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LE PASSAGE D'EAU DE FILLE



photo collection particulière

Emplacement de l'arrivée du bac à la fin du XVIII° siècle



L'absence de pont à FILLE avant 1896 était paliée par la présence d'un bac ancestral pendulaire* manoeuvré par un passeur ou pontonnier. Ce dernier demeurait sur la rive droite de la rivière. Le bac facilitait la traversée des hommes allant de la rive droite à la rive gauche pour rejoindre la route royale 23 et dans le sens inverse pour les gens du secteur de Guécelard afin d'y rejoindre Fillé où se trouvait l'église-mère.

*Bac pendulaire : bac relié par un cable noyé très en amont à un point fixe au fond de la rivière ou sur une rive. Ce cable, d'une longueur supérieure à deux fois la largeur de la rivière, peut éventuellement être signalé par des bouées. Comme le bac à traille, le bac pendulaire se déplace latéralement en utilisant l'incidence du courant sur un de ses flancs ou sur un ou deux safrans. Il n'occasionne pas une gêne aussi grande pour la navigation. On voit ce type d'équipement présenté sous le nom de "pont volant" dans la Grande Encyclopédie de Diderot et D'Alembert (chapitre "L'Art de Charpenterie").

Extrait du dictionnaire des termes de la navigation fluviale.




La pleine propriété du passage d'eau dépendait de la réserve de la seigneurie du Gros Chesnay. Comme dans tous les baux, les "passeurs preneurs" ont des obligations vis-à-vis de leur bailleur. L'investissement de départ nécessaire pour effectuer le métier de pontonnier est lourd. Il faut posséder des bateaux, appelés selon l'usage "charrières" ou encore "chalands". Or, les passeurs sont d'origine sociale modeste, petits paysans, bordagers, petits artisans, meuniers, sabotiers...

A RoËzé, comme leur patrimoine ne permet pas aux passeurs d'investir dans du matériel si coûteux, la fabrique de Roezé leur fournit l'outil de travail composé de bateaux dont le prix estimé en 1778 à 140 livres dans le bail est remboursable par fraction annuelle de 20 livres par le passeur, le solde étant règlé au terme du bail.

Dans le bail du passage d'eau de Fillé moins significatif sur ce point une pratique correspondante semble s'y exercée car une clause dans le contrat stipule :   

"Lesquels batteaux lesdits preneurs seront tenus de laisser sur ledit port à la fin dudit bail leur en payant le prix sur le prix de l'estimation qui en sera lors faitte par expert dont sera connue de part et d'autre ne pouvant lesdits preneurs céder ny transporter le prest. Bail sans lexpres consantement de mond. Seigneur..
."


A FILLE, deux passeurs sont restés respectivement en place pendant 30 et 34 ans entre 1732 et 1797 : Joseph PERRIERE jusqu'en 1762 et René VIG
NERON prit la suite. Tous deux sont qualifiés respectivement sur les actes notariés de René BELLANGER de domestique et de journalier fermier du port du village. Par contre, après la chute de la monarchie, le passage d'eau de FILLE sera attribué par adjudication en mairie sur ordre de l'administration des ponts et chaussées.

Lorsque Joseph PERRIERE devient passeur en 1732 : on dit couramment "pontonnier", René FAIFEU s'installe meunier au moulin du bourg.

Les passeurs étaient tenus de faire traverser un certain nombre de personnes nommément stipulées dans le bail de Maître BELLANGER sans pouvoir exiger d'elles une quelconque rémunération.

En premier lieu, le Seigneur et toutes autres personnes venant de la part du château, ensuite venaient les fonctionnaires de l'Etat. Ainsi le Maire de FILLE faisait-il parvenir au passeur la liste nominative des gardes forestiers qui étaient exonérés de droit de passage dans l'exercice de leur fonction, de même que le garde-champêtre et les gendarmes (il existait à GUECELARD sur la voie royale 23, un relais de poste de gendarmes à cheval). Plus tard, suite à la loi de 1881 rendant gratuite la fréquentation de l'école primaire publique, les enfants demeurant sur la rive gauche de la rivière (maintenant secteur GUECELARD) sont exonérés de ce droit de passage. Le passeur s'en remettait auprès du Maire de la liste nominative des enfants habitant secteur GUECELARD qui fréquentaient l'école et le catéchisme. On peut donc logiquement penser que cette décision dépendait de la seule volonté du Maire de FILLE.

Il fallait donc avoir recours au passeur pour traverser la Sarthe et le passeur ne passait que trois fois par jour et un peu plus selon les caprices des notables de FILLE.

