Annonce

29 Mar 2008 







En 1804, Napoléon Bonaparte se fait sacrer empereur des français sous le nom de Napoléon 1er.





Début 1815, le Maire est Monsieur Héron en remplacement du citoyen Tanchot décédé et la commune de Fillé-Guécelard compte 907 habitants.



La duchesse d'Angoulême passe par Fillé-Guécelard pour descendre à Bordeaux où des festivités sont programmés mais Napoléon fera "capoter" son voyage puisqu'il en reprend pour cent jours de pouvoir mais, à nouveau, elle repasse à Fillé en Août 1823. La fille de Louis XVI, seule survivante de la révolution reçoit un hommage appuyé : des arcs de triomphe, des flonflons et des discours sont prononcés...







illustration sur livre d'histoire de la classe de 4° des Cours Complémentaires

septembre 1959
de E. Personne et P. Ménard des Editions Fernand Nathan.


Portrait de Marie-Thérèse Charlotte, Duchesse d'Angoulême, "l'Orpheline du Temple" (1778-1851) peinte par Antoine-Jean Gros.









Le 3 Janvier 1836, Monsieur TROUVE François est désigné maire de FILLE-GUECELARD en remplacement de Monsieur RAGUIDEAU

En 1841, Madame de Saint-Victor, héritière du Gros Chesnay,  fait donation de la maison du port (cantine actuelle) à la Fabrique de la paroisse de Fillé. Elle décède en 1844 et le château ainsi que les terres du Gros Chesnay furent achetés par Joseph-Marie OUVRARD de LINIERES qui sera conseiller général de la Sarthe et Maire de FILLE GUECELARD (voir paragraphe ci-après *).


Le 2 Février 1843, Monsieur RAGOT est nommé nouveau maire de la commune et l'automne suivant voit aborder la rémunération du garde champêtre.















Afin d'améliorer la navigation, l'Etat acquiert à partir de 1841 et jusqu'en 1857 des terres entre Fillé et Roezé pour plus de 40000 F. Ces achats coupent des terres du moulin.

Le 14 Décembre 1846 eu lieu la décision administrative de la construction du canal de Fillé dont la fin des travaux se situe fin 1859, début 1860. En 1848 débutent les travaux et le cours de la Sarthe s'est donc trouvé profondément modifié dans notre secteur avec l'ouverture du canal long de 5 kilomètres reliant Fillé à l'écluse de Roezé.

L'entrée du canal se présente devant le moulin du XV° - devenu aujourd'hui MOULIN DE CYPRIEN - et les bâtiments de la ferme ont été sérieusement amputés d'une partie des pièces d'habitation pour creuser ce fameux canal. On distinguait très bien avant sa rénovation l'endroit où les pièces d'habitation avaient été sectionnées. Le canal de dérivation permet de supprimer les chutes de Fillé et de la Beunêche.

Quelques 100 mètres plus loin, un pont de pierre enjambe le canal pour permettre l'accès aux iles et au château de la Beunêche.

Avant guerre, le canal a amélioré la traction des péniches tirées par des chevaux.

Désormais, le sentier de halage n'est plus qu'un sentier pédestre très apprécié de promeneurs et sportifs. Suivant les saisons et les heures du jour, la lumière filtre à travers le feuillage et le cheminement du halage nous fait découvrir une nature si belle aux portes de la ville.







Illustration empruntée à l'ouvrage :


Les empereurs romains



En 1848, débutent les travaux du canal et l'on découvre en creusant près de la Sarthe une médaille romaine en bronze comportant l'effigie d'un empereur romain Lucius Aurelius Verus (130/169)

Dans le bulletin de la Société d'Agriculture des sciences et des Arts de la Sarthe de 1848, au chapitre des "MEDAILLES ROMAINES DECOUVERTES A DIFFERENTES EPOQUES DANS NOTRE DEPARTEMENT", Monsieur DESJOBERT, membre de cette Société, nous précise (page 252) qu'il s'agit donc d'une médaille romaine à l'effigie de LUCIUS VERUS, l'Auguste, l'Arméniaque, le Parthique, le Grand.... Il nous précise également que la tête de LUCIUS VERUS est laurée et que le revers de cette médaille nous transmet le souvenir de la conquête du pays des Parthes par LUCIUS VERUS sous la figure d'une femme à terre, attachée à un trophée avec comme légende : TR, POT, V. IMP, II CosII.

Monsieur DESJOBERT note que cette médaille est de bonne conservation et qu'elle appartient à Monsieur DE VAUGUYON, propriétaire à FILLE-GUECELARD où elle a été trouvée.

Etait-ce cette découverte qui allait alimenter  jusqu'à nos jours la fameuse rumeur selon laquelle il existait un "trésor" dans le sol de la plaine située le long de la Sarthe près du site du moulin ? En tous les cas la présence supposée d'un "trésor" expliquait  la réticence du dernier propriétaire à le vendre à la commune ; mais lors de 'aménagement du terrain début du nouveau millénaire en 2007 pour en faire l'actuelle plaine de Loisirs : point de découverte, point de médaille donc point de trésor !     




image : NUMISMATIQUE EPOQUE ROMAINE

médaille de l'empereur LUCIUS AURELUS VERUS





Le mur qui délimitait le cimetière est démoli et il est aménagé une place plantée de tilleuls.





Le 15 Février 1848, dans un manifeste sentiment pédagogique, le Conseil Municipal présidé par Monsieur RAGOT décide d'acheter des poids et mesures pour mettre sous les yeux des enfants des écoles.


Le 10 Décembre 1848, le futur Napoléon III est le premier président de la République Française élu au suffrage universel masculin.

Monsieur de LINIERES, maire de Saint-Saturnin en 1807, officier de la Chambre du Roi décède après 47 ans de service en 1824 et laisse deux fils. L'aîné, Joseph Marie Ouvrard de LINIERES, né en 1790 au MANS, élève de l'Ecole Impériale militaire de Fontainebleau, fit les campagnes de l'empire et devient officier de la Garde Royale, Chevalier de la Légion d'Honneur, décoré de l'ordre du Lys et médaillé de Sainte-Hélène. Il a épousé en 1818 à SAINTE-CROIX-LES-LE-MANS, Emilie Garnier du Bourgneuf. Ils ont possédé la terre et le château du Gros Chesnay à FILLE-GUECELARD dont il fut le Maire en 1850, puis conseiller général de département(*) et il décéda en 1863.

(*) almanach impérial présenté à leurs majestés en 1859

En 1851 eut lieu la reconstruction du presbytère détruit définitivement en 1944 reconstruit ensuite au-delà de l'église plus près du pont de la Sarthe.


Par décision du 19 Décembre 1853, par arrêté municipal, Monsieur Ouvrard de LINIERES interdit la mendicité sur tout le territoire du village. Une plaque en fonte apposée encore jusqu'à la fin 2007 existait sur le mur de la Mairie, à l'angle de la rue du canal où il était stipulé : "COMMUNE DE FILLE-GUECELARD, la mendicité est interdite sur tout le territoire de la commune". Cette plaque a malheureusement disparu : volé par des énergumènes de notre société actuelle.












illustration sur livre d'histoire de classe de 4° des Cours Complémentaires - édition de septembre 1959 de E. Personne et P. Ménard des Editions Fernand Nathan.

