484 avec Alexandre Mainard (alias MESNARD) époux de Jeanne LE GRAS, fille de Michel LE GRAS, Seigneur du LUART et de Marie CHAMBELLAN. Leur fils, Guillaume MAINARD, seigneur du GROS CHESNAY épousa Anne QUERLAVOINE dont ils eurent une fille Anne MAINARD, dame du GROS CHESNAY qui épousa vers 1550 François LE BOINDRE, deuxième du nom, Seigneur du PERRUCHET. Ils sont décédés avant 1585.


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Guillaume MESNARD possédait, outre la seigneurie du GROS CHESNAY, un moulin seigneurial banal certifié avoir été construit en 1566, situé dans le centre du bourg, avec les terres attenantes. Ce moulin qui apparaît à l'époque de façon certaine dans les actes se profile à l'écart du village le long de la Sarthe (le canal n'existait pas encore).

Sous l'ancien régime, le moulin appartient nécessairement à un seigneur car le droit de moudre le grain était une "banalité", un droit féodal.
La situation du meunier comme celle des paysans en découlent puisque ceux-ci sont contraints d'aller y faire moudre leur grain.

Après cette longue période de guerres féodales et de la guerre de cent ans qui dura de 1337 à 1453, une nouvelle société fondée sur le droit féodal est parvenue à se mettre en place : autour du château, les moulins, forge, four, lavoir, tout ce qui est nécessaire à la vie quotidienne des habitants est mis à leur disposition par le seigneur qui perçoit, en contre partie, cens, taxes et redevances variées.






Ces trois siècles sont aussi ceux d'un renouveau culturel sans égal qui prit naissance en Italie et se propagea dans toute l'Europe au XIV et XV° siècles. Les seigneurs s'installent dans de magnifiques et spacieuses demeures, les églises sont embellies.


La Seigneurie de la Paroisse était annexée à l'origine au Château de Buffes, situé de l'autre côté de la rivière Sarthe, un peu décalé par rapport au bourg de Fillé, sis sur le territoire de GUECELARD mais en prolongement du château du Gros Chesnay

FILLE SE TROUVANT A LA BASE D'UN TRIANGLE QUI RELIE TROIS DOMAINES IMPORTANTS :

* "BUFFES" GUECELARD
* "LA BEUNECHE" ROEZE
* "LE GROS CHESNAY" FILLE

CES TROIS SEIGNEURIES VONT PAR LEUR AUTORITE ET LEURS POUVOIRS GERER A LEUR GUISE CETTE ENCLAVE.



En face et au nord de Buffes, fut construit le château du Gros Chesnay près du fief des Richardières qui est devenu le chef-lieu de la Seigneurie lorsque les propriétaires de Buffes ont abandonné cette habitation.




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Précédemment, en 1398, Perrine de Buffes avait fait acte de "vendition" (acte de vente) de la métairie de Bourdigale au profit du procureur de la fabrique d'Arnage. Plus tard, en 1412, Jehan de Germaincourt et Perrine, sa femme, sont témoins d'une donation à Huet de Buffes du Domaine de Saint-Benoît dans la suzainerie de la Suze.


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Le manoir de la Beunêche
(situé commune de Roezé à la limite de Fillé)

fut construit par Claude Seigneur de Jalesnes et son épouse Renée de Vendomois de Champmarin. Leur fille, Charlotte de Jalesnes épousa le 10 Avril 1577, Charles de Broc, 1er du nom, Seigneur de la Ville-au-Fourrier, de Vernelles,  de la Bruère, de Vernoil-au-Fourrier, etc..., chevalier de l'ordre du Roi et qualifié de Gentilhomme du Roi.

La construction du manoir et du moulin de la Beunêche date de 1553 donc pour ce qui en est du moulin, quelques années avant celui de FILLE mais celui-ci est devenu une ruine de nos jours.




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Le moulin de la Beunêche datant de1553.




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Eglise SAINT MARTIN DE VERTOU


L'église de FILLE dont la paroisse a été fondée en 1135 abrite une statue en terre cuite de la VIERGE A L'ENFANT
, joli symbole de la Renaissance. Cette statue est l'oeuvre de Charles Hoyau qui est un des sculpteurs les plus doués du XVII ° siècle. Il a jouit dans le Maine, de son vivant d'une notoriété certaine. Il a réalisé plusieurs statues de la Vierge dont la très belle Sainte-Cécile de la Cathédrale du Mans ainsi que sa Vierge à l'enfant et celle de FILLE dont la pose élégante et le drapé animé avec grâce évoque le talent de Charles HOYAU
. Cette statue fortement endommagé par l'incendie de 1944 en garde des séquelles ce qui permet d'observer les différentes parties de l'oeuvre. En effet, celle-ci fut cuite par morceaux qui furent assemblés dans un second temps. L'enfant Jésus s'appuie sur le bras gauche de Marie et sa main repose sur la poitrine de la Vierge. Il semble que les doigts de Marie forment le monogramme du Christ.








La statue de la Vierge à l'Enfant seule statue sortie miraculeusement indemne de l'incendie lors de la Libération en Août 1944.

Le curé de FILLE paya 22 livres Mançoises*  valant 3 arcs et 8 deniers tournois pour ses vignes du "Groux Chesnayes"

* livre mansoise = denier du Mans : cenomanense ou
mansoise.

*
le double denier tournois est ancienne monnaie émise par les rois de France à partir de la fin du XIII° siècle :

- pendant la période médiévale et post-médiévale où le double deniers tournois est une monnaie de billon fabriquée à la main,

- pendant la période allant d'Henri III à Louis XIV où le double deniers tournois est une monnaie de cuivre pur.


La Fabrique est un conseil composé de paroissiens élus appartenant à la Communauté des habitants de la paroisse et chargé d'administrer et de gérer les biens religieux.

A l'origine, les fabriques étaient composées de membres du Clergé ou maraguilliers qui dressaient la liste des pauvres. Elles comprenaient un conseil de fabrique, assemblée délibérante et un bureau des marguilliers, organe d'exécution.

A l'exception du curé et du maire, membres de droit, les fabriciens étaient d'abord nommés par l'Evêque et le Préfet avec renouvellement tous les trois ans.

En examinant la gestion du procureur de fabrique de Fillé, nous pouvons nous renseigner sur les biens et revenus de l'église au XV° siècle, sans être surpris de la modicité des recettes examinées de 1461 à 1468. Ces recettes provenaient en grande partie d'une redevance des fidèles appelée "les droictures de Pâques" et dont le curé percevait la moitié. En revanche, venaient s'ajouter à cette redevance, les offrandes des fidèles, tantôt en nature, tantôt en argent.

Mais les ressources étaient bien restreintes à Fillé et de ce fait le procureur de fabrique n'arrivait pas à équilibrer son budget. En conséquence, le luminaire qui représentaire la plus large part des dépenses avait été considérablement économisé. Les cierges achetés pour Pâques 1462 avaient servi à toutes les solennités de l'année. De plus, on employait que peu d'encens.

D'autres dépenses telles que le versement d'une petite somme au doyen ou au représentant qui venait exercer dans l'église son droit de visite, une petite rétribution au procureur de fabrique qui, lui non plus n'exerçait pas gratuitement sa charge (ce qui est logique) l'entretien du mobilier de l'église ainsi qu'une somme versée aux Seigneurs des fiefs n'arrangeaient pas, bien entendu, les comptes de notre procureur de fabrique !

C'est ainsi que, pour faire face à ces diverses charges les revenus ordinaires ne suffisaient pas. Les habitants qui étaient en possession de quelque bien que ce soit devaient verser une somme proportionnelle à la valeur de l'acquisition.

Les déficits des comptes de fabrique de 1698 ont été ainsi comblés. Cela ressemble à ce que nous acquittons de nos jours et qui s'appelle l'impôt.   











