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LA BARONNIE DE LONGAULNAY

"QU'EST-CE QUE MILLE ANS PUISQU'UN RIEN NE LES EFFACE ?" BOSSUET



illustration source fichier peintres de la Renaissance LM
peinture Lieveusz Van du Poel (1621-1644)


Le Pays ou Baronnie de Longaulnay, ancienne contrée, contenait la Forêt de Longaulnay ou forêt du Mans d'environ 17 000 hectares, dont il est fait mention dans le roman de "Berthe aux grands pieds", qui s'étendait sur les paroisses de Roêzé, la Suze, Saint-Jean-du-Bois, Fercé, Mézeray, Courcelles, Ligron, La Fontaine-St-Martin, Saint-Jean-de-la-Motte, Oizé et Cérans Foulletourte, Parigné le Polin et à la limite nord de FILLE  et Guécélard. (Il existe un autre Longaulnay mais sis en Bretagne Ile et Vilaine).

Ce sont en majeure partie des terres de landes, de marécages, parfois de terrains pauvres, de sables et de sables délavés le plus souvent que nos paysans pleins de bon sens, appelaient encore il y a quelques années "de la terre volée", jouant sans doute sur les mots car la terre le porte, ce sable, d'un voisin à l'autre et il vole...


Terre de pins, de pins maritimes et de pins sylvestres, de pauvres chênes noueux, de quelques châtaigniers. Terre cendrée, grise ou violacée, tout juste bonne aux topinambours, aux pommes de terre, et aujourd'hui à quelques asperges. C'est dire les modestes bordages, les masures et la misère qui trop souvent y règnait
.

La forêt du Mans devenue si célèbre par l'aventure qui coûta la raison à l'infortuné CHARLES VI (voir chapitre suivant) est aujourd'hui entièrement détruite à l'exception de quelques bosquets.





LES CROISADES



Le pape Urbain II pour appuyer la mobilisation et assister au départ de la première croisade aurait séjourné au Mans du 16 au 19 Février 1096. Par les chemins boueux et dangereux du royaume de France, le souverain pontife ne se déplaçait jamais seul ; il avait une bonne avant-garde de soldatesque armée jusqu'aux dents, bardée d'armures imposantes et flanquée de lourdes épées et lances, chargée d'ouvrir le chemin et de chasser les importuns. Une forte escouade de nobles avec leurs gents d'armes, leurs écuyers suivaient tandis que les cardinaux, les nonces apostoliques, les évêques et les moines encadraient le chef de la chrétienté.






Ainsi, un long cortège bruyant de chars à boeufs, de bourricots lourdement chargés transportait toute l'intendance, de gros coffres bourrés d'ornements du culte, d'ustensiles de cuisine et de nourriture.

Des hommes d'armes, des lanciers, des cerfs enrôlés de force par leurs seigneurs fermaient le banc pour éviter au riche convoi de se faire attaquer par l'arrière par des bandits de grands chemins.













Le pape Urbain II


C'est dans ce contexte que Jacquelin de Jalesne, de Maillé, premier noble cité comme possesseur du fief de la Beunêche rendit humble hommage au saint homme mais, trop jeune pour participer à la première croisade, il aurait proposé quelques hommes forts de FILLE, de solides gaillards soustraits à leur famille, pour former la petite troupe de guerriers qui accompagnait le convoi durant ce long voyage vers la terre sainte.







photo collection particulière

Vieux château de la Beunèche sur la commune de ROEZE à la limite de FILLE



En 1167, première trace de l'existence du domaine de la Beunêche alors que le seigneur Jacquelin de Jalesne, de Maillé, de la Beunêche et de Gilbourg répondit aux appels vibrants de Saint Bernard de Vézelay. Devenu Chevalier du Temple, Jacquelin participe donc à la troisième croisade. Le 3 Juillet 1187 au pied des collines de Hattin, près du Lac de Tibériade, Saladin le Grand remporte une victoire sur les armées franques desservies par l'incompétence du roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, la trahison du grand-maître des Templiers, Gérard de Ridefort et la brutalité de Renaud de Chatillon. Cernés, les chrétiens se battent avec héroisme. Jacquelin de Jalesne, Chevalier du Temple, reste seul debout sur le champ de bataille mais son cheval abattu sous lui l'entraîne dans sa chute. Il se relève et la lance à la main, continue à repousser l'ennemi qui, devant sa bravoure, lui propose de partir à sa guise, libre.