Le 5 Décembre 1851 : révolte de la commune de la Suze contre le futur Napoléon III après Paris et Lyon. A Roezé un groupe d'insurrectionnels s'empare des fusils entreposés à la Maire et viennent se joindre aux "protestataires" de la Suze. Quelques personnes essaient de joindre les habitants des alentours mais à Fillé-Guécelard, la frousse des élus l'emporte sur la révolte .... dans la matinée du 7 Décembre 1851, 200


dragons accompagnant le préfet Migneret sillonnent les routes de La Suze et Roezé pour aller "mater" la révolte.






tableau de FERDINAND HEILBUTH







Moulin au XV° siècle

Les premiers moulins à eau se multiplient à l'époque carolingienne, précédant les moulins à vent dont l'usage ne se généralisent qu'à partir du XII°siècle.

L'installation d'un moulin, surtout à eau, nécessite un investissement important que seule l'aristocratie est seule à supporter . C'est donc le seigneur qui édifie le bâtiment et qui en garde le monopole. En vertu du droit de ban, il oblige le paysan à l'utiliser et à lui donner en paiement une part du grain.

L'étendue du ressort de chaque moulin, la banlieue, est fixée à la distance qu'un âne chargé peut parcourir en une demi-journée.

Le prélèvement, appelé émoulument, effectué par le meunier sur le blé à moudre ou sur la farine, correspond en général à 1/24 de la farine de la mesure moulue. Un droit de mouture ou de moultage, peut être perçu par les ministériaux du seigneur mais bien souvent, les fermiers-meuniers conservent pour eux l'ensemble ou partie de la redevance versée.



D'après la fable de la Fontaine "Le Meunier, son fils et l'âne" tableau de l'artiste
Emile Louis Foubert exposé en 1906 au Salon des Artistes à Paris
 
Les pages des registres d'état-civil de la commune de Fillé sont émaillées de noms de meuniers (voir GENEANET) Nous avons relevé les noms des familles de meuniers qui ont résidé au moulin du bourg. Cependant, les archives révèlent la présence de deux autres grandes familles de meuniers demeurant à l'époque sur la commune, les GARREAU et les BONHOMMET.

Le 25 Avril 1756, Guillaume HOUDAYER quitte l'exploitation du moulin banal de Fillé. Le
notaire de ROEZE, René BELLANGER, le qualifie de "meusnier fermier des grands moulins de fillé".(1)

Cette grande famille
de meuniers se partagent les moulins de la seigneurie et ceux des seigneuries voisines. Ainsi, à la même période, le moulin de la Beunêche est occupé par Pierre HOUDAYER (2).

Guillaume est remplacé au moulin par Jean BROSSIER meunier et "fermier moderne".

Le 25 Avril 1762, Julien DUVEAU le remplace et loue à Louis François DANIEL DE BEAUVAIS lequel est le nouvel acquéreur du Gros Chesnay.

Le 1er Novembre 1767, Louis BIGOT succède au couple DUVEAU(3). Il s'engageait auprès de DANIEL DE BEAUVAIS, après s'être marié et apporte la preuve de son mariage, à remplacer Julien DUVEAU et à prendre en charge les travaux inhérents au moulin. Louis BIGOT prit l'engagement de fonder une famille et au terme de son bail, il quitte le moulin avec sa petite famille.

Le 25 Avril 1776, un nouveau meunier Michel MENON (4) s'installe et décède le 11 Février de l'année suivante. Le recensement général des revenus des contribuables de tous les domaines de la paroisse de Fillé précise la nature du bien que DANIEL DE BEAUVAIS loue à la veuve Menon :

"La maison des grands moulins dudit Fillé, plusieurs autres bâtiments en dépendant, dont l'un desquels sont les deux roues, trois moulages et autres ustensilles d'iceux, cour, jardins, terres labourables (...) contenant en tout onze journaux et demy et sis hommées de pré tant en bon fond qu'en fond médiocre"(5).

La veuve d
e Michel Menon, Anne Lejards, garde en location le moulin mais en confie le rendement à un garçon meunier, Gilles BROSSIER. Quand à elle, elle se charge de la gestion de la ferme.

Le 28 Octobre 1781, Gilles épouse Anne LOISON, fille d'un tisserand de GUECELARD et lui procure un statut de meunier à part entière puisqu'elle lui permet d'acquérir l'exploitation du moulin du Ronneau occupé auparavant par ses parents et sis sur la commune de Fillé.

Le 13 Mars 1783, René PORTIER est le nouveau meunier de Fillé.

Si la majorité des meuniers de Fillé savent lire et écrire et parmi eux, Julien DUVEAU, Louis BIGOT, les MENON, Gilles BROSSIER, René PORTIER fait exception. En revanche sa femme signe régulièrement les registres.

De tous les meuniers du XVIII° siècle, René PORTIER restera le plus longtemps au moulin du bourg. Rapidement, lui-même et sa femme prennent place dans la vie sociale filléenne. Françoise  donne naissance à une petite-fille, en 1784, qui a pour parrain le boulanger, Jacques TANCHOT. L'enfant succombe cinq mois plus tard et est enterrée au cimetière de Fillé, le 15 Avril 1785.

René PORTIER est témoin au mariage de Joseph RENOUL, garçon meunier avec Marie HERISSON, veuve d'un vigneron. Le curé ACHARD précise dans l'acte de mariage que René, la première personne mentionnée avant les familles elles-mêmes, est l'ami du marié.

Les liens entre gens de la profession sont extrèmement serrés, il y a autant d'honneur et d'intérêt pour le journalier travaillant au moulin à avoir le meunier pour parrain de son fils, autant pour le meunier à avoir le boulanger pour parrain de son fils.

Acteur essentiel de la vie économique locale et protagoniste de la sociabilité villageoise, le meunier René PORTIER termine ce XVIII° siècle à la direction du moulin de Fillé. Les garçons meuniers et les journaliers se succèdent sous ses ordres et leur vie familiale ainsi que les grands moments de leur existence sont marqués par la présence de ce personnage public et celle de son aimable épouse.

N.B. Le Meunier, entre le Moyen-Age et la révolution devient un personnage important, aisé et jalousé. Il a droit au titre de Mâitre car bien qu'issu du peuple, il côtoie le seigneur et les notables.

Certains, s'élevant dans l'échelle sociale ont fonder de véritables dynasties. Des vignerons-meuniers en Anjou, notamment. Le duc de Brissac pense avoir pour ancêtre un meunier surnommé "Brise-sac", allusion à son habitude de briser les sacs de blé pour y prélever une part illicite du grain...