Les Seigneurs Mesnard abandonnèrent donc par la suite le château fortifié de Buffes pour le château du Gros Chesnay en rive droite de la Sarthe et annexèrent à cette terre la Seigneurie de SPAY, paroisse voisine et celle de ROEZE, autre commune limitrophe partagée entre les Seigneurs de la Suze par la réunion au Gros Chesnay des fiefs de Vauguyon et de la Beunêche.

Le fief du comté de Belin s'étendait aussi sur FILLE.


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Le chateau du Gros Chesnay est d'époque Louis XIII. Au bout d'une longue allée que côtoie, à gauche, une douve tandis qu'à droite un terre-plein rectangulaire est entouré d'eau, le château du Gros Chesnay dresse sa façade orientale. L'allée anciennement toute droite aboutissait au château après être passée entre deux pavillons carrés dont l'un servait de chapelle.

Au devant de la façade nord, il existait un jardin planté à l'anglaise, des terrasses, des bosquets et un bois bien percé s'étendant au Nord-Est, partie en futaie, partie en taillis ; vis-à-vis de la façade sud, une première cour gazonnée, close de murs et de grilles à hauteur d'appui.

Une belle avenue qui s'étend jusqu'à la rivière et au-delà jusqu'à la grande route sur une longueur de 3 kilomètres 172 à partir du châteai. A côté gauche de cette avenue, de nombreux canaux remplis d'eau limpide se croisent et divisent une jolie prairie en plusieurs carrés entourés de plantations d'arbres ce qui forme autant d'îles de verdure du plus agréable aspect.








sources et références manuscrites : archives
départementales de la Sarthe
recherches ponctuelles dans les séries E, F, O, M, N.
archives de la Mairie de FILLE.
sources et références manuscrites : CHARLES HOYAU sculpteur, le grand maître de l'école Mancelle, article "Patrimoine" de la revue MAINE DECOUVERTES n° 23 de décembre 1999, janvier et février 2000.
Lecture de la totalité de l'ouvrage LA SARTHE ET SES RICHESSES de André LIGNE et Gilles KERVELLA des Editions de la Reinette.
revue historique et archéologique du Maine - 1956/77.
récit sur la fabrique de FILLE source bibliographique de l'HISTORIQUE DU MAINE
chronologie d'évènements relatives à l'histoire de GUE-SEELARD remis au Maire de FILLE



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24 Mar 2008 

MILLE ANS D'HISTOIRE COMMUNE






QU'EST CE QUE MILLE ANS QU'UN RIEN NE LES EFFACE ? BOSSUET


Ci-dessous :


passage du bac entre le domaine de la BEUNECHE et l'autre rive de la SARTHE






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plan d'époque concernant les Pays de Bourray (Petite-Gastine du Mayne plus connue sous le nom de Landes de Bourray) et de Longaulnay. En haut, à droite, on entrevoit Buffes et le Gros Chesnay ainsi que l'emplacement du bac qui reliait Mondan à la Beunêche. (photo-ci-dessus).

La seigneurie du GROS CHESNAY a appartenu pendant plusieurs générations à la famille LEBOINDRE qui résidait ordinairement à PARIS, en leur hôtel, rue et CUL DE SACQ Saint-Dominique. Cette famille qui faisait partie de la noblesse de robe et siégeait au parlement de Paris, revenait sur ses terres de FILLE pour en assurer la gestion et l'administration. Ainsi le Seigneur LEBOINDRE s'engageait à entretenir le passage avec bateaux et filin du port de FILLE. La pleine propriété du passage d'eau dépendait de la seigneurie. Le seigneur de FILLE consentit un bail à Joseph PERRIERE, passeur, en 1732 (renouvelé en 1739 et 1744) pour la traversée entre FILLE et GUECELARD.

extrait "ARMORIAL de la Sarthe" - Tome II

" Famille d'ancienne bourgeoisie du Maine, originaire de LA FERTE-BERNARD depuis le XV° siècle et elle a occupé dans la magistrature des charges importantes.

La branche aînée a été dite "de Paris" parce qu'elle y a demeuré longtemps siègeant dans diverses chambres du Parlement.

Cette branche a possédé du XVI° au XVIII° siècle, la terre du Gros Chesnay à FILLE à laquelle plusieurs seigneuries sont attachées.

La branche cadette, dite "du Mans" et aussi des Binières s'y est perpétué jusqu'en 1866 a fourni des membres à la magistrature locale et a donné deux échevins à la ville du Mans. Elle s'est éteinte la dernière".

Donc, celle qui nous intéresse, c'est la branche aînée dite "de Paris.

extrait  d'Armorial de la Sarthe - Tome II :


De cette branche aînée, la filiation commence ainsi :


"Colin ou Nicolas  LE BOINDRE, fils aîné de Michel LE BOINDRE et de SAINTE, décédé en 1466, épousa en premières noces Guillemine FOUSSARD et, en deuxièmes noces, Jeanne LA MOYNETTE, dame du Perruchay, à Saint-Ulphace.

Colin LE BOINDRE eut de son second mariage :

- François LE BOINDRE, premier du nom, Seigneur du Perruchay et de la Paigerie à Bouloire, procureur et receveur des deniers communs des habitants de LA FERTE-BERNARD. En 1483, il s'est marié avec Ysabeau QUELAIN - Dont :

- ils eurent un fils François LE BOINDRE, second du nom, Seigneur du Perruchay et du Gros Chesnay, procureur en l'Election du Mans, marié à Anne MESNARD, fille de Guillaume MESNARD, Seigneur du Gros Chesnay à FILLE. Ils sont décédés vers 1585. Ces LE BOINDRE se signalèrent par leur générosité envers l'église de LA FERTE-BERNARD et leurs armoiries se trouvent reproduites sur les verrières anciennes de l'église. Leur descendance se fixa au Mans où ils donnèrent un membre de l'échevinage puis à Paris où ils comptèrent des Conseillers au Parlement.

- Jean I LE BOINDRE, fils des précédents, Seigneur du Perruchay et du Gros Chesnay, doyen des Conseillers au Présidial du Mans, fut échevin de la ville en 1595. Il épousa en premières noces, Anne du Breil qui continua la postérité et, en secondes noces, Françoise Amy, sans hoirs.

- Leur fils Paul LE BOINDRE, Seigneur de la Fuye et du Gros Chesnay, né vers 1590, fut Conseiller du Roi, Commissaire des montres et de la Maréchaussée du Mans, décédé en 1627. Il a épousé au Mans en 1619, Rénée Joubert, fille de François Joubert, Seigneur de la Championnière, conseiller du Roi à l'élection du Mans, échevin.

- Leur fils Jean II LE BOINDRE, né en 1620, fut Seigneur du Gros Chesnay, FILLE, SPAY, BUFFES et LA BEUNECHE à ROEZE".     


La famille LE BOINDRE profitait de sa venue en province pour regrouper le même jour la signature des baux à ferme à renouveler. Pour ce faire, Maître René Bellanger notaire de Roezé se déplaçait au château accompagné de quelques clercs rédacteurs et les fermiers y venaient également pour obtenir le renouvellement de leur bail. Le château était donc le lieu commun et accessible à tous.

Il y avait aussi un passage à gué situé entre le moulin et le Château de BUFFE (situé sur le territoire actuel de la commune de GUECELARD).

Il faut bien comprendre qu'à cette époque la route (l'actuelle rue du passeur) qui passe devant la Mairie venait tout droit pour passer derrière le moulin avant la percée du canal de FILLE à ROEZE. Cette route - dont on a retrouvé les vestiges le long de la SARTHE lors de la réfection du site du Moulin en 2007 et qu'à la demande du Maire, les architectes de la rénovation du site ont laissé les pavés bien apparents - arrivait donc en face de l'ancienne
grange et repartait à angle droit juste après le moulin en direction du château du Gros Chesnay. Le Chateau de Buffe se trouvait ainsi donc dans la perspective du château du Gros Chesnay.


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Peinture du château du GROS CHESNAY pour laquelle j'ai obtenu le 1er prix féminin lors du concours des Peintres en Liberté (Christiane Choisnet).