Jacquelin refuse et continue de se battre mais ayant perdu trop de sang, il meurt.

Les Turcs, subjugués par son courage, se partagent les lambeaux de ses vêtements pour en faire des reliques.

Saladin 1er s'empara de Jérusalem ce qui provoqua la troisième croisade (1189/1192).




la bataille de Hattin











Le Bourg et l'Eglise côté Buffe (peinture C.CHOISNET)


En 1135 : fondation de la paroisse de Fillé.



Le 7 Septembre 1202, Jean sans Terre qui remonta par Malicorne, La Suze, Roezé puis Fillé vint piller la bonne ville du Mans.









Jean sans Terre


illustration empruntée à
www.memo.fr




Après
la bataille de Crécy en 1346, Jacques de Maridort, cadet de la célèbre famille Warwick alliée à Thomas Becket (archevêque de Cantorbéry), s'installa dans la région de La Flèche. Un des seigneurs de sa suite trouvant les rives de la Sarthe accueillantes et appréciant les lieux pour le passage incessant des marchands au gué de FILLE entreprit de construire ce qui fut le premier château de Buffes. On y était à vrai dire plus en sureté derrière les épaisses murailles que pour le gîte et le couvert car le château était peu meublé et chaque hôte de passage devait amener table, banc et couchage...


A partir de 1347 jusqu'en 1350, la peste noire, un terrible fléau, arrivée par les navires marchands venus d'Orient s'étendit à toute la France suite aux fortes chaleurs d'été et cette extension s'accompagna à FILLE de l'ergot de seigle dû à la souillure des récoltes par les rongeurs ainsi qu'au manque d'hygiène. Dans l'Europe médievale, le pain se faisait à base de seigle et l'ergot de seigle est un champignon de couleur vineuse ou noirâtre de un à six centiments qui s'accroche aux épis lequel entraîne des convulsions épileptoides et une gangrène des extrèmités ; il provoque également des hallucinations, des troubles étranges et des délires. L'hospice des Ardents fondé au X° siècle près de la cathédrale du Mans était destiné à recevoir ces malheureux atteints de maladies provoquées par l'ingestion de céréales (surtout l'ergot de seigle).







épis de seigle infestés par l'ergot


Du X au XIVème : cinq siècles s'ouvrent marqués par les pillages, la misère, la famine : les gens vivaient avec l'appréhension de la famine. La notion de "qualité" n'était pas prépondérante mais il importait chez les gens de cette société de pauvreté de ne pas "manquer". Les notions de récolte, d'entreposage, les saletés et excréments des rongeurs manquaient atrocement au point qu'il y avait des maux, des maladies qui en découlait à l'exemple du "mal des ardents" provoqué par l'ergot de seigle.


Durant la Renaissance : voilà une drôle d'histoire ! sacré roi à l'âge de 11 ans à la mort de son père Charles V, Charles VI prend réellement le pouvoir à l'âge de 20 ans en congédiant ses oncles qui avaient assuré la régence mais qui avaient pillé le trésor royal et assommé d'impôt le bon peuple. Autant dire que pour les ducs de Bourgogne, Berry, d'Anjou, de Bourbon... la pilule est amère mais depuis il est surnommé Charles "Le Bien Aimé" par ses sujets. Son grand-père Jean II le Bon (le père de Charles V) qui est d'ailleurs né comte du Maine au château du Gué de Maulny près du Mans avait créé une ordonnance établissant le franc en 1360.


Or, en 1392, ce petit-fils, Charles VI a 24 ans et il est donc roi de France de la dynastie des Valois et, à la tête de l'armée royale, le 5 août, il quitte LE MANS pour la Bretagne. Le roi et son escorte quittent la ville après la messe du matin. Or, ce matin du 5 Août 1392, une chaleur caniculaire écrase notre bonne ville du Mans et la campagne environnante.