René est encore là à l'aube de l'empire. Agé de 67 ans, il marie la seconde fille de son premier mariage à un tailleur de pierre filléen, âgé de 44 ans, Mathieu GAULTIER. Au mariage assiste l'un des amis du marié, agé de 28 ans et demeurant à Fillé, il s'appelle : René PORTIER, sa profession : meunier...  








Le 24 Juin 1816, le moulin est baillé au profit du meunier
Benoit JULIEN pour 1432 Francs.

On l'a vu au précédent paragraphe que le moulin de Fillé avait été déclaré bien national à la révolution mais racheté le 26 Mars 1799 par Adélaide Victoire DANIEL DE BEAUVAIS, la fille de François DANIEL DE BEAUVAIS alors en fuite.

En 1813, il est effectué une réparation au pertuis (porte marinière) près du moulin

Le 19 Décembre 1852, à la mort d'Adélaide, le moulin est racheté par René LIVACHE qui s'y installe avec son épouse.

En 1852, le moulin est définitivement séparé du gros chesnay et devient propriété du meunier René LIVACHE tandis que les préparatifs des travaux du canal reliant FILLE à ROEZE s'activent car entre-temps, le meunier et les mariniers ne font pas bon ménage... (voir article sur le moulin de CYPRIEN)

En 1860, le moulin se voit adjoindre un moulin à trèfles.

En 1900, le moulin est racheté par Cyprien COSNIER, son fils GEORGES  lui succèdera et ensuite son petit-fils Raoul qui deviendra le dernier meunier.

Le moulin laissé à l'abandon pendant près de vingt ans après le départ de Raoul sera, quatre
cent trente annnées après sa construction, loué par la commune grâce à la persévérance de son maire G. CHOISNET puis propriété "intercommunale" dans les années 2000 car définitivement racheté par la CDC où il prendra le nom de "MOULIN DE CYPRIEN" du nom du grand-père du dernier meunier.




photo collection privée moulin de fillé









NAPOLEON III







Le 7 Novembre 1852, le sénatus-consulte rétablit le régime impérial approuvé par le peuple lors d'un plébiscite à une très large majorité.


Napoléon devient empereur des français sous le nom de NAPOLEON III.












illustration empruntée à : www://histoire-en-ligne.com/l'opéra garnier

Napoléon III et l'Impératrice Eugénie arrivant à l'Opéra






Le 14 Janvier 1858, Napoléon III et sa femme l'Impératrice Eugénie de Montijo échappent à un attentat perpétré par un révolutionnaire italien Félice Orsini qui lui reprochait d'entraver la réunification de son pays. Trois bombes sont jetées sur le cortège impérial arrivant à l'Opéra. Si les souverains sont indemnes, cinquante-six personnes sont blessées.



Orsini est arrêté, guillotiné le 13 Mars.







ADRESSE DU CONSEIL MUNICIPAL DE FILLE



GUECELARD EN DATE DU 17 JANVIER 1858 A SA MAJESTE L'EMPEREUR NAPOLEON

III EMPEREUR DES FRANCAIS A L'OCCASION DE L'ATTENTAT DU 14 JANVIER 1858














traduction du l°) paragraphe : "Sire, Madame,

Le Maire et les Conseillers Municipaux au nom de toute la commune
suspendent leur émotion profonde pour exprimer à vos Majestés
Impériales l'indignation qu'ils ont renssentie à l'annonce de
l'exécrable attentat qui a menacé vos existences précieuses à la France.
Ils rendent mille actions de grâce à Dieu tout-puissant qui a si
miraculeusement préservé vos Majestés mais en même temps, ils émettent
le voeu que des mesures énergiques soient prises à l'avenir pour
assurer la durée d'un règne qui leur a donné une
paix glorieuse et qui a placé la France à un rang si élevé parmi toutes les nations..."

Cette adresse était signée de tous les membres du Conseil.







Voiture utilisée par Napoléon III lors de ses déplacements en chemin de fer français alors en plein essor


Les attentats contre l'Empereur se succèdent, donc .... le 6 Juin 1867 :

Réfugié à Paris en 1864, Antoni Bérézowski, fils d'un noble polonais, forme le projet d'assassiner le tsar de Russie Alexandre II pour libérer sa patrie.
Or, en 1867, Alexandre II arrive à Paris pour l'Exposition Universelle.

A Longchamp, le 6 Juin 1867 à 17 heures, Bérézowski tire sur le tsar qui revenait d'une inspection militaire et qui était accompagné de ses deux fils et de l'Empereur des français Napoléon III. Le pistolet explose lors du coup de feu mais la balle déviée blesse seulement le cheval d'un membre de la suite du tsar. A son procès, Bérézowski


déclare avoir voulu tirer sur le tsar dans le seul but de libérer sa patrie et il exprime des regrets d'avoir fait cela dans un pays ami, la France ; s' il échappe à la peine de mort, il est néanmoins déporté au bagne en Nouvelle Calédonie.


Cet attentat a fait l'objet d'un tableau peint à l'huile sur toile par l'artiste Jean-Baptiste Carpeaux (1827 - 1875).



Le 12 Juin 1867, le Maire de FILLE-GUECELARD envoie une adresse


à sa Majesté l'Empereur des Français NAPOLEON III, en ces termes :



"Sire,


Le Conseil Municipal de FILLE-GUECELARD (Sarthe) s'empresse en son nom

et pour répondre aux voeux de tous les habitants de féliciter votre
Majesté et sa Majesté l'Empereur de Russie d'avoir échappé à l'attentat
odieux d'un fanatique......ils prient l'empereur d'accepter cette
manifestation comme gage d'un dévouement et comme gage de respecteuse
sympathie envers l'hôte de l'Empereur et de la France, sa Majesté
l'Empereur de Russie...".


Le Conseil Municipal de FILLE-GUECELARD envoie une adresse le 7 Aout 1859 à l'Empereur Napoléon III pour le féliciter des victoires remportées en Italie du Nord en Juin 1859. En effet l'armée française de NAPOLEON III alliée à l'armée sarde remporte les batailles de MAGENTA (livrée le 4 Juin 1859) et de SOLFERINO (24 Juin 1859). Il s'agit de victoires de la coalition franco-sarde contre l'empire autrichien car le conflit est né de la promesse faite par Napoléon III au roi Victor-Emmanuel II de l'aider à faire autour de lui l'unité en Italie en échange de la Savoie et de Nice.




Traduction du 1)° paragraphe : Le Conseil en ouvrant la Séance est unanime pour présenter à sa Majesté Napoléon III empereur des Français l'adresse suivante :


traduction de cette missive :


"Sire, le Conseil Municipal de la commune de Fillé-Guécelard partageant l'impression générale de la France et d'une grande partie de l'Europe donnée par les Victoires remportées en Italie, est unanime pour exprimer à l'Empereur Napoléon III, l'admiration qui s'attache à sa personne et au dévouement de l'armée qu'il a si habilement dirigée pendant la rapide et mémorable campagne qui vient de s'accomplir. Plus la valeur de nos soldats était grande, plus nous devons tenir compte à sa Majesté de son magnanime empressement de faire la paix et d'avoir ainsi renoncé à cueillir de nouveaux lauriers quand il n'avait qu'à combattre pour les obtenir, etc..."