En ce qui concerne le château du Gros Chesnay, depuis le 2 Juin 2003, tous les bâtiments ou vestiges de bâtiments enfouis (logis, pavillons, écurie, pigeonnier, restes de l'ancienne galerie, murs séparant les cours avec leurs portails, murs de clôture du potager ainsi que la totalité des jardins avec les murs de soutènement des allées en terrasse et des berges des canaux) sont protégés par les Monuments Historiques. L'ensemble du potager est exploité depuis cette date pour Monsieur PASSARD, grand restaurateur à PARIS.

Jean II LE BOINDRE qui avait épousé Françoise de Beschefer en 1647 fut conseiller du roi en sa cour du Parlement de Paris. Un an plus tard, débutait la période de troubles graves de LA FRONDE sous la minorité de Louis XIV. Notre Seigneur Jean II LE BOINDRE est chassé de Paris par Mazarin en 1653.

Il s'était rendu au château de BUFFE en 1654 et devant la porte d'entrée, le marquis de la Paluelle avait reçu foi, hommage et aveu de son vassal pour ses terres, fiefs et seigneurie du Gros chesnay. En 1655, tout de même, il acquiert à FILLE une propriété du Roi sise à "Pierre Aube".

Un meunier est nommé le 16 Mars 1662 aux Moulins de FILLE qui dépendent alors du château de Buffe
et en 1665, Isaac de la Päluelle fait procéder à l'estimation des meubles et bestiaux qui se trouvent sur les moulins de FILLE.

"En 1711, des témoignages rapportent qu'il y eut de graves inondations qui firent des victimes". EXTRAIT du livre écrit par Monsieur André GOBENCEAUX L'HUISSIER de GUECELARD.

Seigneur Jean II Le Boindre décède le 7 Novembre 1693, une pierre tumulaire avait été placée dans l'ancienne église de FILLE avec le témoignage du don à l'église.Il avait légué à la fabrique de FILLE la somme de 10 000 livres pour être employer à la décoration, à la réparation et à l'entretien de l'église.

En l'an 1704, la nef de l'église de FILLE a été lambrissée aux dépens de la fabrique, en partie, et de quelques propriétaires dont Madame LEBOINDRE qui a donné, pour cet ouvrage, quelques sapins que la fabrique a débités et fait mettre en carreaux. Monsieur SELLIER, son gendre, conseiller au Grand Conseil et Seigneur de Buffes, a donné 50 francs en argent et le prêtre de la paroisse a donné le carreau dont est lambrissé le dessous du clocher.

En Novembre 1739, Jean Joseph Le Boindre passe le bail du petit domaine de Buffes à Jacques Tanchot lequel devra évidemment prendre soin du grand jardin.

Extrait d'ARMORIAL de la Sarthe Tome II :

"Jean II LE BOINDRE et Françoise de Beschefer eurent donc trois enfants :

- Jean-Baptiste-François Le BOINDRE qui suit (*) ;

- René LE BOINDRE, curé de FILLE puis, chanoine de Saint-Pierre du Mans, décédé au Gros Chesnay en 1722 ;

- Françoise LE BOINDRE, épouse de Guy SALLIER, Conseiller au Grand Conseil, Seigneur de Buffes.

(*) Jean-Baptiste-François LE BOINDRE, Chevalier, Seigneur du Gros Chesnay, FILLE, SPAY, BUFFES, LA BEUNECHE, Conseiller au Parlement de Paris, puis Doyen, est né vers 1661 et s'est marié avec Marie-Catherine Doujat. Il décède en 1742. Il fut inhumé dans l'église de FILLE. Ils eurent également trois enfants. Dont :

- Jean-Baptiste-François LE BOINDRE, Seigneur de la Beunêche, qui décède en 1712, sans alliance ;

- Jean-Joseph LE BOINDRE, Seigneur de Vauguyon, ROEZE, BUFFES, GROS CHESNAY, qualifié baron de la Beunêche, Conseiller à la Grande Chambre de Paris de 1742 à 1752.
Marié en 1731 à Suzanne Tiraqueau, sa cousine, sans hoirs."

Voir ce qui suit (*)


En 1750 débute la construction du château du Gros Chesnay qui se compose d'un bâtiment régulier flanqué de quatre tours rondes à chaque angle et d'une grande galerie en retour. Les travaux s'achèvent en Novembre 1751, en même temps que prennent fin les 36 années de bail des métayers qui ont dû trimer dur dans les derniers temps en raison de la dureté des hivers 1750 et 1751.

Entre les fenêtres de l'est, un trumeau présente le vieux manoir de Buffes situé en face du bourg de Fillé, entre celles de l'ouest : l'ancien manoir de la Beunêche et entre celles qui sont dans le mur sud, au dessus de la cheminée : le Gros Chesnay ancien.

(*) Jean-Joseph LE BOINDRE passe à nouveau le bail du domaine de Buffes à un nouveau bordager, Monsieur TUFFIERE.

Le 4 Décembre 1757, Jean Joseph Le Boindre décède, le corps a été inhumé le 6 du même mois , dans l'église (voir pierre tumulaire ci-dessous).





Le corps de Messire Jean Joseph Le Boindre, baron de la Beunêche a été inhumé dans l'église de Fillé en présence de Messire Alexandre Paul Louis François de Sanson, Chevalier, seigneur de Lorchère, Conseiller du Roi, Lieutenant général de la Sénéchaussée du Maine, cousin au 4° degré du défunt du côté paternel, et de Messire Guillaume du Bouchet, Chevalier, Seigneur de la Forterie ainsi que de M. Joseph Thébaudin de la Rezelle, conseiller du Roi, Lieutenant particulier.
La pierre tombale située dans l'ancienne église de Fillé signalait une importante donation de la famille LE BOINDRE.

A la requête des héritiers de Messire Jean Joseph Le Boindre, seigneur de Vauguyon, baron de la Beunêche, conseiller du Roi en sa cour et parlement, il est fait estimation des bâtiments et dépendances de la terre du Gros Chesnay, des Châteaux de Buffe et de la Beunêche.




Le blason des Le Boindre est "De pourpre au chevron d'or accompagné en chef de deux roses et en pointe d'une pomme de pin, le tout de même".




 




Sources manuscrites et bibliographiques :
Armorial Tome II sur la famille LE BOINDRE à la Médiathèque du Mans
Dictionnaire topograhique, historique de la Province du Maine de RJ.Pesche.
Archives de la Mairie de Fillé.
Archives Départementales de la Sarthe.
Archives paroissiales.
extraits du livre sur GUE SEELARD remis en son temps par Monsieur André GOBENCEAUX L'HUIISSIER au Maire de FILLE et du livre qu'il m'a remis en Septembre 2009 sur l'histoire de GUECELARD.



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Catégories: LA SEIGNEURIE DU GROS CHESNAY
25 Mar 2008 





almanach ancien



  • Le 10 Mai 1774, à la mort de Louis XV, son petit-fils devient roi sous le nom de Louis XVI. La France jouit alors d'une grande prospérité. Mais les nobles qui s'endettent en menant grand train à Versailles font leur possible pour accroître les revenus qu'ils tirent de leurs terres. Ils raniment de vieux droits féodaux tombés en désuétude et soulèvent contre-eux la colère des paysans de nos campagnes.
  • Un repas de paysans en plein air - TABLEAU de NARCISSE DIAZ DE LA PENA

  • La cause principale de cette révolte est l'inadéquation du pouvoir politique à la réalité économique alors que la bourgeoisie détient une part de la richesse.
    Le pouvoir est exercé par une minorité d'aristocrates. Aux inégalités s'ajoute cette exaspération aggravée par une profonde crise financière.
    Le 22 Février 1787, de Calonne, contrôleur général des finances, réunit à Versailles une assemblée de notables pour faire approuver un programme de réformes mais ces derniers, attachés à leurs privilèges fiscaux acceptent tout sauf le plus important :
    la subvention territoriale, un impôt foncier qui s'appliquerait à tous les propriétaires et c'est l'échec.
    En désespoir de cause, le roi remplace de Calonne par l'archevêque de Toulouse qui reprend les projets de Calonne après les avoir combattus
    Mais le roi n'aspire qu'à rappeler les parlementaires et les rétablir dans leurs privilèges. C'est le début d'une longue succession d'erreurs qui conduiront Louis XVI à la guillotine.
  • Louis XVI fit convoquer le parlement pour l'enregistrement d'un emprunt mais les parlementaires refusent. Joignant leurs voix à celles des aristocrates, ils veulent profiter de la situation pour abaisser le pouvoir royal. A leur profit, ils réclament la convocation des états généraux qui se constituent en une assemblée de trois ordres car la société française reste figée en trois ordres :
  • la noblesse           
  • le clergé                            
  • le tiers-état    
  •          
  • c'est-à-dire :

    * le seigneur
    * le curé
    * et le paysan.