La troupe se met en branle vers 9 ou 10 heures du matin, prend la direction de Malicorne et entre dans les bois de Buffes avant d'atteindre la forêt de Longaulnay. Son armée est impressionnante, on y compte pas moins de 265 chevaliers, 2267 écuyers, 146 archers, 48 compagnies d'arbalétriers et la sphère privée du Roi. Cette armée traverse la forêt du Mans en sortant par le gué de Maulny pour rejoindre Arnage et le chemin aux boeufs. On passe non loin de la "maladrerie" de saint-gilles. A l'ouest de Guécélard, la troupe s'engage dans les bois que Huet de Buffe connaît comme sa poche. Pour lui c'est un honneur de montrer aux notables, seigneurs et chevaliers accompagnant l'armée de leur faire faire un court détour vers son château-refuge de Buffes d'où chacun peut admirer le beau petit village de FILLE. Puis après ce coup d'oeil sur le site ils partirent dans la forêt de Longaulnay. Les chevaux marchent mal dans le sable et soulèvent la poussière. Derrière lui, marchent ses oncles, les ducs de Berry, de Bourgogne, Philippe d'Artois et de Navarre. et c'est à cet endroit que survient un incident en plein midi alors que le soleil est à son zénith. La grande frayeur que lui causa un excité à la figure hideuse qui sortit d'un buisson lui criant, en empoignant la bride de son cheval, "Arrêtes, Noble Roi, tu es trahi ! " déclenche sa première crise de démence. Le page qui porte la lance, assoupi sous l'effet de la chaleur, lâche celle-ci qui, en tombant heurte le sol avec un grand bruit. Alors là, le roi sort de sa torpeur, il est réveillé en sursaut : il croit tomber sur une embuscade et là, il se saisit de son épée et tua tous ceux qui se trouvaient autour de lui. Les grandes chaleurs du mois d'août ajoutées à la fatigue du voyage dérangèrent entièrement son cerveau : il fut maîtrisé, on le ramena au Mans ligoté sur un chariot gentiment prêté par le seigneur du château des Perrais et il restera dans la capitale de la province du Maine jusqu'au 18 août.


A la suite de cette folie, Charles "Le Bien Aimé" devient Charles VI "Le Fol" et une terrible guerre civile éclata entre deux partis ennemis celui des Armagnacs et celui des Bourguignons. Charles VI mourut en 1422.






Entre le soleil qui flamboie et la route qui poudroie, Charles VI dit "Le Bien Aimé" chevauchât... en direction de Malicorne, alors, bien sûr, comme il faisait chaud, la tête lui tournât mais il avait revêtu une tunique de velours et un chaperon de vermeil écarlate qui lui couvrait bien la tête : une "tenue très estivale" que l'on appelait une "jacque" ; enfin, non, ce n'est pas la tenue idéale quand on crève de chaleur.


Avant d'atteindre la forêt de Longaulnay, surpris, effrayé par un drôle d'individu en haillons, il fit une démonstration de ses talents de guerrier et en deux coups de cuiller à pot, deux de ses valets passèrent de vie à trépas et il en blessa deux autres qui trépasseront plus tard ; alors là, l'expédition est terminée : et le roi devient fou !

Une statue équestre en plâtre retouché à la cire le représente au musée du Louvre, département des Sculpture, oeuvre d'Antoine-Louis Barye, dans cette traversée de la forêt du Mans, effrayé (en réalité cette scène eut lieue dans la forêt de Longaulnay aux environs de Fillé et de Guécélard).





la statue équestre représentant Charles VI effrayé(Antoine-Louis BARYE)




Charles VI





Honorat du Bueil de Racan, poète et écrivain français, né en 1589 fut baron de Longaulnay (province du Maine et commune de MEZERAY).








LA GUERRE DE CENT ANS

Edouard III, roi d'Angleterre, possède en France la Province de Guyenne. En 1337, il essaie de répéter, mais à l'inverse, l'opération de Guillaume-le-Conquérant trois siècles plus tôt, en se proclamant roi de France. Il commence aussitôt la conquête de "son" royaume...
Ainsi débute la période connue sous le nom de
GUERRE DE CENT ANS qui durera avec les trèves jusqu'en 1453.

Il y a déjà des vignes à FILLE et pendant  la guerre de 100 ans,  la rapacité des occupants anglais n'avait d'égal que la goinfrerie du dénommé Jean Falstolf (nommé plus tard Falstaff), maître du régent le Duc de Bedford, qui venait se goinfrer de charcutailles dans les métairies aux alentours du Mans et de fruits et de raisin dans le grand jardin du "Gros Chesnay". N'est ce-pas le duc de Bedford qui faisait envoyer en Angleterre de nombreuses barriques de vins du cru en écumant les vignerons de FILLE qui cachaient leurs barriques de vins et leurs réserves alimentaires dans le souterrain de FILLE ?

Deux importantes périodes de famine avaient précédé cette époque : 1339 à 1341 et 1343 à 1346. Le printemps 1374 est si pluvieux que "les bleds sont gastés en terre..."
S'y ajouta, les passages répétés des gens d'armes.