La bataille de SOLFERINO en LOMBARDIE a fait l'objet d'un tableau à l'huile sur toile par Jean-Louis-Ernest MEISSONIER en 1863 et celle de MAGENTA d'un tableau d'Adolphe YVON.



Napoléon III empereur des français





La défaite de la guerre franco-prussienne va sceller la chute de l'empire français et Napoléon III meurt le 14 Janvier 1873. Il aura été à la fois le 1er président de la République Française et le dernier monarque.



Monsieur Ernest-Marie Joseph de LINIERES, premier Maire de FILLE-GUECELARD est décédé au Château du Gros Chesnay en 1870 laissant trois enfants.


Le 31 Octobre 1872, Monsieur GIRAULT, curé de Fillé se noie, son corps n'est retrouvé que le 2 Décembre.





photo MAMIE72.CENTER-BLOG.NET

Dom GUERANGER (1) a trouvé sur la commune de FILLE-GUECELARD, une plante rare LA PELORIE ANECTARIE DE LA LINAIRE qu'il envoya au muséum. L'aspect de cette plante rappelle celles des primevères et Dom GUERANGER reconnut en cette fleur la Pélorie telle qu'elle avait été décrite par LINNE (2) c'est-à-dire une fleur de couleur orangé. Dom GUERANGER a donné quelques détails sur cette fleur en 1857 dans une note intitulée : "Indication de quelques plantes nouvelles pour la flore de la Sarthe et de quelques localités inédites (extrait de la Revue Horticole de 1862 - pages 188).

Dans le bulletin de la Société d'Agriculture, des Sciences et des Arts dans le département de la Sarthe de 1849/1849 (tome : huitième), M. DIARD, membre, porte des reflexions sur l'état de la science de la Botanique sur notre région et note qu'il a trouvé cette pélorie donc à FILLE-GUECELARD et qu'elle est non seulement nouvelle pour la flore de la Sarthe mais qu'elle ne se trouve pas comprise dans les flores françaises.




(1) Dom Prosper GUERANGER premier abbé de Solesmes (1805 - 1875)

(2) LINNE naturaliste suédois il fit une nomenclature de plantes avec description de plusieurs milliers d'espèces (1707 - 1778).



Photo LEDIABLOTINDELYNE.CENTER-BLOG.NET











Sources et informations :



* sur la tentative d'attentat commis à Paris contre la personne de Napoléon III par l'anarchiste italien Orsini :
www://histoire-en-ligne.com/l'opéra Garnier.

* sur la campagne de napoléon III en Italie :
www://fr.wikipédia.org/wiki/second-empire

* sur les adresses transmises à l'Empereur Napoléon III par la Municipalité de FILLE-GUECELARD et autres informations :
archives de la Mairie de FILLE

archives départementales de la Sarthe

sur la pélorie anectarie de la linaire :
bulletin de la Société d'Agriculture des sciences et des Arts de la Sarthe de 1848/1849
(huitième tome) Imprimerie de Monnoyer, place des Jacobins LE MANS.

sur la médaille romaine retrouvée lors du creusement du canal de Fillé :
bulletin de la Société d'Agriculture, des Arts et des Sciences de la Sarthe daté de 1848 au chapitre des médailles romaines découvertes à différentes époques dans le département.

revue des Moulins de La Sarthe année 2001 extrait du très beau texte de V. AUBRY et nous le remercions ici pour ses recherches au départ de l'Association sur les meuniers du moulin du bourg.

1) archives départementales de la sarthe 4EXVI 165

2) archives départementales de la sarthe 4EXVI 169

3) archives départementales de la sarthe 4EXVI 170

4) archives départementales de la sarthe 4EXVI 174

5) archives communes de FILLE

extrait du chapitre concerné dans l'ouvrage "LES METIERS D'AUTREFOIS" de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Dejean. Archives et Culture.





































29 Mar 2008 
Finalement, malgré l'opposition du Préfet de la Sarthe et du Ministre de l'intérieur de l'époque, la ténacité des habitants du secteur de GUECELARD sera récompensée puisque le Conseil d'Etat saisi donne un avis favorable. Le Sénat et la Chambre des Députés adoptent la loi portant sur la séparation des deux communes, loi promulguée par Jules Grévy, Président de la République, la limite naturelle étant l'axe médian de la rivière Sarthe.

AINSI, FILLE ET GUECELARD SONT DESORMAIS DEUX COMMUNES DISTINCTES A LA DATE OFFICIELLE DU 30 JUILLET 1880.


Monsieur GARNIER Louis a été réelu Maire à la suite de la séparation de GUECELARD .
Le 21 Novembre 1880.

Le 8 Mai 1881, le Maire donne lecture au conseil d'une petition adressée par les nombreux habitants des îles qui se plaignent des inondations successives et de l'inertie de la municipalité à y remédier.

En Novembre 1881, l'instituteur publique, Monsieur M.... a été prié par la Municipalité de donner des cours à des adultes sur leur demande. Celui-ci est tout disposé à
condescendre à leur désir, trois fois par semaine. Une quinzaine de jeunes gens ont manifesté le désir de les suivre en venant se faire inscrire en Mairie ; Monsieur le Maire remercie Monsieur l'Instituteur de son désinteressement.

L'ancien cimetière auprès de l'église ayant été supprimé , un
nouveau cimetière est construit à sa localisation actuelle. On l'entoure de haies vives mais il est décidé de constuire un mur car les tombes sont fréquemment bouleversées par les animaux. Un mur d'enceinte sera édifié et les moellons seront pris à Saint-Benoît. Le préfet est d'accord pour la construction du mur et le cimetière ainsi sera clos. Mais en Janvier 1884, le Maire expose l'impossibilité de commencer le mur du cimetière cette même année (année électorale), et le conseil considérant qu'il vaut mieux entrer de plein pied dans le cimetière que d'avoir trois marches à monter...

Le 18 Mai 1884, Monsieur GARNIER Louis est réelu Maire de FILLE.

En 1885, il est toujours question du mur... : souscription en nature pour clôture du cimetière mais d'autres projets sont en cours : il est demandé une étude de tracé concernant le passage du futur tramway du Mans à La Flèche (passage de la rivière).
Il est d'ores et déjà acquis que la contrainte du passage par bac est une voie de communication tellement imparfaite qu'elle devra être un jour remplacée par un pont ; en outre, assujettie à un droit de péage qui, journellement répété, devient onéreux : tôt ou tard, le Département ou l'Etat sera dans la necéssité donc d'établir un pont.

Le 20 Mai 1888, Monsieur Charles de VAUGUION, commandeur de la Légion d'Honneur est élu Maire de FILLE et réelu le 15 Mai 1892.

En 1892 commença la construction du chemin n° 7 dit de la "Richardière".

En 1893 une sécheresse exceptionnelle sévit et il fut accordé une subvention à répartir entre les agriculteurs nécéssiteux et les plus dignes d'intérêt.