    On vivait à FILLE comme au hameau de Gueceslard au rythme du soleil.
    Les femmes ravaudaient sans fin les vêtements, le soir, à la lueur des flammes du foyer.

    Les allumettes chimiques n'avaient pas encore été inventées, on se servait des braises de la veille pour rallumer les feux du lendemain. Le soir, on recouvrait de cendres les derniers tisons du foyer pour pouvoir, au réveil, ranimer le feu avec une poignée de paille et de brindilles.

    On essayait de produire soi-même le lait (une vache par famille, quelquefois deux au XVII° siècle), le sucre (trois ou quatre ruches : le sucre étant très cher et rare), oeufs, volailles. On mangeait rarement de la viande, peu de familles avaient du lard dans leur saloir.

    Le jardin produisait l'alimentation indispensable : choux, raves, carottes, poireaux, céleri, laitues, panais, bettes, oignons, lentilles, pois, fèves, plantes aromatiques (sarriette, ail, cerfeuil, aneth).

    L'huile était extraite de la faîne, du chènevis et de la noix. Les noix sont comme les céréales et les légumeuses soumises à la dîme.

    L'eau était trop abondante l'hiver, trop rare l'été servait davantage à cuire les aliments qu'à la toilette.

    On utilise le moins de sel possible, son prix est exorbitant à cause de la gabelle (une pinte de sel valait 20 sols soit l'équivalent d'une journée de travail.

    Ainsi nos ancêtres ont vu bien souvent dans leurs souffrances anéantir leur travail par des inondations, des invasions, des guerres civiles ou étrangères mais ils n'ont jamais désespéré.





    extrait d'un livre de Monsieur André GOBENCEAUX-L'HUISSIER de GUECELARD.  (LE GUE-SEELARD)


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Catégories: 1789 LA REVOLUTION FRANCAISE
26 Mar 2008 

"QU'EST-CE QUE MILLE ANS PUISQU'UN RIEN NE LES EFFACE ?" BOSSUET



illustration source fichier peintres de la Renaissance LM
peinture Lieveusz Van du Poel (1621-1644)


Le Pays ou Baronnie de Longaulnay, ancienne contrée, contenait la Forêt de Longaulnay ou forêt du Mans d'environ 17 000 hectares, dont il est fait mention dans le roman de "Berthe aux grands pieds", qui s'étendait sur les paroisses de Roêzé, la Suze, Saint-Jean-du-Bois, Fercé, Mézeray, Courcelles, Ligron, La Fontaine-St-Martin, Saint-Jean-de-la-Motte, Oizé et Cérans Foulletourte, Parigné le Polin et à la limite nord de FILLE  et Guécélard. (Il existe un autre Longaulnay mais sis en Bretagne Ile et Vilaine).

Ce sont en majeure partie des terres de landes, de marécages, parfois de terrains pauvres, de sables et de sables délavés le plus souvent que nos paysans pleins de bon sens, appelaient encore il y a quelques années "de la terre volée", jouant sans doute sur les mots car la terre le porte, ce sable, d'un voisin à l'autre et il vole...


Terre de pins, de pins maritimes et de pins sylvestres, de pauvres chênes noueux, de quelques châtaigniers. Terre cendrée, grise ou violacée, tout juste bonne aux topinambours, aux pommes de terre, et aujourd'hui à quelques asperges. C'est dire les modestes bordages, les masures et la misère qui trop souvent y règnait
.

La forêt du Mans devenue si célèbre par l'aventure qui coûta la raison à l'infortuné CHARLES VI (voir chapitre suivant) est aujourd'hui entièrement détruite à l'exception de quelques bosquets.





LES CROISADES



Le pape Urbain II pour appuyer la mobilisation et assister au départ de la première croisade aurait séjourné au Mans du 16 au 19 Février 1096. Par les chemins boueux et dangereux du royaume de France, le souverain pontife ne se déplaçait jamais seul ; il avait une bonne avant-garde de soldatesque armée jusqu'aux dents, bardée d'armures imposantes et flanquée de lourdes épées et lances, chargée d'ouvrir le chemin et de chasser les importuns. Une forte escouade de nobles avec leurs gents d'armes, leurs écuyers suivaient tandis que les cardinaux, les nonces apostoliques, les évêques et les moines encadraient le chef de la chrétienté.






Ainsi, un long cortège bruyant de chars à boeufs, de bourricots lourdement chargés transportait toute l'intendance, de gros coffres bourrés d'ornements du culte, d'ustensiles de cuisine et de nourriture.

Des hommes d'armes, des lanciers, des cerfs enrôlés de force par leurs seigneurs fermaient le banc pour éviter au riche convoi de se faire attaquer par l'arrière par des bandits de grands chemins.













Le pape Urbain II


C'est dans ce contexte que Jacquelin de Jalesne, de Maillé, premier noble cité comme possesseur du fief de la Beunêche rendit humble hommage au saint homme mais, trop jeune pour participer à la première croisade, il aurait proposé quelques hommes forts de FILLE, de solides gaillards soustraits à leur famille, pour former la petite troupe de guerriers qui accompagnait le convoi durant ce long voyage vers la terre sainte.







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Vieux château de la Beunèche sur la commune de ROEZE à la limite de FILLE



En 1167, première trace de l'existence du domaine de la Beunêche alors que le seigneur Jacquelin de Jalesne, de Maillé, de la Beunêche et de Gilbourg répondit aux appels vibrants de Saint Bernard de Vézelay. Devenu Chevalier du Temple, Jacquelin participe donc à la troisième croisade. Le 3 Juillet 1187 au pied des collines de Hattin, près du Lac de Tibériade, Saladin le Grand remporte une victoire sur les armées franques desservies par l'incompétence du roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, la trahison du grand-maître des Templiers, Gérard de Ridefort et la brutalité de Renaud de Chatillon. Cernés, les chrétiens se battent avec héroisme. Jacquelin de Jalesne, Chevalier du Temple, reste seul debout sur le champ de bataille mais son cheval abattu sous lui l'entraîne dans sa chute. Il se relève et la lance à la main, continue à repousser l'ennemi qui, devant sa bravoure, lui propose de partir à sa guise, libre.

Jacquelin refuse et continue de se battre mais ayant perdu trop de sang, il meurt.

Les Turcs, subjugués par son courage, se partagent les lambeaux de ses vêtements pour en faire des reliques.

Saladin 1er s'empara de Jérusalem ce qui provoqua la troisième croisade (1189/1192).




la bataille de Hattin











Le Bourg et l'Eglise côté Buffe (peinture C.CHOISNET)


En 1135 : fondation de la paroisse de Fillé.



Le 7 Septembre 1202, Jean sans Terre qui remonta par Malicorne, La Suze, Roezé puis Fillé vint piller la bonne ville du Mans.









Jean sans Terre


illustration empruntée à
www.memo.fr




Après
la bataille de Crécy en 1346, Jacques de Maridort, cadet de la célèbre famille Warwick alliée à Thomas Becket (archevêque de Cantorbéry), s'installa dans la région de La Flèche. Un des seigneurs de sa suite trouvant les rives de la Sarthe accueillantes et appréciant les lieux pour le passage incessant des marchands au gué de FILLE entreprit de construire ce qui fut le premier château de Buffes. On y était à vrai dire plus en sureté derrière les épaisses murailles que pour le gîte et le couvert car le château était peu meublé et chaque hôte de passage devait amener table, banc et couchage...


