En 1804, Napoléon Bonaparte se fait sacrer empereur des français sous le nom de Napoléon 1er.
Début 1815, le Maire est Monsieur Héron en remplacement du citoyen Tanchot décédé et la commune de Fillé-Guécelard compte 907 habitants.
La duchesse d'Angoulême passe par Fillé-Guécelard pour descendre à Bordeaux où des festivités sont programmés mais Napoléon fera "capoter" son voyage puisqu'il en reprend pour cent jours de pouvoir mais, à nouveau, elle repasse à Fillé en Août 1823. La fille de Louis XVI, seule survivante de la révolution reçoit un hommage appuyé : des arcs de triomphe, des flonflons et des discours sont prononcés...

illustration sur livre d'histoire de la classe de 4° des Cours Complémentaires
septembre 1959 de E. Personne et P. Ménard des Editions Fernand Nathan.
Portrait de Marie-Thérèse Charlotte, Duchesse d'Angoulême, "l'Orpheline du Temple" (1778-1851) peinte par Antoine-Jean Gros.

Le 3 Janvier 1836, Monsieur TROUVE François est désigné maire de FILLE-GUECELARD en remplacement de Monsieur RAGUIDEAU
En 1841, Madame de Saint-Victor, héritière du Gros Chesnay, fait donation de la maison du port (cantine actuelle) à la Fabrique de la paroisse de Fillé. Elle décède en 1844 et le château ainsi que les terres du Gros Chesnay furent achetés par Joseph-Marie OUVRARD de LINIERES qui sera conseiller général de la Sarthe et Maire de FILLE GUECELARD (voir paragraphe ci-après *).

Afin d'améliorer la navigation, l'Etat acquiert à partir de 1841 et jusqu'en 1857 des terres entre Fillé et Roezé pour plus de 40000 F. Ces achats coupent des terres du moulin.
Le 14 Décembre 1846 eu lieu la décision administrative de la construction du canal de Fillé dont la fin des travaux se situe fin 1859, début 1860. En 1848 débutent les travaux et le cours de la Sarthe s'est donc trouvé profondément modifié dans notre secteur avec l'ouverture du canal long de 5 kilomètres reliant Fillé à l'écluse de Roezé.
L'entrée du canal se présente devant le moulin du XV° - devenu aujourd'hui MOULIN DE CYPRIEN - et les bâtiments de la ferme ont été sérieusement amputés d'une partie des pièces d'habitation pour creuser ce fameux canal. On distinguait très bien avant sa rénovation l'endroit où les pièces d'habitation avaient été sectionnées. Le canal de dérivation permet de supprimer les chutes de Fillé et de la Beunêche.
Quelques 100 mètres plus loin, un pont de pierre enjambe le canal pour permettre l'accès aux iles et au château de la Beunêche.
Avant guerre, le canal a amélioré la traction des péniches tirées par des chevaux.
Désormais, le sentier de halage n'est plus qu'un sentier pédestre très apprécié de promeneurs et sportifs. Suivant les saisons et les heures du jour, la lumière filtre à travers le feuillage et le cheminement du halage nous fait découvrir une nature si belle aux portes de la ville.
Illustration empruntée à l'ouvrage :
Les empereurs romains
En 1848, débutent les travaux du canal et l'on découvre en creusant près de la Sarthe une médaille romaine en bronze comportant l'effigie d'un empereur romain Lucius Aurelius Verus (130/169).
Dans le bulletin de la Société d'Agriculture des sciences et des Arts de la Sarthe de 1848, au chapitre des "MEDAILLES ROMAINES DECOUVERTES A DIFFERENTES EPOQUES DANS NOTRE DEPARTEMENT", Monsieur DESJOBERT, membre de cette Société, nous précise (page 252) qu'il s'agit donc d'une médaille romaine à l'effigie de LUCIUS VERUS, l'Auguste, l'Arméniaque, le Parthique, le Grand.... Il nous précise également que la tête de LUCIUS VERUS est laurée et que le revers de cette médaille nous transmet le souvenir de la conquête du pays des Parthes par LUCIUS VERUS sous la figure d'une femme à terre, attachée à un trophée avec comme légende : TR, POT, V. IMP, II CosII.
Dans le bulletin de la Société d'Agriculture des sciences et des Arts de la Sarthe de 1848, au chapitre des "MEDAILLES ROMAINES DECOUVERTES A DIFFERENTES EPOQUES DANS NOTRE DEPARTEMENT", Monsieur DESJOBERT, membre de cette Société, nous précise (page 252) qu'il s'agit donc d'une médaille romaine à l'effigie de LUCIUS VERUS, l'Auguste, l'Arméniaque, le Parthique, le Grand.... Il nous précise également que la tête de LUCIUS VERUS est laurée et que le revers de cette médaille nous transmet le souvenir de la conquête du pays des Parthes par LUCIUS VERUS sous la figure d'une femme à terre, attachée à un trophée avec comme légende : TR, POT, V. IMP, II CosII.
Monsieur DESJOBERT note que cette médaille est de bonne conservation et qu'elle appartient à Monsieur DE VAUGUYON, propriétaire à FILLE-GUECELARD où elle a été trouvée.
Etait-ce cette découverte qui allait alimenter jusqu'à nos jours la fameuse rumeur selon laquelle il existait un "trésor" dans le sol de la plaine située le long de la Sarthe près du site du moulin ? En tous les cas la présence supposée d'un "trésor" expliquait la réticence du dernier propriétaire à le vendre à la commune ; mais lors de 'aménagement du terrain début du nouveau millénaire en 2007 pour en faire l'actuelle plaine de Loisirs : point de découverte, point de médaille donc point de trésor !