  TABLEAU DES MAIRES DE FILLE-GUECELARD, PUIS FILLE DEPUIS 1850


Avant 1850, depuis la Révolution, le 3 MESSIDOR, an VIII, le premier maire de FILLE-GUECELARD, fut le citoyen TANCHOT nommé par le préfet AUVRAY ; puis vinrent ensuite :
- Monsieur HERON en remplacement du citoyen TANCHOT dont il était précédemment l'adjoint ;
- Monsieur VERRON ;
- Monsieur RAGUIDEAU ;
- Monsieur TROUVE François devint Maire le 3 Janvier 1836 à la mort de Monsieur RAGUIDEAU ;
- Monsieur RAGOT devint Maire le 2 Février 1843.

DE TOUS LES MAIRES DE FILLE-GUECELARD - OU DE FILLE - DEPUIS LA REVOLUTION FRANCAISE, LE MAIRE QUI A EU LA PLUS LONGUE MANDATURE FUT MONSIEUR ALPHONSE BEUNARDEAU QUI TOTALISE 22 ANNEES DE MANDAT EN COMPTANT LES ANNEES DE LA DERNIERE GUERRE ; IL MOURUT EN 1951 PENDANT SON MANDAT.
ENSUITE VIENT MONSIEUR GERARD CHOISNET QUI TOTALISE 19 ANNEES DE MANDAT ET ENSUITE MONSIEUR JOSEPH DE LINIERE QUI EN TOTALISE 13. PUIS VIENNENT MESSIEURS EUGENE VAIDIE ET JULES DENET (12 ANNEES)...ETC...


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Catégories: SOUS LA TROISIEME REPUBLIQUE
30 Mar 2008 












photos collection particulière















Le village reste encore un village rural mais pas pour longtemps : bientôt il sera rattrappé par la ville.



L'église est reconstruite ; son clocher se mire enfin, pour l'éternité, dans l'eau de la rivière et FILLE est toujours un paradis pour les pêcheurs. FILLE accueillera, d'ailleurs en 1991, pour la première fois, un concours régional de pêche au coup organisé par le comité départemental FFPC et ouvert aux pêcheurs sélectionnés dans cinq départements des Pays-de-Loire.



Un film "LE MANS" sort sur les écrans en 1971, c'est un hommage au sport automobile dans lequel STEVE MAC QUEEN s'est beaucoup investi. Malgré les dépenses excessives de tournage, ce film sera un échec commercial : c'est surtout un bon reportage sur la course des 24 Heures. Même quand on n'est pas un fan des 24 Heures on prend déjà plaisir à regarder STEVE MAC QUEEN. On regarde aussi les toutes premières images, mêmes si ce ne sont pas de très belles images car elles sont tournées à FILLE.



STEVE MAC QUEEN qui tient le rôle du personnage principal- un pilote de course américain - est sensé (d'après le scénario) être passé à FILLE avant de revenir au Mans .

Les toutes premières images du film sont très sobres en commentaires mais on suit très bien le parcours d'une porsche qui roule entre les platanes de la route de Tours aux Hunaudières puis brusquement elle se retrouve sur le pont de FILLE pour déboucher à l'entrée du village, elle passe devant le "Bar des deux écoles" (devenu le bar de l'embarcadère) et continue sa route devant l'autre bar du "Gardon Frétillant"et rapidement, elle tourne ensuite en direction de la rue du Canal et disparaît pour réapparaître aux ... Jacobins près de la Cathédrale du Mans.









Pour continuer sur le chapitre sportif : un club de football est crée fin des années 70 juste après l'arrivée de la première vague des nouveaux résidents. Aucune discipline sportive n'avait jamais fait son apparition dans le village. Gerard CHOISNET, un fanatique du ballon rond envisage donc la création du club de foot en 1978 après avoir constaté que nombre de jeunes filléens et beaucoup de seniors évoluaient dans les villages voisins. Il en est donc le président-fondateur : avec 50 jeunes et 40 seniors dès la première saison, la jeunesse existait bien à FILLE.







Dans l'enthousiasme, des jeunes créeent  l'écusson de FILLE SPORTS



Le terrain n'est pas facile à trouver puis, enfin, un seul parraissait accessible : un champ de pommes de terre accolé au terrain de sport des écoles. En janvier 1978 contact est pris avec le propriétaire minotier dans la Mayenne, le propriétaire s'engage le 11 Février 1978 à céder cette parcelle de terrain à la toute nouvelle association et le 27 Février, le Conseil Municipal décide d'accorder son appui moral et financier :



* elle prend en charge le déplacement de la ligne électrique B.T. qui passe au-dessus du terrain.

* elle met à la disposition de l'association l'abri-vestiaire situé sur le terrain (que les dirigeants ont du déplacer ensuite)

* elle lui vote une subvention exceptionnelle de démarrage de 3000 F.









photos collection particulière



FILLE SPORTS : INAUGURATION DU CLUB UN DIMANCHE D'ETE DE L'ANNEE 1978 ET MATCH DU JOUR DE L'INAUGURATION





Juste avant le match du jour de l'inauguration, l'arbitre de la rencontre avec le fils du président.

Les membres du comité de Direction (ils étaient 22 en 1979) ont travaillé inlassablement à l'aménagement du terrain et notamment : la pose de la main courante, des clôtures autour du stade et l'agrandissement des vestiaires.



le terrain de football aménagé de toutes pièces par la plupart des dirigeants de 1978





photo collection particulière



l a fallut beaucoup de ténacité pour faire fonctionner ce club fort, en 1979, d'une centaine de licenciés répartis en huit équipes soit quatre équipes séniors, une équipe cadets, une équipe minimes, une équipe pupilles et une équipe poussins ainsi qu'une équipe féminines quelques années plus tard.




FILLE-SPORT créé dans l'enthousiasme prend un bon départ avec beaucoup de résultats encourageants : l'équipe fanion accède en promotion de seconde division à l'issue de la première saison.








Une kermesse annuelle est organisée chaque année dans le but d'apporter des finances au club cependant que tous les commerçants apportent leur contribution. Cette manifestation a lieu traditionnellement le dimanche de Pentecôte avec un concours de pétanque. En 1981, on se félicite de voir 80 concurrents participer au concours individuel tandis que l'après-midi, 142 doublettes s'affrontaient sur les aires de jeux pour remporter à défaut du premier prix, une place d'honneur. Que ce soit sur le terrain de foot, lors de l'entrainement ou de l'accompagnement des jeunes, tout se faisait dans le sérieux et la rigueur.






à gauche de la photo les épouses des joueurs de FILLE-SPORTS le long de la main-courante du stade de l'AS JEBSHEIM, au centre, la rencontre entre les deux clubs et à droite, la soirée au club-house  les visiteurs de FILLE étant reçus par les membres du club de JEIBSHEIM 

visite du club FILLE-SPORTS au l'association sportive de JEBSHEIM en ALSACE en 1982 : trois jours mémorables.