REGLEMENT DU FONCTIONNEMENT DU PASSAGE D'EAU DE FILLE

Le Maire de FILLE-GUECELARD recevait en 1814 un courrier de mise au point émanant de l'Administration concernant le comportement du pontonnier lequel s'était permis un excès de zèle vis-à-vis des gendarmes en faction sur la commune de GUECELARD.

Aussi, l'Auditeur au Conseil d'Etat écrivait-il en ces termes au Maire de FILLE-GUECELARD "Il résulte, Monsieur, d'un rapport qui m'a été adressé par le Lieutenant de Gendarmerie de cet Arrondissement que le nommé P......., Pontonnier de votre commune se permet de tenir des propos injurieux contre les gendarmes qui y sont stationnés:
- qu'ils se refuse de les prendre gratuitement dans sa barque lorsque le service nécessite leur transport dans les communes qui se trouvent de l'autre côté de la rivière ;
- qu'enfin son insolence et ses mauvais procédés ont été plusieurs fois sur le point d'occasionner des rixes dans sa Barque.

Cette conduite du Pontonnier est extrèmement répréhensible et ne peut être tolérée.
Veuillez bien communiquer à ce particulier les plaintes portées contre lui, recevoir ses réponses et me les transmettre dans le plus bref délai possible afin que je puisse statuer en parfaite connaissance de cause.

J'ai l'honneur d'être avec une parfaite considération, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. 


IL APPARAISSAIT, EN EFFET, DANS LES DIVERSES PETITIONS ADRESSEES AUX ELUS DE FILLE PAR LES HABITANTS DU SECTEUR DE GUECELARD LORS DE LEUR DEMANDE DE SCISSION QU'IL ETAIT SOUVENT QUESTION D'UN GENDARME TOMBE A L'EAU NON ACCIDENTELLEMENT. MAIS SANS DOMMAGE ET SANS CONSEQUENCE RETORQUAIENT LES ELUS DE FILLE A CE FAIT DIVERS MENTIONNE PAR LES GUECELARDAIS POUR APPUYER LEUR DEMANDE.







Et  le Préfet, ensuite d'écrire en ces termes au Maire de FILLE GUECELARD




"Je vois, Monsieur, par le rapport de la Gendarmerie de GUECELARD au sujet de sa discussion avec le Sieur P......., fermier du bac que ce dernier s'est permis des injures grossières envers eux. Cette conduite est très répréhensible, soit que les gendarmes fussent ou non en activité de Service.

Je vous invite à mander P....... devant vous, et à lui faire, en présence des gendarmes une sévère réprimande en le prévenant, qu'à la première plainte contre lui, il sera traduit devant les Tribunaux.

J'ai l'honneur d'être avec une affectueuse considération, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur."

Le Préfet de la Sarthe Chevalier de la Légion d'Honneur à Mr le Maire de FILLE-GUEC.


L'intérêt d'un bac est bien sûr de permettre à toute personne se présentant au port de traverser la rivière d'une rive à l'autre (traversée des biens et des personnes).

Ainsi, au XVIII° siècle, un passager ou un usager arrivant de jour comme de nuit pouvait faire la demande au passeur afin de traverser la rivière (fusse-t-il gendarme en service ou non comme spécifié sur la missive précitée...).  

Mais, plus tard, l'Administration devint plus pointilleuse : la sécurité des personnes traversées étant son principale souci. Ainsi, le passeur devait refuser la traversée si les conditions climatiques ou de hauteur d'eau pouvaient mettre en danger la sécurité des usagers du bac.


De même, tout personne exigeant un passage immédiat devait acquitter un tarif majoré mais l'on cite le cas d'une personne qui aurait attendu plus d'une heure et qui pourrait donc passer au tarif normal.

TARIF DES DROITS A PERCEVOIR AU PASSAGE D'EAU DE FILLE ARRETE PAR LE GOUVERNEMENT LE 22 MESSIDOR AN XII, CI-DESSOUS :





Pour exécuter au mieux cette mission de passeurs d'eau, les "pontonniers" disposaient d'un matériel assez sophistiqué pour l'époque qu'ils devaient entretenir avec soin pour respecter les clauses du bail de même que les règles administratives relatives à la sécurité des passagers et de leurs biens.