A partir de 1347 jusqu'en 1350, la peste noire, un terrible fléau, arrivée par les navires marchands venus d'Orient s'étendit à toute la France suite aux fortes chaleurs d'été et cette extension s'accompagna à FILLE de l'ergot de seigle dû à la souillure des récoltes par les rongeurs ainsi qu'au manque d'hygiène. Dans l'Europe médievale, le pain se faisait à base de seigle et l'ergot de seigle est un champignon de couleur vineuse ou noirâtre de un à six centiments qui s'accroche aux épis lequel entraîne des convulsions épileptoides et une gangrène des extrèmités ; il provoque également des hallucinations, des troubles étranges et des délires. L'hospice des Ardents fondé au X° siècle près de la cathédrale du Mans était destiné à recevoir ces malheureux atteints de maladies provoquées par l'ingestion de céréales (surtout l'ergot de seigle).







épis de seigle infestés par l'ergot


Du X au XIVème : cinq siècles s'ouvrent marqués par les pillages, la misère, la famine : les gens vivaient avec l'appréhension de la famine. La notion de "qualité" n'était pas prépondérante mais il importait chez les gens de cette société de pauvreté de ne pas "manquer". Les notions de récolte, d'entreposage, les saletés et excréments des rongeurs manquaient atrocement au point qu'il y avait des maux, des maladies qui en découlait à l'exemple du "mal des ardents" provoqué par l'ergot de seigle.


Durant la Renaissance : voilà une drôle d'histoire ! sacré roi à l'âge de 11 ans à la mort de son père Charles V, Charles VI prend réellement le pouvoir à l'âge de 20 ans en congédiant ses oncles qui avaient assuré la régence mais qui avaient pillé le trésor royal et assommé d'impôt le bon peuple. Autant dire que pour les ducs de Bourgogne, Berry, d'Anjou, de Bourbon... la pilule est amère mais depuis il est surnommé Charles "Le Bien Aimé" par ses sujets. Son grand-père Jean II le Bon (le père de Charles V) qui est d'ailleurs né comte du Maine au château du Gué de Maulny près du Mans avait créé une ordonnance établissant le franc en 1360.


Or, en 1392, ce petit-fils, Charles VI a 24 ans et il est donc roi de France de la dynastie des Valois et, à la tête de l'armée royale, le 5 août, il quitte LE MANS pour la Bretagne. Le roi et son escorte quittent la ville après la messe du matin. Or, ce matin du 5 Août 1392, une chaleur caniculaire écrase notre bonne ville du Mans et la campagne environnante.








La troupe se met en branle vers 9 ou 10 heures du matin, prend la direction de Malicorne et entre dans les bois de Buffes avant d'atteindre la forêt de Longaulnay. Son armée est impressionnante, on y compte pas moins de 265 chevaliers, 2267 écuyers, 146 archers, 48 compagnies d'arbalétriers et la sphère privée du Roi. Cette armée traverse la forêt du Mans en sortant par le gué de Maulny pour rejoindre Arnage et le chemin aux boeufs. On passe non loin de la "maladrerie" de saint-gilles. A l'ouest de Guécélard, la troupe s'engage dans les bois que Huet de Buffe connaît comme sa poche. Pour lui c'est un honneur de montrer aux notables, seigneurs et chevaliers accompagnant l'armée de leur faire faire un court détour vers son château-refuge de Buffes d'où chacun peut admirer le beau petit village de FILLE. Puis après ce coup d'oeil sur le site ils partirent dans la forêt de Longaulnay. Les chevaux marchent mal dans le sable et soulèvent la poussière. Derrière lui, marchent ses oncles, les ducs de Berry, de Bourgogne, Philippe d'Artois et de Navarre. et c'est à cet endroit que survient un incident en plein midi alors que le soleil est à son zénith. La grande frayeur que lui causa un excité à la figure hideuse qui sortit d'un buisson lui criant, en empoignant la bride de son cheval, "Arrêtes, Noble Roi, tu es trahi ! " déclenche sa première crise de démence. Le page qui porte la lance, assoupi sous l'effet de la chaleur, lâche celle-ci qui, en tombant heurte le sol avec un grand bruit. Alors là, le roi sort de sa torpeur, il est réveillé en sursaut : il croit tomber sur une embuscade et là, il se saisit de son épée et tua tous ceux qui se trouvaient autour de lui. Les grandes chaleurs du mois d'août ajoutées à la fatigue du voyage dérangèrent entièrement son cerveau : il fut maîtrisé, on le ramena au Mans ligoté sur un chariot gentiment prêté par le seigneur du château des Perrais et il restera dans la capitale de la province du Maine jusqu'au 18 août.


A la suite de cette folie, Charles "Le Bien Aimé" devient Charles VI "Le Fol" et une terrible guerre civile éclata entre deux partis ennemis celui des Armagnacs et celui des Bourguignons. Charles VI mourut en 1422.






Entre le soleil qui flamboie et la route qui poudroie, Charles VI dit "Le Bien Aimé" chevauchât... en direction de Malicorne, alors, bien sûr, comme il faisait chaud, la tête lui tournât mais il avait revêtu une tunique de velours et un chaperon de vermeil écarlate qui lui couvrait bien la tête : une "tenue très estivale" que l'on appelait une "jacque" ; enfin, non, ce n'est pas la tenue idéale quand on crève de chaleur.


Avant d'atteindre la forêt de Longaulnay, surpris, effrayé par un drôle d'individu en haillons, il fit une démonstration de ses talents de guerrier et en deux coups de cuiller à pot, deux de ses valets passèrent de vie à trépas et il en blessa deux autres qui trépasseront plus tard ; alors là, l'expédition est terminée : et le roi devient fou !

Une statue équestre en plâtre retouché à la cire le représente au musée du Louvre, département des Sculpture, oeuvre d'Antoine-Louis Barye, dans cette traversée de la forêt du Mans, effrayé (en réalité cette scène eut lieue dans la forêt de Longaulnay aux environs de Fillé et de Guécélard).





la statue équestre représentant Charles VI effrayé(Antoine-Louis BARYE)




Charles VI





Honorat du Bueil de Racan, poète et écrivain français, né en 1589 fut baron de Longaulnay (province du Maine et commune de MEZERAY).








LA GUERRE DE CENT ANS

Edouard III, roi d'Angleterre, possède en France la Province de Guyenne. En 1337, il essaie de répéter, mais à l'inverse, l'opération de Guillaume-le-Conquérant trois siècles plus tôt, en se proclamant roi de France. Il commence aussitôt la conquête de "son" royaume...
Ainsi débute la période connue sous le nom de
GUERRE DE CENT ANS qui durera avec les trèves jusqu'en 1453.

Il y a déjà des vignes à FILLE et pendant  la guerre de 100 ans,  la rapacité des occupants anglais n'avait d'égal que la goinfrerie du dénommé Jean Falstolf (nommé plus tard Falstaff), maître du régent le Duc de Bedford, qui venait se goinfrer de charcutailles dans les métairies aux alentours du Mans et de fruits et de raisin dans le grand jardin du "Gros Chesnay". N'est ce-pas le duc de Bedford qui faisait envoyer en Angleterre de nombreuses barriques de vins du cru en écumant les vignerons de FILLE qui cachaient leurs barriques de vins et leurs réserves alimentaires dans le souterrain de FILLE ?

Deux importantes périodes de famine avaient précédé cette époque : 1339 à 1341 et 1343 à 1346. Le printemps 1374 est si pluvieux que "les bleds sont gastés en terre..."
S'y ajouta, les passages répétés des gens d'armes.