Une fois de plus, ce fut la misère et le dépeuplement de notre territoire, livré aux déprédations de la soldatesque anglaise. De nombreuses maisons construites en bois sont incendiées, Buffes est gravement endommagé, Mondan est ravagé le 16 Septembre 1380.

Une chronique guécélardaise rapporte qu'en 1389, au beau milieu d'un office religieux regroupant quelques "manants des alantours" le cri de "veyssi les engleys" retentit.

Aussitôt ce fut l'effroi puis la panique, on se bouscule à l'étroite porte de la petite église pour sortir, on se précipite chacun chez soi pour mettre à l'abri les biens les plus précieux et c'est la fuite dans les bois avoisinants. Vers 1410, incapables de se défendre, les paysans Guécélardais ont pris l'habitude de vivre au plus profond des "breuils"

Dans l'année 1412, une imposante chevauchée de plusieurs milliers de cavaliers anglais conduite par le second fils du roi d'Angleterre, Thomas de Lancastre, duc de Clarence, ayant débarqué à Cherbourg et se dirigeant vers l'Aquitaine, via l'Anjou, déferla en semant sur son passage la désolation.

A l'avènement de Louis III d'Anjou, comte du Maine, vers 1417, nouveau retour dévastateur des soudards d'Outre-Manche. Entre 1420 et 1428, les évènements militaires sont confus et l'anarchie de cette situation favorisa la violence des coups de mains et des pillages par des éléments incontrôlés. On suppose que c'est vers cette période que fut incendiée l'église du GUE-SEELARD.  

En effet, vers la même époque, on dit qu'une galerie est creusée entre Buffe et le Gros Chesnay et l'on dit encore aujourd'hui qu'un trésor se cacherait dans ce souterrain mais au troisième millénaire - donc à partir de 2007 - les travaux effectués sur la plaine dite de "loisirs" et donc sur ce fameux souterrain n'ont révélé aucun trésor. Toutefois, en 1448, les Anglais abandonnent le Maine en incendiant le domaine de Buffe. C'est aussi à cette époque que prirent forme les jardins du Gros Chesnay arrachés aux eaux stagnantes du marais.


Le seigneur de Mondan Jacques de Buffe devient l'héritier du domaine de Buffe,
incendié au départ des Anglais.


BUFFE SERA RECONSTRUIT - LA BEUNECHE TRANSFORME A LA RENAISSANCE - "LE CHATEAU DU GROS CHESNAY" SE CONSTRUIT PLUS TARD PRES DU FIEF DES RICHARDIERES.


En effet, Charles VII mettra fin en 1453 à la guerre de cent ans sur une victoire française. Son nom reste principalement attaché à l'épopée de Jeanne d'Arc qui lui permit de renverser une situation compromise et d'être sacré roi à Reims le 17 Juillet 1429. Très contesté dans sa légitimité même, Charles VII était devenu roi en 1422 en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bouguignons. Chef de fait du parti des Armagnacs, il avait été deshérité par son père, Charles VI, au traité de Troyes en 1420 au profit d'Henri V d'Angleterre.







En 1459, quand les chevaliers revinrent de cette guerre qui dura cent ans, grande est la malédiction qui règne sur cette province du Maine, La famine et la maladie sévit sur leurs domaines dont les pauvres gens en font les frais. Les Moines de la Couture qui aliénèrent le fief de la Beunêche conclurent un pacte avec leurs frères d'Anjou.

En 1468, la paroisse de Fillé-Guécélard comptait 520 habitants ce qui donnait approximativement pour le secteur de Fillé, 64 adultes et 259 enfants et pour le secteur de Guécélard, 39 adultes et 158 enfants.

En 1467, Louis XI vient au Mans et chasse souvent dans la forêt aux alentours près de la Suze. Louis XI était un homme à l'esprit ouvert, doué d'une grande énergie et d'un inaltérable optimiste ; il mit au service de l'autorité royale les ressources d'une diplomatie subtile, l'art des intrigues compliquées (qui lui valut une très mauvaise réputation) et une puissance extraordinaire de corruption car il professait qu'avec de l'argent tout le monde est à vendre... D'après Philippe de Commines qui écrit dans ses mémoires : "... Entre tous ceux que j'ai jamais connus, le plus sage pour se tirer d'un mauvais pas en temps d'aversité, c'est le roi Louis le onzième, notre maître, le plus humble en paroles et en habits, qui travaillait le plus à gagner un homme qui pouvait le servir ou lui nuire.