S'ils ne nous est pas possible de savoir aujourd'hui si ces instructions furent suivies d'effet ; toutefois, un plan de 1816 relatif à la reconstruction du bac du passage de
FILLE ainsi que la description définie dans le cahier des charges donné au passeur par l'Administration des Ponts et Chaussées en 1837 et le procès-verbal d'estimation du matériel fourni au passeur nous donnent une idée précise du fonctionnement de ce passage au début du XIX° siècle juste avant la construction du pont sur la Sarthe.

En 1833, le bac de Fillé est affermé 600 F au profit de l'Etat.

PLAN ET COUPE D'UN BATEAU CONSTRUIT POUR LE PASSAGE D'EAU DE FILLE EN 1816 :




Le passeur disposait d'un grand bac très allongé, large et à fond plat qui mesurait 13,32 m de long sur 3,90 m de large pouvant accueillir 160 personnes. Il disposait également d'un bateau passe-cheval de 8 m de longueur sur 2,15 m de largeur pouvant accueillir vingt chevaux ou autres animaux et d'un batelet de 7 m de long sur 1,30 m de large pouvant contenir jusqu'à quinze passagers. En plus des bateaux, sur chaque rive se trouvaient deux pontons d'accostage de 2,50 m de longueur sur 3,15 m de largeur placés sur cales d'abordage.

Enfin, pour ce qui en est du câble :

celui-ci faisait 118 mètres de long et était maintenu par des pieux placés à intervalles réguliers, il était ainsi tendu de part et d'autre de la rivière en amont des pontons.

Ainsi chaque embarcation était-elle reliée au câble au moyen d'un cordage muni d'une poulie qui lui permettait de glisser sur le filin pour passer d'une rive à l'autre par un mouvement pendulaire.

Cet équipement substantiel est significatif de l'importance du trafic sur le passage d'eau de FILLE.


Informations puisées sur le document remis par Françoise COTTREL-BOTTREAU
exemplaire remis au Maire de FILLE - UNIVERSITE DU MAINE 1998/1999
Nouveautés au village.










26 Mar 2008
LA GUERRE DE 14 ET L'ENTRE-DEUX GUERRES - MESSIEURS BIZERAY et CHENON FURENT RESPECTIVEMENT MAIRES DE FILLE DE 1908 à 19l9 et de 1919 à 1929
La guerre de 14/18 fut le résultat de l'affrontement entre deux grandes alliances :
- l'empire austro-hongrois contre le royaume de Serbie activèrent d'autres alliances qui obligèrent d'autres nations européennes à s'engager dans la guerre.

Ce fut la triple Entente composée de la France, la Grande-Bretagne et la Russie contre la coalition des Empires centraux qui était composée principalement de l'Empire Allemand et de l'Autriche-Hongrie.

Puis, l'étincelle qui déclencha la guerre de 1914-1918 fut l'assassinat par un serbe de l'héritier du trône austro-hongrois, l'Archiduc François-Ferdinand et de son épouse à Sarajevo (Serbie), le 28 Juin 1914.

Le 14 Juillet 1914, en France, Jean Jaurès, homme politique s'illustre par son pacifisme : il est totalement opposé au déclenchement de cette guerre et il en appelle à la grêve générale mais le 31 Août 1914, il est lui-même assassiné au Café du Croissant à Paris par un étudiant nationaliste.

Rien désormais ne peut plus arrêter la guerre et les évènements ensuite s'accélèrent :

- le 1er Août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie et le 3 Août à la France
et à la Belgique et déjà, le 4 Août, l'armée allemande franchit la frontière belge.



Dans cette guerre"mondiale", 60 millions de soldats y ont pris part et 10 millions n'en reviendront pas. Près de 20 millions de soldats resteront à jamais infirmes.








La guerre de 1914-1918 a apporté son lot de souffrances sur notre petit village de FILLE puisque 21 jeunes filléens ne reviendront pas ; ceux dont les noms figurent sur le monument aux morts situé à l'entrée du cimetière. Beaucoup de soldats ont donné leur vie entre 1914 et 1918 pour la patrie en pleine conscience et avec générosité.





Un certain 11 Novembre 1989, lors de la commémoration de l'armistice de la Grande Guerre, un vieux Monsieur qui était ancien combattant de 40 m'avait conté de bien tristes souvenirs : non pas du jour V de la Victoire de 1918 mais ceux du jour de la déclaration de guerre. Il avait sept ans en août 1914. Au lendemain de la déclaration de guerre datée du 1er Août 1914, des ordres de mobilisation sont placardés sur tous les murs le dimanche 2 Août. Je regrette de n'avoir pas retranscris aussitôt "ses mémoires" aussi je vais me fier à la mienne de mémoire.