Une fois de plus, ce fut la misère et le dépeuplement de notre territoire, livré aux déprédations de la soldatesque anglaise. De nombreuses maisons construites en bois sont incendiées, Buffes est gravement endommagé, Mondan est ravagé le 16 Septembre 1380.

Une chronique guécélardaise rapporte qu'en 1389, au beau milieu d'un office religieux regroupant quelques "manants des alantours" le cri de "veyssi les engleys" retentit.

Aussitôt ce fut l'effroi puis la panique, on se bouscule à l'étroite porte de la petite église pour sortir, on se précipite chacun chez soi pour mettre à l'abri les biens les plus précieux et c'est la fuite dans les bois avoisinants. Vers 1410, incapables de se défendre, les paysans Guécélardais ont pris l'habitude de vivre au plus profond des "breuils"

Dans l'année 1412, une imposante chevauchée de plusieurs milliers de cavaliers anglais conduite par le second fils du roi d'Angleterre, Thomas de Lancastre, duc de Clarence, ayant débarqué à Cherbourg et se dirigeant vers l'Aquitaine, via l'Anjou, déferla en semant sur son passage la désolation.

A l'avènement de Louis III d'Anjou, comte du Maine, vers 1417, nouveau retour dévastateur des soudards d'Outre-Manche. Entre 1420 et 1428, les évènements militaires sont confus et l'anarchie de cette situation favorisa la violence des coups de mains et des pillages par des éléments incontrôlés. On suppose que c'est vers cette période que fut incendiée l'église du GUE-SEELARD.  

En effet, vers la même époque, on dit qu'une galerie est creusée entre Buffe et le Gros Chesnay et l'on dit encore aujourd'hui qu'un trésor se cacherait dans ce souterrain mais au troisième millénaire - donc à partir de 2007 - les travaux effectués sur la plaine dite de "loisirs" et donc sur ce fameux souterrain n'ont révélé aucun trésor. Toutefois, en 1448, les Anglais abandonnent le Maine en incendiant le domaine de Buffe. C'est aussi à cette époque que prirent forme les jardins du Gros Chesnay arrachés aux eaux stagnantes du marais.


Le seigneur de Mondan Jacques de Buffe devient l'héritier du domaine de Buffe,
incendié au départ des Anglais.


BUFFE SERA RECONSTRUIT - LA BEUNECHE TRANSFORME A LA RENAISSANCE - "LE CHATEAU DU GROS CHESNAY" SE CONSTRUIT PLUS TARD PRES DU FIEF DES RICHARDIERES.


En effet, Charles VII mettra fin en 1453 à la guerre de cent ans sur une victoire française. Son nom reste principalement attaché à l'épopée de Jeanne d'Arc qui lui permit de renverser une situation compromise et d'être sacré roi à Reims le 17 Juillet 1429. Très contesté dans sa légitimité même, Charles VII était devenu roi en 1422 en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bouguignons. Chef de fait du parti des Armagnacs, il avait été deshérité par son père, Charles VI, au traité de Troyes en 1420 au profit d'Henri V d'Angleterre.







En 1459, quand les chevaliers revinrent de cette guerre qui dura cent ans, grande est la malédiction qui règne sur cette province du Maine, La famine et la maladie sévit sur leurs domaines dont les pauvres gens en font les frais. Les Moines de la Couture qui aliénèrent le fief de la Beunêche conclurent un pacte avec leurs frères d'Anjou.

En 1468, la paroisse de Fillé-Guécélard comptait 520 habitants ce qui donnait approximativement pour le secteur de Fillé, 64 adultes et 259 enfants et pour le secteur de Guécélard, 39 adultes et 158 enfants.

En 1467, Louis XI vient au Mans et chasse souvent dans la forêt aux alentours près de la Suze. Louis XI était un homme à l'esprit ouvert, doué d'une grande énergie et d'un inaltérable optimiste ; il mit au service de l'autorité royale les ressources d'une diplomatie subtile, l'art des intrigues compliquées (qui lui valut une très mauvaise réputation) et une puissance extraordinaire de corruption car il professait qu'avec de l'argent tout le monde est à vendre... D'après Philippe de Commines qui écrit dans ses mémoires : "... Entre tous ceux que j'ai jamais connus, le plus sage pour se tirer d'un mauvais pas en temps d'aversité, c'est le roi Louis le onzième, notre maître, le plus humble en paroles et en habits, qui travaillait le plus à gagner un homme qui pouvait le servir ou lui nuire.

Il ne s'irritait pas du refus d'un homme qu'il cherchait à gagner, mais il continuait en lui promettant largement et en lui donnant réellement argent et dignités qu'il savait lui plaire, et ceux qu'il avait chassés et déboutés en temps de paix et de prospérité, il les rachetait bien cher quand il en avait besoin ; il s'en servait et ne les avait nullement en nulle haine pour les choses passées.


Il était naturellement ami des gens de condition moyenne et ennemi de tous les grands qui pouvaient se passer de lui. Nul homme ne prêta jamais tant l'oreille aux gens, ni ne voulut connaître tant de gens... Et ces façons ont sauvé sa couronne, vu les ennemis qu'il s'était lui-même acquis à son avènement au royaume...."













Bref, pour en finir avec lui, le petit peuple (aujourd'hui on emploierait le terme de "la France d'en bas") dut accepter une augmentation de la taille quadruplée par le bon plaisir de son Roi et la noblesse avait tout à redouter de celui qui n'hésitait pas à faire exécuter les grands seigneurs.

Enfin après toutes ces années, le retour à l'expansion se manifeste puis s'affirme vers 1500-1520, par la reconquête des terres marginales.

Le 6 Mars 1507, Jacques de Buffes rend aveu à son suzerain de Château-du-Loir, pour son four à Ban au Petit-Guesselard.








Louis XI





En Mai 1571, un beau matin, les paysans de FILLE sont groupés sur le bord de la route qui mène à Roezé près de la Richardière pour voir passer les troupes qui escortent les carrosses du Roi Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis. Le convoi s'étale sur plus d'un kilomètre et chacun se bouscule afin d'obtenir quelques aumônes ou quelques pièces.


A la Richardière, une croix se situe à la limite de la commune et de celle de ROEZE SUR SARTHE exactement au croisement des quatre routes du côté de la ferme. En fait, il s'agit d'un axe ancien et cette croix a été apposée pour marquer la frontière entre deux fiefs signalés au Moyen Age. Cette particularité est confortée par la présence d'une autre croix sur la commune voisine de ROEZE ayant peut-être la même fonction.













Et c'est toujours la guerre... tueries, exactions, pillages sont les conséquences dans notre province du Maine du développement en France de la religion calviniste.


Le règne de Charles IX fut marqué par les guerres de religions avec d'abominables atrocités des deux côtés. Les premières années de ces guerres furent favorables aux protestants (les huguenots) très puissants dans le sud de la France, l'édit de Saint Germain leur accorda la liberté de conscience et quatre places de sûreté dont La Rochelle. Mécontents, les catholiques formèrent un complot contre Charles IX lorsqu'il eut pris comme conseiller un protestant et ce fut, le 24 Août 1572, le massacre de la Saint-Barthélémy, une hideuse tuerie qui ensanglanta les rues de Paris.







Charles IX



Il était fragile physiquement et psychologiquement. Il était inconstant : tantôt sous l'influence de sa mère Catherine de Médicis, tantôt sous l'influence de Coligny, gagné à la cause huguenote.



En 1585, Isaac II de Germaincourt est devenu Seigneur de Buffes mais réside peu dans l'humide château de Buffes mais en 1607, celui-ci est enfin réaménagé d'une habitation centrale entourée de communs formant une tour carrée terminée par deux pavillons et ceci, afin d'y loger Isaac II de Germaincourt et sa femme.

Henri IV de France né Henri de Bourbon règne depuis 1589. C'est le premier souverain français de la branche dite des Bourbons et de la dynastie Capétienne. Cependant, il est lui aussi contemporain d'un siècle ravagé par les guerres de religion. Il est chef protestant avant d'accéder au trône de France et doit se convertir au catholicisme pour être accepté comme roi. Il signa l'Edit de Nantes qui autorisa la liberté de culte pour les protestants et ce traité mit fin à deux décennies de guerres de religion. 

