
photo collection particulière
En ce tout début d'année 1995, les prévisions METEO ne sont pas rassurantes et principalement dans l'OUEST de la FRANCE. FILLE SUR SARTHE n'était pas en reste : elle était en état d'alerte permanente. Mardi 17 Janvier, en fin d'après-midi, la gendarmerie prévient individuellement tous les riverains d'une montée des eaux de 30 cm dans les heures à venir.
Dès le dimanche 22 Janvier 1995, en soirée, aussitôt prévenue par la Préfecture de la Sarthe, la Mairie de FILLE lance les premières mises en garde. Après avoir observé les berges, le Maire et ses adjoints rendent visite, immédiatement, aux habitants les plus touchés, notamment dans les îles où sont implantés une exploitation agricole et une vingtaine d'habitations.
Gérard CHOISNET avertit les riverains des deux routes qui accèdaient au secteur que celles-ci risquaient d'être coupées. Très sceptiques tout d'abord, les riverains ont dû se résoudre à évacuer leur propriété bien que celles-ci,dans un délai immédiat, ne semblaient pas menacée.

l'eau monte autour du moulin de Fillé...photos collection particulière.
Lundi soir 23 Janvier 1995 : La situation est inquiétante et le Maire appelle l'un de ses employés qui était occupé à répéter dans la chorale du village à venir instamment le rejoindre. En effet l'eau continuait de monter et le lieutenant M....... ainsi que son caporal-chef C........, du service d'incendie du Mans, dépêchés sur place pour organiser les secours, ne se montraient pas très optimistes.

et bien sûr autour des bâtiments de la ferme !
Dans le bourg, les riverains depuis la veille au soir, prévenus également par la Municipalité s'organisent. Sans affoler la population, tout a été mis en oeuvre. Le personnel communal aidés de volontaires a paré au plus urgent. puis rapidement, la solidarité fonctionne : voisins, amis, famille, tous apportent de l'aide. Les meubles sont montés sur tréteaux ou sur parpaings. Par mesure de prévention pour les uns, pour sauver leurs biens déjà les pieds dans l'eau pour les autres, des pompes ont été mises en action.
Le Maire met en place alors une cellule de crise qui fonctionnera JOUR et NUIT pendant les NEUF JOURS que dureront ces inondations exceptionnelles, neuf jours pendant lesquels, personnel communal et élus seront mobilisés.
Le Maire et l'un de ses adjoints ont passé d'ailleurs quelques nuits blanches à la Mairie dont l'une pendant laquelle les pompiers ont été appelés sur la commune voisine de GUECELARD pour évacuer, en urgence, pendant la nuit, des habitants d'un lotissement situé le long du Rhonne devant une rapide montée des eaux. Ces nuits de veille ont été particulièrement extènuantes pour les élus et le personnel.
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Journées exténuantes aussi pour les pompiers qui étaient mobilisés nuit et jour mais aussi pour les habitants concernés par la montée des eaux.
On met à disposition des riverains des îles évacués, des bateaux pilotés par les pompiers. Pour se rendre dans leurs habitations, il faut donc désormais emprunter ces embarcations.
Ainsi, le dimanche 29 Janvier 1995, 10h30, les "passagers" pour les îles attendent sur le "quai" avec des victuailles plein les sacs pour se rendre chez eux : en face de la MTL, un mini-port a été installé : "EMBARQUEMENT POUR LES ILES".
Si la situation n'était pas préoccupante, cela prêterait à sourire.
Le Maire est là, l'ambiance n'est pas à l'hilarité mais plutôt" bon enfant". Il faut bien faire contre mauvaise fortune bon coeur. Il règne un tel réel esprit de solidarité et sur l'embarcation des pompiers, entre les "sinistrés", l'ambiance est conviviale. Il faut dire que la plupart des maisons ne sont pas inondées mais c'est l'accès à celles-ci qui est impraticable, sinon par bateau.
Le voyage durera une dizaine de minutes entre la rue du stade et les îles. Une passagère a vu, lors de la montée des eaux, une taupe traverser la route et cela prête à sourire ! Cela dit, même si l'on ne rit pas aux éclats, même si ce n'est pas l'euphorie, on en gardera certains souvenirs !
L'après-midi de ce dernier dimanche de Janvier, il ne pleut plus et le ciel libère un soleil timide qui se reflète sur cette vaste étendue d'eau recouvrant les îles et là, il y a la foule des grands jours (autant de promeneurs que certains dimanches de ce dernier été pour la visite du site du moulin). Des gens viennent avec des appareils photo, des camescopes et ils mitraillent, prennent des clichés étonnés de découvrir le nouveau visage de Fillé sous les eaux. Des caravanes qui stationnaient dans la prairie près du moulin sont parties dans le courant retenues seulement par un fil de fer barbelé qui longe le chemin de halage. Le spectacle est surprenant.

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Les caravanes qui étaient situées près du Moulin sur le site de la future guinguette s'en vont dans le courant....
Puis, ouf, c'est la décrue et au bout de ces neuf jours de crise, l'heure est au bilan. Fillé aura donc été plutôt épargnée, hormis six habitations sérieusement touchées.
Force est de constater qu'il ne reste en Mairie aucune trace dans les archives communales des inondations de 1910 et 1930. Cette fois-çi, il a été établi par le Maire et la secrétaire de mairie un dossier avec toutes les données collectées (hauteur de côte, habitations touchées et mesures à prendre, etc...).
Un bilan qui n'a rien d'exceptionnel : les maisons inondées en bordure du chemin de halage sont peut être la conséquence de la construction du canal entre 1858 et 1860 et vraisemblablement de la déclivité du terrain à l'endroit de l'ancien passage du passeur.
Bien que de nombreuses maisons ont été construites en bordure de la Sarthe ou du chemin de halage, celles-ci l'ont été, pour la plupart, à la fin du XVII, du XIX° ou bien dans la première partie du dernier siècle et à cette époque, comme l'a constaté G. Choisnet, les habitants n'avaient pas besoin d'un P.O.S. pour prévoir.
La décrue, c'est d'une certaine manière le moment le plus difficile à vivre dans l'épreuve que viennent de subir les personnes dont les maisons ont été inondées. Ce ne fut pas le cas à FILLE mais dans les communes voisines : les meubles à jamais marqués, leir conteu détérioré, le linge perdu, les photos, les souvenirs irremplaçables détruits, etc... c'est une partie de la mémoire qui s'en est allée.
En effet, quand l'eau monte, on est pris par l'action : on a l'esprit occupé au sauvetage, à la protection des biens. Mais après, quand on revient sur les lieux, l'ampleur des dégâts sape le moral : c'est la boue nauséabonde qui s'est infiltrée partout.
Il faut avoir les nerfs solides pour faire face. C'est le cas heureusement pour la plupart mais il plane sur tout cela une tristesse quelque peu désabusée qui ébranle des certitudes. Il faut être être à l'écoute de chacun car après le désastre, les sinistrés éprouvent le besoin de parler.
LA MTL FACE AUX INONDATIONS EN JANVIER 1995.

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Bien sûr, le Maire a tenu à remercier tous les bénévoles qui se sont spontanément mis à la disposition de la commune dès le premier jour ainsi que le personnel communal. Tout le monde a été sur le pied de guerre pendant neuf longs jours et l'on s'en souviendra !.
CI-DESSOUS : CELLULE DE CRISE A LA MAIRIE DANS LE COEUR DE L'EPREUVE LA SOLIDARITE A ETE ACTIVE.
28 Oct 2008