C'était donc le Dimanche 2 Août 1914, c'était jour de la distribution des Prix à l'école de Fillé et les enfants avaient mis leur "habit du dimanche" pour chanter avec Monsieur l'Instituteur. Puis en fin d'après-midi, un attroupement, puis deux, des gens se font l'écho de cette tragique nouvelle : c'est l'ordre de mobilisation générale et la fête est gâchée. Les familles accourrent autour du mur d'enceinte qui existait à l'époque autour de l'église où des affiches sont placardées sur le mur près de l'école privée. Une affiche d'ordre de mobilisation est bien apposée afin que chacun prenne la dimension de la triste nouvelle.

Les foins étaient coupés. Le lendemain de l'annonce de cet ordre de mobilisation, les aînés de ces jeunes enfants, ceux qui étaient en âge de partir troquèrent la fourche contre le lebel.
Quelques-uns de ceux qui sautèrent dans notre tortillart confiants en pensant que la guerre serait de courte durée et qu'ils allaient bientôt reprendre les travaux des champs ne savaient pas encore qu'ils auraient (pour vingt et un d'entre-eux, hélas ! rien que pour notre petit village de FILLE) leur nom gravé un jour sur un monument qui restait à construire.

Le mur de l'église à gauche sur lequel étaient apposées les affiches dont celle de la mobilisation.

A FILLE, les murs de la ferme du moulin - dont les bâtiments ont été rénovés en 2007 - ont gardé des marques dans la pierre de la guerre de 14/18. Deux soldats américains venus au secours des alliés à la fin de la guerre ont laissé sur le mur d'entrée de la grange la marque de leur passage en gravant leur nom près de la porte. Lors de la rénovation en 2007, le Maire a insisté auprès des architectes chargés des travaux pour que la pierre gravée de ces noms soit conservée et protègée.






photo collection particulière

Deux soldats américains venus en France en 1918 ont gravé leur nom dans la pierre de la grange du moulin. "JO LO... JOHN CLARCK NOV. 1918"
A la demande de G. CHOISNET, suite aux récents travaux de rénovation des bâtiments, en 2007, la pierre gravée de ces noms a été tout de même conservée.

ci-dessous : estampe de Edouardo Garcia BENITO publiée aux Editions GRASSET.




D'autres soldats sont revenus, gazés, comme ce Monsieur qui a vécu malgré sa condition physique précaire jusqu'à 94 ans et qui était venu habiter à la campagne à FILLE parce que le médecin conseillait à YVES d'arrêter toute activité. Il lui était demandé principalement un retour à la campagne suite à ses blessures datant de la première guerre mondiale au cours de laquelle il a perdu tous ses copains en une journée de juin 1918. Donc, YVES et JULIENNE ont dû partir de la capitale en 1938 pour Fillé où ils ont vécu 53 années heureux ensemble .
JULIENNE était âgée de 90 ans lorsqu' en 1992, le maire G. CHOISNET lui a annoncé la construction d'un groupe scolaire tout neuf à FILLE. Julienne en a pleuré de joie : une école toute neuve, elle n'en croyait pas ses oreilles car elle avait des idées très laiques.

La France sort victorieuse mais brisée. Le traité de Versailles en 1919 est un traité de paix signé entre l'Allemagne vaincue et les Alliés de la première guerre mondiale mais en raison des sanctions qu'il infligeait (dommages et réparations de guerre, occupation de la Ruhr, etc..) il contenait déjà les germes de la seconde guerre mondiale.









En 1932 s'ouvrait l'école privée dans le bâtiment situé à l'angle de la rue du Passeur  tenue par les soeurs d'Evron et mis à disposition à titre gracieux pour les utiliser à des fins scolaires.




dessin personnel


Le 11 Novembre 1923, FILLE inaugure son monument aux morts de la première guerre mondiale en présence d'une foule nombreuse.



photo collection particulière

Devant la Mairie, la Municipalité rend hommage par un "HONNEUR A NOS VAILLANTS POILUS" que l'on peut lire sur la banderole au fond.





photo collection particulière


FILLE le jour du 11 Novembre 1923


Une ouverture a été pratiquée dans le mur du cimetière pour y introduire le monument et cette ouverture a été masquée depuis par des grilles







LA FETE A FILLE MALGRE LES DEUILS
photos collection particulière

photo collection particulière


Fête de cavaliers à cheval en 1929 ci-dessus et ci-dessous.