image : NUMISMATIQUE EPOQUE ROMAINE
médaille de l'empereur LUCIUS AURELUS VERUS
Le mur qui délimitait le cimetière est démoli et il est aménagé une place plantée de tilleuls.

Le 15 Février 1848, dans un manifeste sentiment pédagogique, le Conseil Municipal présidé par Monsieur RAGOT décide d'acheter des poids et mesures pour mettre sous les yeux des enfants des écoles.
Le 10 Décembre 1848, le futur Napoléon III est le premier président de la République Française élu au suffrage universel masculin.
Monsieur de LINIERES, maire de Saint-Saturnin en 1807, officier de la Chambre du Roi décède après 47 ans de service en 1824 et laisse deux fils. L'aîné, Joseph Marie Ouvrard de LINIERES, né en 1790 au MANS, élève de l'Ecole Impériale militaire de Fontainebleau, fit les campagnes de l'empire et devient officier de la Garde Royale, Chevalier de la Légion d'Honneur, décoré de l'ordre du Lys et médaillé de Sainte-Hélène. Il a épousé en 1818 à SAINTE-CROIX-LES-LE-MANS, Emilie Garnier du Bourgneuf. Ils ont possédé la terre et le château du Gros Chesnay à FILLE-GUECELARD dont il fut le Maire en 1850, puis conseiller général de département(*) et il décéda en 1863.
(*) almanach impérial présenté à leurs majestés en 1859
En 1851 eut lieu la reconstruction du presbytère détruit définitivement en 1944 reconstruit ensuite au-delà de l'église plus près du pont de la Sarthe.
Par décision du 19 Décembre 1853, par arrêté municipal, Monsieur Ouvrard de LINIERES interdit la mendicité sur tout le territoire du village. Une plaque en fonte apposée encore jusqu'à la fin 2007 existait sur le mur de la Mairie, à l'angle de la rue du canal où il était stipulé : "COMMUNE DE FILLE-GUECELARD, la mendicité est interdite sur tout le territoire de la commune". Cette plaque a malheureusement disparu : volé par des énergumènes de notre société actuelle.
illustration sur livre d'histoire de classe de 4° des Cours Complémentaires - édition de septembre 1959 de E. Personne et P. Ménard des Editions Fernand Nathan.
Le 5 Décembre 1851 : révolte de la commune de la Suze contre le futur Napoléon III après Paris et Lyon. A Roezé un groupe d'insurrectionnels s'empare des fusils entreposés à la Maire et viennent se joindre aux "protestataires" de la Suze. Quelques personnes essaient de joindre les habitants des alentours mais à Fillé-Guécelard, la frousse des élus l'emporte sur la révolte .... dans la matinée du 7 Décembre 1851, 200
dragons accompagnant le préfet Migneret sillonnent les routes de La Suze et Roezé pour aller "mater" la révolte.