Il ne s'irritait pas du refus d'un homme qu'il cherchait à gagner, mais il continuait en lui promettant largement et en lui donnant réellement argent et dignités qu'il savait lui plaire, et ceux qu'il avait chassés et déboutés en temps de paix et de prospérité, il les rachetait bien cher quand il en avait besoin ; il s'en servait et ne les avait nullement en nulle haine pour les choses passées.


Il était naturellement ami des gens de condition moyenne et ennemi de tous les grands qui pouvaient se passer de lui. Nul homme ne prêta jamais tant l'oreille aux gens, ni ne voulut connaître tant de gens... Et ces façons ont sauvé sa couronne, vu les ennemis qu'il s'était lui-même acquis à son avènement au royaume...."













Bref, pour en finir avec lui, le petit peuple (aujourd'hui on emploierait le terme de "la France d'en bas") dut accepter une augmentation de la taille quadruplée par le bon plaisir de son Roi et la noblesse avait tout à redouter de celui qui n'hésitait pas à faire exécuter les grands seigneurs.

Enfin après toutes ces années, le retour à l'expansion se manifeste puis s'affirme vers 1500-1520, par la reconquête des terres marginales.

Le 6 Mars 1507, Jacques de Buffes rend aveu à son suzerain de Château-du-Loir, pour son four à Ban au Petit-Guesselard.








Louis XI





En Mai 1571, un beau matin, les paysans de FILLE sont groupés sur le bord de la route qui mène à Roezé près de la Richardière pour voir passer les troupes qui escortent les carrosses du Roi Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis. Le convoi s'étale sur plus d'un kilomètre et chacun se bouscule afin d'obtenir quelques aumônes ou quelques pièces.


A la Richardière, une croix se situe à la limite de la commune et de celle de ROEZE SUR SARTHE exactement au croisement des quatre routes du côté de la ferme. En fait, il s'agit d'un axe ancien et cette croix a été apposée pour marquer la frontière entre deux fiefs signalés au Moyen Age. Cette particularité est confortée par la présence d'une autre croix sur la commune voisine de ROEZE ayant peut-être la même fonction.













Et c'est toujours la guerre... tueries, exactions, pillages sont les conséquences dans notre province du Maine du développement en France de la religion calviniste.


Le règne de Charles IX fut marqué par les guerres de religions avec d'abominables atrocités des deux côtés. Les premières années de ces guerres furent favorables aux protestants (les huguenots) très puissants dans le sud de la France, l'édit de Saint Germain leur accorda la liberté de conscience et quatre places de sûreté dont La Rochelle. Mécontents, les catholiques formèrent un complot contre Charles IX lorsqu'il eut pris comme conseiller un protestant et ce fut, le 24 Août 1572, le massacre de la Saint-Barthélémy, une hideuse tuerie qui ensanglanta les rues de Paris.







Charles IX



Il était fragile physiquement et psychologiquement. Il était inconstant : tantôt sous l'influence de sa mère Catherine de Médicis, tantôt sous l'influence de Coligny, gagné à la cause huguenote.



En 1585, Isaac II de Germaincourt est devenu Seigneur de Buffes mais réside peu dans l'humide château de Buffes mais en 1607, celui-ci est enfin réaménagé d'une habitation centrale entourée de communs formant une tour carrée terminée par deux pavillons et ceci, afin d'y loger Isaac II de Germaincourt et sa femme.

Henri IV de France né Henri de Bourbon règne depuis 1589. C'est le premier souverain français de la branche dite des Bourbons et de la dynastie Capétienne. Cependant, il est lui aussi contemporain d'un siècle ravagé par les guerres de religion. Il est chef protestant avant d'accéder au trône de France et doit se convertir au catholicisme pour être accepté comme roi. Il signa l'Edit de Nantes qui autorisa la liberté de culte pour les protestants et ce traité mit fin à deux décennies de guerres de religion. 

Malheureusement, il est assassiné par un fanatique le 14 Mai 1610, François Ravaillac, à Paris.

Sa dépouille s'arrêta à la Chapelle de Guecelard et le convoi repartit le Vendredi 4 Juin 1610 pour arriver à la Flèche vers 10 heures où son coeur est déposé dans la Chapelle des Jésuites.

Le 4 septembre 1620, Louis XIII passe à FILLE venant de Malicorne pour remonter vers LE MANS. Il y a des bandes d'ardents (atteints du "feu de st-antoine" que Mathurine, la "folle" de Louis XIII pourchasse.