Malheureusement, il est assassiné par un fanatique le 14 Mai 1610, François Ravaillac, à Paris.

Sa dépouille s'arrêta à la Chapelle de Guecelard et le convoi repartit le Vendredi 4 Juin 1610 pour arriver à la Flèche vers 10 heures où son coeur est déposé dans la Chapelle des Jésuites.

Le 4 septembre 1620, Louis XIII passe à FILLE venant de Malicorne pour remonter vers LE MANS. Il y a des bandes d'ardents (atteints du "feu de st-antoine" que Mathurine, la "folle" de Louis XIII pourchasse.

Précédemment, en Septembre 1614, le jeune roi LOUIS XIII et sa suite s'arrêtèrent dans cette partie de la forêt du Mans, plus connue sous l'appellation de "Landes du Petit Bourray" avant le hameau d'Arnage sur l'actuelle commune de GUECELARD.

Un rappel des faits : suite aux évènements de février 1614, la régente, la reine-Mère venait présenter le jeune roi Louis XIII dans les provinces pour ranimer le royalisme. 






Louis XIIi

Louis XIII était réellement soucieux du bien-être de son peuple : il aurait séjourné plusieurs fois au château de Buffes et notamment pour aller voir la reine Marie de Médicis.



Et trois mois plus tard, Nicolas Grassin, en décembre 1620, laboureur à la Forêt de Roezé, vend à Pierre Clotreau, demeurant à Foullay (Roezé), trois planches de vignes située au Clos du Gros Chesnay relevant du fief de Buffes et en mai 1632, André Mesnager, vigneron demeurant aux Oliveries à FILLE, vend à Mathurin Clotreau, vigneron demeurant aux Petits Roys à Roezé une "lotie" de jardin située au bas du clos de vignes du Gros Chesnay. Ce jardin relevait aussi du fief de Buffe.


En 1621, Louis XIII, revient séjourner quelques jours au château de Buffes avant de se rendre à Saumur. Le lit dans lequel il dormit est toujours visible au Musée du Mans.

De 1624 à 1627, la peste revient dans le Maine ; dans les registres paroissiaux, les curés racontent les ravages de la "maladie de la contagion".

Dans le Haut Maine, depuis le XVI° siècle, ce terrible fléau affecte, sous ses deux formes (bubonique et pulmonaire) indifféremment villes et campagnes, riches et pauvres, à intervalles plus ou moins réguliers. En 1625, la peste connaît une réapparition en raison d'une grande famine qui sévit suite à de mauvaises récoltes.

Elle peut se diffuser par les voies de communication terrestres ou par voies d'eau. Ainsi, la peste avance le long de la Sarthe et progresse le long de la Loire. Dans un petit village non loin de Sablé, rien que pour août 1625, seize pour cent de la population décède de la peste.Ainsi, la moitié des paroisses du Maine entre 1600 et 1640 fut touchée par ce terrible fléau. La peste ne réapparaitra plus dans notre contrée à partir du ilieu du XVII° siècle mais son souvenir n'en reste pas moins terrifiant dans l'esprit des populations du Maine.















La ferme peinture de J.B. OUDRY







photo collection particulière












Sources Bibliographiques : Dictionnaire topographique, historique et statistiques de la province du Maine de J.R. Pesche
- Histoire de la Province du Mans collections Médiathèque Louis Aragon
- Histoire des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
- Sur l'épisode le plus connu des passages des rois de France au Mans et qui reste celui du coup de folie du roi Charles VI : l'article "ET LE ROI DEVINT FOU" de  la revue MAINE DECOUVERTES n° 20 de second trimestre 1999.
ainsi que l'article des 18 Rois de France en province du Maine signés Philippe Bouton, Alain Moro, Daniel Etoc, Jacques Chaussumier et Jacques Gohier et que ce dernier situe aux alentours de Fillé et de Guécelard dans la fameuse forêt de Longaulnay . article paru dans le premier numéro de 2001 de la Vie Mancelle et Sarthoise.
- sources et références manuscrites : archives départementales de la sarthe.
- passage de Louis XIII au Chateau de Buffe ; source et information : mémoire de D. LAPORTE-BEUCHER.
- archives de la Mairie de FILLE
- illustrations et informations sur livre d'histoire classe de 5° des Cours Complémentaires, RENAISSANCE-MOYEN AGE de E. PERSONNE ET P. MENARD des Editions NATHAN publié en Novembre 1958.
- lecture complète de l'Union Historique et littéraire du Maine d'Ambroise Ledru n°10
- lecture complète de la Revue Historique et Archéologique du Maine, 3ème série, tome 12.
autre source bibliographique :
- article "Un aspect de la Peste de 1626 dans le Haut-Maine" de Caroline Delaperelle dans les Malheurs du Temps publié par la revue culturelle et touristique du Dépt de la Sarthe n° 343, second trimestre 1999.
- extraits d'un livre édité par Monsieur André GOBENCEAUX sur la commune de GUE-SEELARD (Guécélard) qu'il a remis en son temps au Maire de Fillé.























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Catégories: LE PAYS DE LONGAULNAY
26 Mar 2008 



photo collection particulière

Emplacement de l'arrivée du bac à la fin du XVIII° siècle



L'absence de pont à FILLE avant 1896 était paliée par la présence d'un bac ancestral pendulaire* manoeuvré par un passeur ou pontonnier. Ce dernier demeurait sur la rive droite de la rivière. Le bac facilitait la traversée des hommes allant de la rive droite à la rive gauche pour rejoindre la route royale 23 et dans le sens inverse pour les gens du secteur de Guécelard afin d'y rejoindre Fillé où se trouvait l'église-mère.

*Bac pendulaire : bac relié par un cable noyé très en amont à un point fixe au fond de la rivière ou sur une rive. Ce cable, d'une longueur supérieure à deux fois la largeur de la rivière, peut éventuellement être signalé par des bouées. Comme le bac à traille, le bac pendulaire se déplace latéralement en utilisant l'incidence du courant sur un de ses flancs ou sur un ou deux safrans. Il n'occasionne pas une gêne aussi grande pour la navigation. On voit ce type d'équipement présenté sous le nom de "pont volant" dans la Grande Encyclopédie de Diderot et D'Alembert (chapitre "L'Art de Charpenterie").

Extrait du dictionnaire des termes de la navigation fluviale.




La pleine propriété du passage d'eau dépendait de la réserve de la seigneurie du Gros Chesnay. Comme dans tous les baux, les "passeurs preneurs" ont des obligations vis-à-vis de leur bailleur. L'investissement de départ nécessaire pour effectuer le métier de pontonnier est lourd. Il faut posséder des bateaux, appelés selon l'usage "charrières" ou encore "chalands". Or, les passeurs sont d'origine sociale modeste, petits paysans, bordagers, petits artisans, meuniers, sabotiers...

A RoËzé, comme leur patrimoine ne permet pas aux passeurs d'investir dans du matériel si coûteux, la fabrique de Roezé leur fournit l'outil de travail composé de bateaux dont le prix estimé en 1778 à 140 livres dans le bail est remboursable par fraction annuelle de 20 livres par le passeur, le solde étant règlé au terme du bail.

Dans le bail du passage d'eau de Fillé moins significatif sur ce point une pratique correspondante semble s'y exercée car une clause dans le contrat stipule :   

"Lesquels batteaux lesdits preneurs seront tenus de laisser sur ledit port à la fin dudit bail leur en payant le prix sur le prix de l'estimation qui en sera lors faitte par expert dont sera connue de part et d'autre ne pouvant lesdits preneurs céder ny transporter le prest. Bail sans lexpres consantement de mond. Seigneur..
."