tableau de FERDINAND HEILBUTH

Moulin au XV° siècle
L'installation d'un moulin, surtout à eau, nécessite un investissement important que seule l'aristocratie est seule à supporter . C'est donc le seigneur qui édifie le bâtiment et qui en garde le monopole. En vertu du droit de ban, il oblige le paysan à l'utiliser et à lui donner en paiement une part du grain.
L'étendue du ressort de chaque moulin, la banlieue, est fixée à la distance qu'un âne chargé peut parcourir en une demi-journée.
Le prélèvement, appelé émoulument, effectué par le meunier sur le blé à moudre ou sur la farine, correspond en général à 1/24 de la farine de la mesure moulue. Un droit de mouture ou de moultage, peut être perçu par les ministériaux du seigneur mais bien souvent, les fermiers-meuniers conservent pour eux l'ensemble ou partie de la redevance versée.
D'après la fable de la Fontaine "Le Meunier, son fils et l'âne" tableau de l'artiste
Emile Louis Foubert exposé en 1906 au Salon des Artistes à Paris
Les pages des registres d'état-civil de la commune de Fillé sont émaillées de noms de meuniers (voir GENEANET) Nous avons relevé les noms des familles de meuniers qui ont résidé au moulin du bourg. Cependant, les archives révèlent la présence de deux autres grandes familles de meuniers demeurant à l'époque sur la commune, les GARREAU et les BONHOMMET.
Le 25 Avril 1756, Guillaume HOUDAYER quitte l'exploitation du moulin banal de Fillé. Le notaire de ROEZE, René BELLANGER, le qualifie de "meusnier fermier des grands moulins de fillé".(1)
Cette grande famille de meuniers se partagent les moulins de la seigneurie et ceux des seigneuries voisines. Ainsi, à la même période, le moulin de la Beunêche est occupé par Pierre HOUDAYER (2).
Guillaume est remplacé au moulin par Jean BROSSIER meunier et "fermier moderne".
Le 25 Avril 1762, Julien DUVEAU le remplace et loue à Louis François DANIEL DE BEAUVAIS lequel est le nouvel acquéreur du Gros Chesnay.
Le 1er Novembre 1767, Louis BIGOT succède au couple DUVEAU(3). Il s'engageait auprès de DANIEL DE BEAUVAIS, après s'être marié et apporte la preuve de son mariage, à remplacer Julien DUVEAU et à prendre en charge les travaux inhérents au moulin. Louis BIGOT prit l'engagement de fonder une famille et au terme de son bail, il quitte le moulin avec sa petite famille.
Le 25 Avril 1776, un nouveau meunier Michel MENON (4) s'installe et décède le 11 Février de l'année suivante. Le recensement général des revenus des contribuables de tous les domaines de la paroisse de Fillé précise la nature du bien que DANIEL DE BEAUVAIS loue à la veuve Menon :
"La maison des grands moulins dudit Fillé, plusieurs autres bâtiments en dépendant, dont l'un desquels sont les deux roues, trois moulages et autres ustensilles d'iceux, cour, jardins, terres labourables (...) contenant en tout onze journaux et demy et sis hommées de pré tant en bon fond qu'en fond médiocre"(5).
La veuve de Michel Menon, Anne Lejards, garde en location le moulin mais en confie le rendement à un garçon meunier, Gilles BROSSIER. Quand à elle, elle se charge de la gestion de la ferme.
Le 28 Octobre 1781, Gilles épouse Anne LOISON, fille d'un tisserand de GUECELARD et lui procure un statut de meunier à part entière puisqu'elle lui permet d'acquérir l'exploitation du moulin du Ronneau occupé auparavant par ses parents et sis sur la commune de Fillé.
Le 13 Mars 1783, René PORTIER est le nouveau meunier de Fillé.
Si la majorité des meuniers de Fillé savent lire et écrire et parmi eux, Julien DUVEAU, Louis BIGOT, les MENON, Gilles BROSSIER, René PORTIER fait exception. En revanche sa femme signe régulièrement les registres.
De tous les meuniers du XVIII° siècle, René PORTIER restera le plus longtemps au moulin du bourg. Rapidement, lui-même et sa femme prennent place dans la vie sociale filléenne. Françoise donne naissance à une petite-fille, en 1784, qui a pour parrain le boulanger, Jacques TANCHOT. L'enfant succombe cinq mois plus tard et est enterrée au cimetière de Fillé, le 15 Avril 1785.
René PORTIER est témoin au mariage de Joseph RENOUL, garçon meunier avec Marie HERISSON, veuve d'un vigneron. Le curé ACHARD précise dans l'acte de mariage que René, la première personne mentionnée avant les familles elles-mêmes, est l'ami du marié.
Les liens entre gens de la profession sont extrèmement serrés, il y a autant d'honneur et d'intérêt pour le journalier travaillant au moulin à avoir le meunier pour parrain de son fils, autant pour le meunier à avoir le boulanger pour parrain de son fils.
Acteur essentiel de la vie économique locale et protagoniste de la sociabilité villageoise, le meunier René PORTIER termine ce XVIII° siècle à la direction du moulin de Fillé. Les garçons meuniers et les journaliers se succèdent sous ses ordres et leur vie familiale ainsi que les grands moments de leur existence sont marqués par la présence de ce personnage public et celle de son aimable épouse.
N.B. Le Meunier, entre le Moyen-Age et la révolution devient un personnage important, aisé et jalousé. Il a droit au titre de Mâitre car bien qu'issu du peuple, il côtoie le seigneur et les notables.
Certains, s'élevant dans l'échelle sociale ont fonder de véritables dynasties. Des vignerons-meuniers en Anjou, notamment. Le duc de Brissac pense avoir pour ancêtre un meunier surnommé "Brise-sac", allusion à son habitude de briser les sacs de blé pour y prélever une part illicite du grain...
René est encore là à l'aube de l'empire. Agé de 67 ans, il marie la seconde fille de son premier mariage à un tailleur de pierre filléen, âgé de 44 ans, Mathieu GAULTIER. Au mariage assiste l'un des amis du marié, agé de 28 ans et demeurant à Fillé, il s'appelle : René PORTIER, sa profession : meunier...