Précédemment, en Septembre 1614, le jeune roi LOUIS XIII et sa suite s'arrêtèrent dans cette partie de la forêt du Mans, plus connue sous l'appellation de "Landes du Petit Bourray" avant le hameau d'Arnage sur l'actuelle commune de GUECELARD.

Un rappel des faits : suite aux évènements de février 1614, la régente, la reine-Mère venait présenter le jeune roi Louis XIII dans les provinces pour ranimer le royalisme. 






Louis XIIi

Louis XIII était réellement soucieux du bien-être de son peuple : il aurait séjourné plusieurs fois au château de Buffes et notamment pour aller voir la reine Marie de Médicis.



Et trois mois plus tard, Nicolas Grassin, en décembre 1620, laboureur à la Forêt de Roezé, vend à Pierre Clotreau, demeurant à Foullay (Roezé), trois planches de vignes située au Clos du Gros Chesnay relevant du fief de Buffes et en mai 1632, André Mesnager, vigneron demeurant aux Oliveries à FILLE, vend à Mathurin Clotreau, vigneron demeurant aux Petits Roys à Roezé une "lotie" de jardin située au bas du clos de vignes du Gros Chesnay. Ce jardin relevait aussi du fief de Buffe.


En 1621, Louis XIII, revient séjourner quelques jours au château de Buffes avant de se rendre à Saumur. Le lit dans lequel il dormit est toujours visible au Musée du Mans.

De 1624 à 1627, la peste revient dans le Maine ; dans les registres paroissiaux, les curés racontent les ravages de la "maladie de la contagion".

Dans le Haut Maine, depuis le XVI° siècle, ce terrible fléau affecte, sous ses deux formes (bubonique et pulmonaire) indifféremment villes et campagnes, riches et pauvres, à intervalles plus ou moins réguliers. En 1625, la peste connaît une réapparition en raison d'une grande famine qui sévit suite à de mauvaises récoltes.

Elle peut se diffuser par les voies de communication terrestres ou par voies d'eau. Ainsi, la peste avance le long de la Sarthe et progresse le long de la Loire. Dans un petit village non loin de Sablé, rien que pour août 1625, seize pour cent de la population décède de la peste.Ainsi, la moitié des paroisses du Maine entre 1600 et 1640 fut touchée par ce terrible fléau. La peste ne réapparaitra plus dans notre contrée à partir du ilieu du XVII° siècle mais son souvenir n'en reste pas moins terrifiant dans l'esprit des populations du Maine.















La ferme peinture de J.B. OUDRY







photo collection particulière












Sources Bibliographiques : Dictionnaire topographique, historique et statistiques de la province du Maine de J.R. Pesche
- Histoire de la Province du Mans collections Médiathèque Louis Aragon
- Histoire des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
- Sur l'épisode le plus connu des passages des rois de France au Mans et qui reste celui du coup de folie du roi Charles VI : l'article "ET LE ROI DEVINT FOU" de  la revue MAINE DECOUVERTES n° 20 de second trimestre 1999.
ainsi que l'article des 18 Rois de France en province du Maine signés Philippe Bouton, Alain Moro, Daniel Etoc, Jacques Chaussumier et Jacques Gohier et que ce dernier situe aux alentours de Fillé et de Guécelard dans la fameuse forêt de Longaulnay . article paru dans le premier numéro de 2001 de la Vie Mancelle et Sarthoise.
- sources et références manuscrites : archives départementales de la sarthe.
- passage de Louis XIII au Chateau de Buffe ; source et information : mémoire de D. LAPORTE-BEUCHER.
- archives de la Mairie de FILLE
- illustrations et informations sur livre d'histoire classe de 5° des Cours Complémentaires, RENAISSANCE-MOYEN AGE de E. PERSONNE ET P. MENARD des Editions NATHAN publié en Novembre 1958.
- lecture complète de l'Union Historique et littéraire du Maine d'Ambroise Ledru n°10
- lecture complète de la Revue Historique et Archéologique du Maine, 3ème série, tome 12.
autre source bibliographique :
- article "Un aspect de la Peste de 1626 dans le Haut-Maine" de Caroline Delaperelle dans les Malheurs du Temps publié par la revue culturelle et touristique du Dépt de la Sarthe n° 343, second trimestre 1999.
- extraits d'un livre édité par Monsieur André GOBENCEAUX sur la commune de GUE-SEELARD (Guécélard) qu'il a remis en son temps au Maire de Fillé.






















02:38:10 . 26 Mar 2008
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