Ci-dessous, photo parue dans le journal "LA ROUE TOURNE" en décembre 1989





Fillé village paisible avant la guerre
On remarquera d'emblée, la place devant l'église plantée d'arbres : pas de voitures ou si peu donc pas besoin de stationnement et à droite, on aperçoit une des fenêtres de l'ancien presbytère lui aussi disparu lors de l'incendie de 1944.


Fillé attire toujours autant d'amoureux de la nature et de la pêche. Une parisienne venue en villégiature à Fillé écrit à des amis "Bien arrivés par un temps superbe et aujourd'hui levés dès l'aurore, nous voici à Fillé et c'est bien agréable de revoir les coiffes brodées, les sapins et la bruyère..." En 1920, un autre passionné de pêche écrivait à son amie en vacances au Tréport : "Nous sommes à Fillé pour le moment, il y a beaucoup de monde et le temps passe rapidement...". Il semble qu'il y avait beaucoup de monde effectivement au regard de la photo prise au bord de la Sarthe entre l'église et le pont : tellement il y avait de pêcheurs en canotier en barques ou à pied, de femmes et d'enfants sur la photo bref que tout cela ressemble à un concours de pêche.

Et surtout on vante Fillé pour sa pêche, un vacancier recommande à un ami également passionné : "Si tu viens, apporte une épuisette, si tu en as une...... il ne faut pas d'autres appâts, ici on trouve des vers, tu verras tu feras du poisson gros et petit". Un manceau amoureux de nature et de pêche écrit en 1937 : "hier, je suis allé avec A... et quelques autres Messieurs à Fillé, un gentil coin, très reposant, très salubre, la rivière est très belle, un ami d'A... va nous préparer des endroits pour que nous fassions de belles prises, nous en avons pour 20 minutes pour nous rendre au pays qui est à environ 15 kms du Mans..."

Après la guerre, un parisien écrit en 1948 à son voisin de palier "je rentre à Paris et nous pourrons parler de nos vacances réciproques qui n'auront pas été immortalisées d'un magnifique soleil d'août habituel" (ma foi en 2008 soit soixante plus tard, il aurait pu écrire la même chose) mais il précise "la pêche bat quand même son plein...". Une autre vacancière de la capitale écrivait la même année (il y avait décidément beaucoup de parisiens qui venaient en villégiature à Fillé) : 'Sommes fidèles à notre bon vieux pays sarthois où nous sommes confortablement installés depuis un mois jusqu'au début septembre !"

Pendant la triste période de l'occupation une autre parisienne écrit à son fils en vacances en zone non occupée "Je ne m'ennuie pas à Fillé, on y est très bien et sans restriction".....




EXTRAIT D'UN ARTICLE PARU DANS UN JOURNAL LOCAL LE 16 AOUT 1939





"La coquette commune de FILLE est, on le sait, un lieu préféré de nombreux pêcheurs, des manceaux y ont leur maison de campagne, de nombreux parisiens y viennent y passer leurs vacances, ony voit aussi des campeurs et pendant les fêtes de la mi-août, c'est par dizaines que des voitures de promeneurs, sans compter les motos et les bicyclettes vinrent s'y arrêter quelques heures sous les frais ombrages des peupliers du canal.

Mais, il manque à FILLE quelque chose pour intéresser ceux qui ne pêchent pas, une PLAGE !!!

Il y a bien un banc de sable naturel près du barrage mais bien insuffisant.

Qui prendra l'initiative d'aménager une plage dans ce cadre charmant du moulin ?              L'aimable meunier, Monsieur COSNIER, approuverait certainement cette initiative venant de la Municipalité, aidée des accueillants commerçants de la localité.

Et pour l'installation d'un petit stade nautique, Monsieur BELLUAU, le sympathique président des Pingouins de l'Huisne du Mans, qui est aussi un habitant de FILLE, pourrait donner de précieux conseils !

FILLE verrait alors le nombre de ses visiteurs augmenter sensiblement pour le plus grand profit de tous.

L'idée est lancée, n'est-elle pas excellente ? et à l'instar de nombreuses autres communes sarthoises, FILLE se doit d'avoir une plage pour la saison estivale 1940."  B.M.





Peinture de Bernard LOCCA de pêcheurs à FILLE où l'on entrevoit les cabines de plage.










Source et illustrations :

illustration "un baiser au poilu" empruntée à la revue MAINE DECOUVERTES hors série n°
correspondances d'une collection privée.

peinture de Bernard LOCCA
extrait d'un article paru sur le bulletin communal de LA ROUE TOURNE de l'année 1985 et consacré à un reportage paru dans un journal local de la SARTHE le 16/8/1939.







30 Mar 2008