Le 24 Juin 1816, le moulin est baillé au profit du meunier Benoit JULIEN pour 1432 Francs.
On l'a vu au précédent paragraphe que le moulin de Fillé avait été déclaré bien national à la révolution mais racheté le 26 Mars 1799 par Adélaide Victoire DANIEL DE BEAUVAIS, la fille de François DANIEL DE BEAUVAIS alors en fuite.
En 1813, il est effectué une réparation au pertuis (porte marinière) près du moulin
Le 19 Décembre 1852, à la mort d'Adélaide, le moulin est racheté par René LIVACHE qui s'y installe avec son épouse.
En 1852, le moulin est définitivement séparé du gros chesnay et devient propriété du meunier René LIVACHE tandis que les préparatifs des travaux du canal reliant FILLE à ROEZE s'activent car entre-temps, le meunier et les mariniers ne font pas bon ménage... (voir article sur le moulin de CYPRIEN)
En 1860, le moulin se voit adjoindre un moulin à trèfles.
En 1900, le moulin est racheté par Cyprien COSNIER, son fils GEORGES lui succèdera et ensuite son petit-fils Raoul qui deviendra le dernier meunier.
Le moulin laissé à l'abandon pendant près de vingt ans après le départ de Raoul sera, quatre cent trente annnées après sa construction, loué par la commune grâce à la persévérance de son maire G. CHOISNET puis propriété "intercommunale" dans les années 2000 car définitivement racheté par la CDC où il prendra le nom de "MOULIN DE CYPRIEN" du nom du grand-père du dernier meunier.

photo collection privée moulin de fillé
NAPOLEON III
Le 7 Novembre 1852, le sénatus-consulte rétablit le régime impérial approuvé par le peuple lors d'un plébiscite à une très large majorité.
Napoléon devient empereur des français sous le nom de NAPOLEON III.

illustration empruntée à : www://histoire-en-ligne.com/l'opéra garnier
Napoléon III et l'Impératrice Eugénie arrivant à l'Opéra
Le 14 Janvier 1858, Napoléon III et sa femme l'Impératrice Eugénie de Montijo échappent à un attentat perpétré par un révolutionnaire italien Félice Orsini qui lui reprochait d'entraver la réunification de son pays. Trois bombes sont jetées sur le cortège impérial arrivant à l'Opéra. Si les souverains sont indemnes, cinquante-six personnes sont blessées.
Orsini est arrêté, guillotiné le 13 Mars.
ADRESSE DU CONSEIL MUNICIPAL DE FILLE
GUECELARD EN DATE DU 17 JANVIER 1858 A SA MAJESTE L'EMPEREUR NAPOLEON
III EMPEREUR DES FRANCAIS A L'OCCASION DE L'ATTENTAT DU 14 JANVIER 1858