EXTRAIT DU JOURNAL L'ALSACE DU DIMANCHE 9 MAI 1982 :

(gk) Des footballeurs du Maine (précisément de FILLE-SUR-SARTHE, près du MANS) séjournent depuis samedi matin à Jebsheim. Accueillis au club-house par le président de la section football de l'AS JEBSHEIM, Monsieur Freddy BAUM et Monsieur Hugues PECHE, l'ancien président de l'ASJ, à l'origine de cette visite. Les footballeurs du Maine ont ensuite été reçus dans des familles de Jebsheim. Après le repas de midi offert à l'hôtel-restaurant "A l'AGNEAU D'OR", les footballeurs des deux clubs ont disputé un match amical au stade municipal.
L'équipe mixte de JEBSHEIM s'est imposée sur le score de 2 à 1.
Samedi soir, c'était la fête au Club-house entre les footballeurs et dirigeants des deux équipes.
Les footballeurs de Fillé-sur-Sarthe repartiront aujourd'hui dimanche pour un périple de 700 km.
C'est Monsieur CHOISNET, Président du club de foot de Fillé-sur-sarthe qui, après son séjour chez Monsieur Péché à Jebsheim en 1981, décida de revenir à Jebsheim. Le déplacement de Jebsheim à Fillé-sur-sarthe  ? C'est certainement pour bientôt.
On parle même d'un jumelage.




Les débuts sont prometteurs mais la fin l'est moins.... Diderot disait :
"Tout s'anéantit, tout périt, tout passe, il n'y a que le monde qui reste, il n'y a que le temps qui dure"



Ci-dessous, le club a fêté ses vingt ans avec à gauche le président en exercice et à droite (deuxième à droite) auprès du président de la Ligue,  le président-fondateur.



LU DANS LA PRESSE LE MAINE LIBRE





En 1977, départ des soeurs d'Evron de l'ECOLE SAINT CHARLES qui se répartit en deux classes. En 1978, avec l'afflux de la première vague de "nouveaux résidents" ce sera l'ouverture d'une troisième classe et en 1986, l'ouverture d'une quatrième classe.

























Le premier bulletin communal LA ROUE TOURNE fut créé en 1981.  A la fin de l'année 1981, le Maire de l'époque, Jules DENET écrivait le mot de Monsieur le Maire et disait bien modestement : "CHERS ADMINISTRES

L'année s'en est allée, c'est le moment où nous devons vous rendre compte puisque vous nous avez fait confiance.



L'oeuvre que nous menons quotidiennement pose tant de problèmes qui se chevauchent et qui de plus demande urgence à résoudre, à aplanir, à discuter que les effets attendus pointent longtemps après leur surgissement et ne sont point tapageurs mais exigent constance et fermeté pour bien les mener, alors que votre impatience, dès l'annonce d'un projet, à hâte de concrétiser l'ouvrage.



Ce travail aux résultats lointains se poursuit, notre commune s'agrandit entraînant ainsi des charges nouvelles, des difficultés imprévues et aussi des choix de priorité en l'avenir immédiat et à long terme.



Notre tâche n'est pas toujours aisée mais nous pensons agir de notre mieux avec les moyens dont nous disposons....".

Et oui, brave Monsieur DENET, d'autres plus récemment, en d'autres termes nous ont signifié la même chose, la tâche quotidienne est rude. Puissiez-vous désormais dormir en paix dans votre village de la Chapelle-aux-choux.



Retour aux années 80 : une salle des fêtes est construite après le pont du canal pendant le mandat de Mr BOUL juste auprès du terrain de football sur un terrain lègué par deux institutrices au CCAS, bénéficiant ainsi du parking du terrain de foot. Puis, le premier lotissement sort de terre.



En 1988 est créé un club de loisirs : c'est l'association qui compte depuis vingt ans le plus grand nombre d'adhérents pour des activités aussi diverses que la randonnée pédestre, le théâtre, la chorale, la peinture
, etc... Après trois années d'existence, l'atelier peinture-dessin avait décidé d'élargir son horizon à l'occasion de l'expo peinture annuelle.



Il avait été décidé d'organiser un week-end "peinture en liberté" : sorte de concours réservé aux amateurs de la palette et du chevalet dont le succès ne s'est jamais démenti mais qui a été victime au fil des années de la concurrence des autres communes qui ont également fait le choix d'organiser une telle manifestation.



Ci-dessous, lors d'une des sorties annuelles du club, cyclistes et randonneurs sont sur  le départ.



photo collection particulière



Dès 1989, l'agence postale a été garantie et installée dans l'urgence dans les murs de la Mairie, c'est la seule commune du canton de la Suze qui abrite la Poste dans les locaux communaux.






carte collection personnelle







photo collection particulière



En 1992, la mairie s'agrandit grâce à la construction du groupe scolaire qui a libéré la classe des grandes sections permettant ainsi de réaliser une salle de conseil et des mariages



(photo ci-dessus, le Maire officiant un mariage dans la salle très réduite de l'accueil en 1990)



En effet, en 1992, le village s'enorgueillit d'un groupe scolaire tout neuf capable de répondre aux besoins d'une population rajeunie car FILLE compte de plus en plus d'habitants. Fillé avait réellement besoin d'une véritable école. Jusque là, les enfants des classes maternelles et primaires se répartissaient tant bien que mal, dans cinq classes, aux quatre coins de la commune. Pas très pratique pour les parents qui devaient accomplir un véritable marathon pour emmener ou aller chercher leurs enfants à l'école. Pas très efficace non plus pour les enseignants. Salles surchauffées l'été, glaciales l'hiver, sanitaires inutilisables à cause du gel , la situation ne pouvait plus durer.



Le Maire souhaitait un chauffage bien adapté aux besoins des enfants et des enseignants alors en concertation avec les parents d'élèves, les enseignants, de membres du conseil municipal et de l'architecte de l'école, il s'est constitué un groupe de travail qui a abouti à des solutions plus que performantes en matière de chauffage. Il a été installé un plafond rayonnant sur l'ensemble du bâtiment , un système invisible, qui libère l'espace et assure une sécurité totale dans la mesure où les enfants n'ont aucun contact avec les éléments chauffants.











document collection personnelle







Le groupe scolaire a ouvert ses portes en septembre 1992 mais en 1991 une cérémonie symbolique a eu lieu : la POSE DE LA PREMIERE PIERRE en présence de l'inspecteur départemental de l'enseignement primaire et des quelques 100 élèves scolarisés à Fillé ainsi que des enseignants et parents d'élèves. G. CHOISNET, maire, le temps d'une photo a joué les maçons en ayant soin, au préalable d'enfouir au creux de sa premiere pierre - ou plutôt du premier parpaing - un parchemin de sa main écrite relatant ce jour important. La chasse au trésor n'en est pas pour autant ouverte et personne ne sera sans doute plus là quand le parpaing livrera son secret !