A FILLE, deux passeurs sont restés respectivement en place pendant 30 et 34 ans entre 1732 et 1797 : Joseph PERRIERE jusqu'en 1762 et René VIG
NERON prit la suite. Tous deux sont qualifiés respectivement sur les actes notariés de René BELLANGER de domestique et de journalier fermier du port du village. Par contre, après la chute de la monarchie, le passage d'eau de FILLE sera attribué par adjudication en mairie sur ordre de l'administration des ponts et chaussées.

Lorsque Joseph PERRIERE devient passeur en 1732 : on dit couramment "pontonnier", René FAIFEU s'installe meunier au moulin du bourg.

Les passeurs étaient tenus de faire traverser un certain nombre de personnes nommément stipulées dans le bail de Maître BELLANGER sans pouvoir exiger d'elles une quelconque rémunération.

En premier lieu, le Seigneur et toutes autres personnes venant de la part du château, ensuite venaient les fonctionnaires de l'Etat. Ainsi le Maire de FILLE faisait-il parvenir au passeur la liste nominative des gardes forestiers qui étaient exonérés de droit de passage dans l'exercice de leur fonction, de même que le garde-champêtre et les gendarmes (il existait à GUECELARD sur la voie royale 23, un relais de poste de gendarmes à cheval). Plus tard, suite à la loi de 1881 rendant gratuite la fréquentation de l'école primaire publique, les enfants demeurant sur la rive gauche de la rivière (maintenant secteur GUECELARD) sont exonérés de ce droit de passage. Le passeur s'en remettait auprès du Maire de la liste nominative des enfants habitant secteur GUECELARD qui fréquentaient l'école et le catéchisme. On peut donc logiquement penser que cette décision dépendait de la seule volonté du Maire de FILLE.

Il fallait donc avoir recours au passeur pour traverser la Sarthe et le passeur ne passait que trois fois par jour et un peu plus selon les caprices des notables de FILLE.

REGLEMENT DU FONCTIONNEMENT DU PASSAGE D'EAU DE FILLE

Le Maire de FILLE-GUECELARD recevait en 1814 un courrier de mise au point émanant de l'Administration concernant le comportement du pontonnier lequel s'était permis un excès de zèle vis-à-vis des gendarmes en faction sur la commune de GUECELARD.

Aussi, l'Auditeur au Conseil d'Etat écrivait-il en ces termes au Maire de FILLE-GUECELARD "Il résulte, Monsieur, d'un rapport qui m'a été adressé par le Lieutenant de Gendarmerie de cet Arrondissement que le nommé P......., Pontonnier de votre commune se permet de tenir des propos injurieux contre les gendarmes qui y sont stationnés:
- qu'ils se refuse de les prendre gratuitement dans sa barque lorsque le service nécessite leur transport dans les communes qui se trouvent de l'autre côté de la rivière ;
- qu'enfin son insolence et ses mauvais procédés ont été plusieurs fois sur le point d'occasionner des rixes dans sa Barque.

Cette conduite du Pontonnier est extrèmement répréhensible et ne peut être tolérée.
Veuillez bien communiquer à ce particulier les plaintes portées contre lui, recevoir ses réponses et me les transmettre dans le plus bref délai possible afin que je puisse statuer en parfaite connaissance de cause.

J'ai l'honneur d'être avec une parfaite considération, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. 


IL APPARAISSAIT, EN EFFET, DANS LES DIVERSES PETITIONS ADRESSEES AUX ELUS DE FILLE PAR LES HABITANTS DU SECTEUR DE GUECELARD LORS DE LEUR DEMANDE DE SCISSION QU'IL ETAIT SOUVENT QUESTION D'UN GENDARME TOMBE A L'EAU NON ACCIDENTELLEMENT. MAIS SANS DOMMAGE ET SANS CONSEQUENCE RETORQUAIENT LES ELUS DE FILLE A CE FAIT DIVERS MENTIONNE PAR LES GUECELARDAIS POUR APPUYER LEUR DEMANDE.







Et  le Préfet, ensuite d'écrire en ces termes au Maire de FILLE GUECELARD




"Je vois, Monsieur, par le rapport de la Gendarmerie de GUECELARD au sujet de sa discussion avec le Sieur P......., fermier du bac que ce dernier s'est permis des injures grossières envers eux. Cette conduite est très répréhensible, soit que les gendarmes fussent ou non en activité de Service.

Je vous invite à mander P....... devant vous, et à lui faire, en présence des gendarmes une sévère réprimande en le prévenant, qu'à la première plainte contre lui, il sera traduit devant les Tribunaux.

J'ai l'honneur d'être avec une affectueuse considération, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur."

Le Préfet de la Sarthe Chevalier de la Légion d'Honneur à Mr le Maire de FILLE-GUEC.


L'intérêt d'un bac est bien sûr de permettre à toute personne se présentant au port de traverser la rivière d'une rive à l'autre (traversée des biens et des personnes).

Ainsi, au XVIII° siècle, un passager ou un usager arrivant de jour comme de nuit pouvait faire la demande au passeur afin de traverser la rivière (fusse-t-il gendarme en service ou non comme spécifié sur la missive précitée...).  

Mais, plus tard, l'Administration devint plus pointilleuse : la sécurité des personnes traversées étant son principale souci. Ainsi, le passeur devait refuser la traversée si les conditions climatiques ou de hauteur d'eau pouvaient mettre en danger la sécurité des usagers du bac.


De même, tout personne exigeant un passage immédiat devait acquitter un tarif majoré mais l'on cite le cas d'une personne qui aurait attendu plus d'une heure et qui pourrait donc passer au tarif normal.

TARIF DES DROITS A PERCEVOIR AU PASSAGE D'EAU DE FILLE ARRETE PAR LE GOUVERNEMENT LE 22 MESSIDOR AN XII, CI-DESSOUS :





Pour exécuter au mieux cette mission de passeurs d'eau, les "pontonniers" disposaient d'un matériel assez sophistiqué pour l'époque qu'ils devaient entretenir avec soin pour respecter les clauses du bail de même que les règles administratives relatives à la sécurité des passagers et de leurs biens.

S'ils ne nous est pas possible de savoir aujourd'hui si ces instructions furent suivies d'effet ; toutefois, un plan de 1816 relatif à la reconstruction du bac du passage de
FILLE ainsi que la description définie dans le cahier des charges donné au passeur par l'Administration des Ponts et Chaussées en 1837 et le procès-verbal d'estimation du matériel fourni au passeur nous donnent une idée précise du fonctionnement de ce passage au début du XIX° siècle juste avant la construction du pont sur la Sarthe.

En 1833, le bac de Fillé est affermé 600 F au profit de l'Etat.

PLAN ET COUPE D'UN BATEAU CONSTRUIT POUR LE PASSAGE D'EAU DE FILLE EN 1816 :




Le passeur disposait d'un grand bac très allongé, large et à fond plat qui mesurait 13,32 m de long sur 3,90 m de large pouvant accueillir 160 personnes. Il disposait également d'un bateau passe-cheval de 8 m de longueur sur 2,15 m de largeur pouvant accueillir vingt chevaux ou autres animaux et d'un batelet de 7 m de long sur 1,30 m de large pouvant contenir jusqu'à quinze passagers. En plus des bateaux, sur chaque rive se trouvaient deux pontons d'accostage de 2,50 m de longueur sur 3,15 m de largeur placés sur cales d'abordage.

Enfin, pour ce qui en est du câble :

celui-ci faisait 118 mètres de long et était maintenu par des pieux placés à intervalles réguliers, il était ainsi tendu de part et d'autre de la rivière en amont des pontons.

Ainsi chaque embarcation était-elle reliée au câble au moyen d'un cordage muni d'une poulie qui lui permettait de glisser sur le filin pour passer d'une rive à l'autre par un mouvement pendulaire.

Cet équipement substantiel est significatif de l'importance du trafic sur le passage d'eau de FILLE.


Informations puisées sur le document remis par Françoise COTTREL-BOTTREAU
exemplaire remis au Maire de FILLE - UNIVERSITE DU MAINE 1998/1999
Nouveautés au village.











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