traduction du l°) paragraphe : "Sire, Madame,
Le Maire et les Conseillers Municipaux au nom de toute la commune
suspendent leur émotion profonde pour exprimer à vos Majestés
Impériales l'indignation qu'ils ont renssentie à l'annonce de
l'exécrable attentat qui a menacé vos existences précieuses à la France.
Ils rendent mille actions de grâce à Dieu tout-puissant qui a si
miraculeusement préservé vos Majestés mais en même temps, ils émettent
le voeu que des mesures énergiques soient prises à l'avenir pour
assurer la durée d'un règne qui leur a donné une paix glorieuse et qui a placé la France à un rang si élevé parmi toutes les nations..."
Cette adresse était signée de tous les membres du Conseil.

Voiture utilisée par Napoléon III lors de ses déplacements en chemin de fer français alors en plein essor
Les attentats contre l'Empereur se succèdent, donc .... le 6 Juin 1867 :
Réfugié à Paris en 1864, Antoni Bérézowski, fils d'un noble polonais, forme le projet d'assassiner le tsar de Russie Alexandre II pour libérer sa patrie.
Or, en 1867, Alexandre II arrive à Paris pour l'Exposition Universelle.
A Longchamp, le 6 Juin 1867 à 17 heures, Bérézowski tire sur le tsar qui revenait d'une inspection militaire et qui était accompagné de ses deux fils et de l'Empereur des français Napoléon III. Le pistolet explose lors du coup de feu mais la balle déviée blesse seulement le cheval d'un membre de la suite du tsar. A son procès, Bérézowski
déclare avoir voulu tirer sur le tsar dans le seul but de libérer sa patrie et il exprime des regrets d'avoir fait cela dans un pays ami, la France ; s' il échappe à la peine de mort, il est néanmoins déporté au bagne en Nouvelle Calédonie.
Or, en 1867, Alexandre II arrive à Paris pour l'Exposition Universelle.
A Longchamp, le 6 Juin 1867 à 17 heures, Bérézowski tire sur le tsar qui revenait d'une inspection militaire et qui était accompagné de ses deux fils et de l'Empereur des français Napoléon III. Le pistolet explose lors du coup de feu mais la balle déviée blesse seulement le cheval d'un membre de la suite du tsar. A son procès, Bérézowski
déclare avoir voulu tirer sur le tsar dans le seul but de libérer sa patrie et il exprime des regrets d'avoir fait cela dans un pays ami, la France ; s' il échappe à la peine de mort, il est néanmoins déporté au bagne en Nouvelle Calédonie.
Cet attentat a fait l'objet d'un tableau peint à l'huile sur toile par l'artiste Jean-Baptiste Carpeaux (1827 - 1875).
Le 12 Juin 1867, le Maire de FILLE-GUECELARD envoie une adresse
à sa Majesté l'Empereur des Français NAPOLEON III, en ces termes :
"Sire,
Le Conseil Municipal de FILLE-GUECELARD (Sarthe) s'empresse en son nom
et pour répondre aux voeux de tous les habitants de féliciter votre
Majesté et sa Majesté l'Empereur de Russie d'avoir échappé à l'attentat
odieux d'un fanatique......ils prient l'empereur d'accepter cette
manifestation comme gage d'un dévouement et comme gage de respecteuse
sympathie envers l'hôte de l'Empereur et de la France, sa Majesté
l'Empereur de Russie...".
Le Conseil Municipal de FILLE-GUECELARD envoie une adresse le 7 Aout 1859 à l'Empereur Napoléon III pour le féliciter des victoires remportées en Italie du Nord en Juin 1859. En effet l'armée française de NAPOLEON III alliée à l'armée sarde remporte les batailles de MAGENTA (livrée le 4 Juin 1859) et de SOLFERINO (24 Juin 1859). Il s'agit de victoires de la coalition franco-sarde contre l'empire autrichien car le conflit est né de la promesse faite par Napoléon III au roi Victor-Emmanuel II de l'aider à faire autour de lui l'unité en Italie en échange de la Savoie et de Nice.