L'école dont  le Maire est si fier est au coeur d'un champ de connaissances. Alors que les écoliers de demain seront sûrement plus à l'aise avec la souris optique que le stylo à quatre couleurs, notre école s'est équipée d'une salle informatique et cela est à mettre en regard d'un enjeu constant : celui de la réussite scolaire et de l'égalité des chances.



Qui a eu cette idée folle de réinventer l'école ?



CI-DESSOUS, LE MAIRE DEVANT SON ECOLE TOUTE NEUVE







photo collection particulière



CETTE CONSTRUCTION SYMBOLISE L'ESSOR DYNAMIQUE QU'A CONNU FILLE DEPUIS 1990 : EN 1990 = 830 HABITANTS ET EN 2008 = 1486.







Ci-dessous articles "PRIX D'EXCELLENCE POUR G. CHOISNET et son équipe" lu dans la presse "OUEST FRANCE" et article "LES BONS POINTS DU GROUPE SCOLAIRE" lu dans la presse professionnelle.




















La première tranche du groupe scolaire a été inaugurée le 12 Décembre 1992







En marge de l'école a été créé une garderie périscolaire : chaque matin et chaque soir, en période scolaire, la garderie accueille des enfants scolarisés à l'école publique avant l'ouverture et après la fermeture des classes. Un service adapté aux besoins des parents pour lequel le Maire de Fillé s'est beaucoup investi et dont il a fait une priorité dans ses actions en faveur de la petite enfance : dès l'ouverture de la 1er tranche du groupe scolaire, ce service fonctionnait dans la classe SCAN qui sert actuellement de cantine aux enfants des classes maternelles et dès l'ouverture des locaux de la seconde tranche, le local de la garderie fait désormais partie intégrante des nouveaux bâtiments.



























En 1994, grâce à la motivation de seulement quelques personnes,  la commune a ouvert une halte-garderie avec l'aide de Familles Rurales mais cette activité n'a pu perdurer dans le temps car elle fonctionnait dans les mêmes locaux que la garderie péri-scolaire et cela a causé rapidement des problèmes de fonctionnement. Depuis cette activité a été reprise par la communauté de communes mais à l'époque de son ouverture en 1994 dans les locaux de la MOUFFETTE, FILLE était la seule petite commune de la SARTHE a offrir cette activité de la PETITE ENFANCE.






LU DANS LE MAINE LIBRE









En 1989, sur proposition de la Coordination "Opération Villages Roumains", FILLE adopte le village roumain de CERVICESTI en MOLDAVIE, à l'extrème nord-est de la ROUMANIE presque à la frontière russe, village destiné à être rasé sous l'admistration de CEAUCESCU. On pensait ne jamais connaître ce village ; or suite aux évènements de décembre 1989, ce parrainage prend une toute autre dimension.



Déjà en Janvier 1990, le Maire de Fillé reçoit une lettre adressée par les élus de CERVICESTI, en ses termes : "Nous sommes très heureux que notre village CERVICESTI ait été adopté par votre commune. Pour nous, c'est un geste d'un véritable encouragement moral pour nous aider à dépasser les évènements tristes et difficiles par lesquels nous sommes passés à cause de ce nommé "plan de systématisation" qui n'était pas en accord avec nos intérêts et la vie paisible des habitants de notre village... Nous avons l'intention de construire une école, en ce moment nos enfants apprennent dans un bâtiment impropre ; d'enrichir le fonds de la bibliothèque scolaire, et surtout avec une bonne litterature, y compris la litterature française parce que nos enfants étudient le français ; de développer notre village et les espaces destinés à l'enseignement, à la culture pour réussir à nous intégrer parmi les villages civilisés..."

Ce courrier a causé un vif émoi et il a été perçu à Fillé et ses alentours comme un appel en suscitant un élan de solidarité déjà amorcé. Dans le but d'apporter une aide adaptée et suivie, une quinzaine d'élus de villes et communes des Pays de la Loire dont Gérard CHOISNET, Maire de FILLE se rendent à la Mairie d'Orvault (44) pour prendre part à une réunion visant à organiser une action coordonnée entre ces diverses villes et communes parrainant des villages de la province de Botosani.



C'est ainsi que le mardi 13 Février 1990 au matin, un camion gracieusement affrété par la ville d'Orvault avec à son bord plusieurs élus dont le Maire de Fillé prend la direction de la Moldavie et notamment du village de CERVICESTI en emportant diverses denrées alimentaires, vêtements, produits agricoles, fournitures scolaires, médicaments et produits de première nécessité grâce aux dons des habitants de Fillé et bien d'autres personnes de l'extèrieur.



Lors de ce premier voyage, le maire de Fillé emportait dans ses bagages les cartes postales, messages et dessins d'enfants et en retour, il ramenait les messages chaleureux des habitants de CERVICESTI. Durant les cinq jours qu'il a passé sur place le Maire de Fillé, guidé par les élus locaux a pu visiter cette province de Botosani située à l'extrème nord-est de la Roumanie. Il a eu l'occasion d'accompagner Dan, le médecin lors de visites de malades, un parcours effectué à travers la campagne en charrette à cheval. La visite du dispensaire qu'il avait effectuée ensuite a très vite justifié ces diverses réactions. En effet, un docteur, une assistante mais pas de matériel, même pas de coton hydrophile.







photo collection particulière



Le Maire de Fillé à la rencontre des élus locaux ; au centre l'instituteur de la commune voisine et interprète du groupe.



ci-dessous, le maire de Fillé entouré des enfants de l'école de CERVICESTI.





photo collection particulière



Le 24 Mai 2000, le village de Cervicesti était également doté - comme Fillé - d'une nouvelle école :





photo document personnel



En 2000, le directeur de la nouvelle école - toute neuve également - de CERVICESTI adresse un courrier très émouvant à l'association de parrainage de Fillé ; cette école possède même un site internet . peut-être un jour les élèves de FILLE et de CERVICESTI pourront-ils s'adresser des messages via Internet ?

En 1993, grâce à l'Association de Saint Biez-en-Belin, nous avions pû faire parvenir à l'école les bureaux des anciennes classes de Fillé.



Auparavant, grâce à un autre convoi, des lits du C.H. du MANS destinés à l'hôpital de BOTOSANI ont été acheminés vers la ville principale de la Moldavie.





photo collection particulière



Le médecin de la ville de Botosani arrive à Cervicesti en Février 1990 : convoi insolite car le médecin circule encore en voiture conduite par un cheval. Ce jour-là G. CHOISNET l'accompagnait à travers le village par des chemins non goudronnés :  c'est un choc de pénétrer ainsi dans le village parrainé par Fillé, un monde à la fois si proche et si différent du nôtre ! 



LU DANS LA PRESSE LOCALE OUEST FRANCE









En 1994, a été créé à FILLE un club nautique d'aviron (quatrième club de la Sarthe derrière le Comité départemental, l'US.M et le club SABLE NAUTIQUE AVIRON). Sensibiliée par l'implantation d'activités nautiques sur la commune, la municipalité s'est aussitôt chargée de mettre à leur disposition le terrain disponible le long de la Sarthe avec un petit local (ancien chalet au 6 de la rue du Pont). Les bénévoles du club se sont rapidement mis à la tâche et ont construit un hangar à bateaux qui a été inauguré en présence du Maire.