Traduction du 1)° paragraphe : Le Conseil en ouvrant la Séance est unanime pour présenter à sa Majesté Napoléon III empereur des Français l'adresse suivante :
traduction de cette missive :
"Sire, le Conseil Municipal de la commune de Fillé-Guécelard partageant l'impression générale de la France et d'une grande partie de l'Europe donnée par les Victoires remportées en Italie, est unanime pour exprimer à l'Empereur Napoléon III, l'admiration qui s'attache à sa personne et au dévouement de l'armée qu'il a si habilement dirigée pendant la rapide et mémorable campagne qui vient de s'accomplir. Plus la valeur de nos soldats était grande, plus nous devons tenir compte à sa Majesté de son magnanime empressement de faire la paix et d'avoir ainsi renoncé à cueillir de nouveaux lauriers quand il n'avait qu'à combattre pour les obtenir, etc..."
La bataille de SOLFERINO en LOMBARDIE a fait l'objet d'un tableau à l'huile sur toile par Jean-Louis-Ernest MEISSONIER en 1863 et celle de MAGENTA d'un tableau d'Adolphe YVON.
Napoléon III empereur des français

La défaite de la guerre franco-prussienne va sceller la chute de l'empire français et Napoléon III meurt le 14 Janvier 1873. Il aura été à la fois le 1er président de la République Française et le dernier monarque.
Monsieur Ernest-Marie Joseph de LINIERES, premier Maire de FILLE-GUECELARD est décédé au Château du Gros Chesnay en 1870 laissant trois enfants.
Le 31 Octobre 1872, Monsieur GIRAULT, curé de Fillé se noie, son corps n'est retrouvé que le 2 Décembre.

photo MAMIE72.CENTER-BLOG.NET
Dom GUERANGER (1) a trouvé sur la commune de FILLE-GUECELARD, une plante rare LA PELORIE ANECTARIE DE LA LINAIRE qu'il envoya au muséum. L'aspect de cette plante rappelle celles des primevères et Dom GUERANGER reconnut en cette fleur la Pélorie telle qu'elle avait été décrite par LINNE (2) c'est-à-dire une fleur de couleur orangé. Dom GUERANGER a donné quelques détails sur cette fleur en 1857 dans une note intitulée : "Indication de quelques plantes nouvelles pour la flore de la Sarthe et de quelques localités inédites (extrait de la Revue Horticole de 1862 - pages 188).
Dans le bulletin de la Société d'Agriculture, des Sciences et des Arts dans le département de la Sarthe de 1849/1849 (tome : huitième), M. DIARD, membre, porte des reflexions sur l'état de la science de la Botanique sur notre région et note qu'il a trouvé cette pélorie donc à FILLE-GUECELARD et qu'elle est non seulement nouvelle pour la flore de la Sarthe mais qu'elle ne se trouve pas comprise dans les flores françaises.
(1) Dom Prosper GUERANGER premier abbé de Solesmes (1805 - 1875)
(2) LINNE naturaliste suédois il fit une nomenclature de plantes avec description de plusieurs milliers d'espèces (1707 - 1778).

Photo LEDIABLOTINDELYNE.CENTER-BLOG.NET
Sources et informations :
* sur la tentative d'attentat commis à Paris contre la personne de Napoléon III par l'anarchiste italien Orsini :
www://histoire-en-ligne.com/l'opéra Garnier.
* sur la campagne de napoléon III en Italie :
www://fr.wikipédia.org/wiki/second-empire
* sur les adresses transmises à l'Empereur Napoléon III par la Municipalité de FILLE-GUECELARD et autres informations :
archives de la Mairie de FILLE
archives départementales de la Sarthe
sur la pélorie anectarie de la linaire :
bulletin de la Société d'Agriculture des sciences et des Arts de la Sarthe de 1848/1849
(huitième tome) Imprimerie de Monnoyer, place des Jacobins LE MANS.
sur la médaille romaine retrouvée lors du creusement du canal de Fillé :
bulletin de la Société d'Agriculture, des Arts et des Sciences de la Sarthe daté de 1848 au chapitre des médailles romaines découvertes à différentes époques dans le département.
revue des Moulins de La Sarthe année 2001 extrait du très beau texte de V. AUBRY et nous le remercions ici pour ses recherches au départ de l'Association sur les meuniers du moulin du bourg.
1) archives départementales de la sarthe 4EXVI 165
2) archives départementales de la sarthe 4EXVI 169
3) archives départementales de la sarthe 4EXVI 170
4) archives départementales de la sarthe 4EXVI 174
5) archives communes de FILLE
extrait du chapitre concerné dans l'ouvrage "LES METIERS D'AUTREFOIS" de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Dejean. Archives et Culture.
29 Mar 2008