Ce club avait été créé à l'initiative de Monsieur BERSON qui était membre de la section aviron de l'U.S.M. et membre du comité départemental aviron. Lors de la première assemblée générale sous la présidence d'honneur de Monsieur G. CHOISNET, maire de FILLE, les Filléens ont été sollicités pour complèter le bureau.



Cette implantation d'activités nautiques devait permettre aux jeunes une ouverture à la pratique du canoê et de l'aviron. D'ailleurs, en 2002, certains jeunes de FILLE se sont distingués au critérium national de Brive.



Les évolutions sur la rivière Sarthe ont lieu généralement le dimanche matin.







En présence des membres, le Maire baptise "FILLE SUR SARTHE" devant le hangar du club d'Aviron.









A
Fillé, fin des années 1990, les poteaux téléphoniques et télégraphiques du centre-bourg disparaissent du paysage pour laisser place à de très beaux lampadaires. PHOTO CI-DESSOUS AVANT LA MISE EN PLACE DE L'ENFOUISSEMENT DES RESEAUX.



 



pastel de Frédéric PIQUET



CI-DESSOUS, LE BOURG, AUJOURD'HUI, EMBELLI :












photo collection particulière



Un nouveau lotissement est sorti de terre en 1993 avec la création d'un axe de développement derrière l'école : la rue de la Gare ce qui fait qu'entre l'année 1990 et l'année 2008 (fin du troisième mandat du Maire), la population filléenne a doublé : "Evoluer harmonieusement en préservant notre cadre de vie" tel était le slogan de la municipalité en 1994.





EN 1995 :



VOLONTE CONJOINTE DU MEUNIER PROPRIETAIRE ET DU MAIRE DE LA COMMUNE DE REINSUFFLER UNE NOUVELLE VIE AU MOULIN DE FILLE




 



photo prise hiver 2007/2008 juste avant la restauration du moulin.










LE MOULIN DE CYPRIEN



Le moulin arrête définitivement son activité en 1975 et tombe dans l'oubli pendant 20 ans, 20 ans pendant lesquelles le dernier meunier venait chaque jour voir son moulin avec beaucoup de nostalgie... jusqu'au jour où il s'accorde avec le Maire, après la réelection de celui-ci en 1995, pour une location avec promesse d'achat. L'achat viendra plus tard.... après l'an 2000... la Communauté de Communes du Val de Sarthe sous l'impulsion du Maire, achète le site et développe la plaine attenante et, toujours à l'initiative du Maire et de la Municipalité d'alors, il avait été créé une association de sauvegarde du moulin en 1996.










Le Maire annonce son projet d'acquisition du site du moulin




Concernant la plaine de loisirs que le Maire avait acheté en Juillet 1999, le propriétaire du terrain manifestait beaucoup de réticence à le vendre prétextant toujours qu'il existait un trésor caché dans le souterrain, souterrain reliant autrefois le chateau de Buffe et celui du Gros Chesnay...



La parcelle D9 fut donc achetée par la commune pour une superficie de 2 ha 80 a et 20 ca pour la somme de 185000 F se composant de 150000 F pour le propriétaire et 35000 F d'indemnités pour l'exploitant agricole. Le Conseil Municipal après en avoir délibéré donna son accord à l'unanimité pour l'achat de cette parcelle (La Roue Tourne d'Octobre 1999 relatant la séance du Conseil du 7 Septembre 1999).



Cette parcelle fut revendue ensuite à la CDC. Pour en faire la plaine de loisirs que nous découvrons, aujourd'hui, sous nos yeux, les ouvriers remuèrent le champ, fouillant, creusant, bêchant, ne laissant nulle place où la main ne passe et repasse...  mais  de trésor point de caché et si le laboureur de la Fable fut assez sage pour démontrer à ses fils, avant sa mort, que le travail est un trésor, le travail accompli sur cette plaine est également un trésor ou sinon une réussite. Eu égard au travail accompli, la juste récompense est le respect de tous les promeneurs qui viennent nombreux le découvrir chaque dimanche.  



La construction de la future guinguette avec ses soubresauts resurgit de temps à autres dans les colonnes de la presse "localière", c'est comme l'histoire du monstre du Loch Ness. C'est tout de même un projet dont on parle depuis 14 ans : Mais va-t-elle enfin surgir de terre cette guinguette dans le site du moulin ? Aux dernières nouvelles, "BIN VOUI", le chantier de la construction est bel et bien lancé. Quand au "délégataire", un délai serait donc nécessaire pour trouver le gérant idéal... 



Pastel du moulin de Frédéric PIQUET

Mais ne nous y trompons pas, il ne faut tout de même pas que certains délégués élus se donnent maintenant bonne conscience. La plaine de loisirs était fonctionnelle quand ils sont arrivés fraîchement élus en 2008, visiblement satisfaits de voir, en arpentant les lieux et arborant tout sourire que les bâtiments soient rénovés, tout le chantier de cette plaines (jeux, plage, réaménagement des bâtiments du moulin) étant réalisé quand l'inauguration de MOULINS'ART a eu lieu en juin 2008, soit deux mois à peine après leur installation. Il ne leur restait plus qu'à : inaugurer...

En revanche, je pense qu'il y eut un échange verbal insistant sur l'obligation de viabilité économique de l'exploitation de la guinguette afin que celle-ci soit garante de l'avenir du site, et cette discussion est intervenue au moment de la prise de fonction de ces mêmes élus en 2008.







photo collection particulière



la plaine de loisirs attenante au site du Moulin de Fillé (ci-dessus)




LU DANS LE MAINE LIBRE











En Juillet 1994, le comité d'Animation de Fillé organise un spectacle SON et LUMIERE sur les bords de la Sarthe à l'occasion des festivités du cinquantième anniversaire de la Libération. A partir de 16 heures le village avait commencé à s'animer pour une longue journée festive. Conduit par le maire et en présence des anciens combattants, le défilé avait fière allure avec en seconde partie un groupe d'enfants chevauchant des vélos décorés et une colonne de véhicules militaires américains avec des hommes et des femmes en uniforme et la très professionnelle musique de Spay.



photo collection particulière



Les enfants des deux écoles et la musique de Spay lors du cinquantième anniversaire de la Libération de Fillé
.



Le soir, le village s'est soudainement rempli dépassant les espérances des organisateurs qui ont été récompensés, par les applaudissements nourris des quelques 2500 spectateurs rassemblés au bord de la rivière quand apparut juste après minuit le spectacle pyrotechnique. La mise en scène a été réalisée en trois parties dont la seconde était axée sur l'histoire locale. Que de bons souvenirs de cette soirée d'été : tout simplement magique ! un véritable déluge d'illumination a marbré une nuit claire avec l'apparition de centaines de ballons symbolisant le lâcher des parachutistes sur la terre de France.



hoto collection particulière



défilé de passionnés de voitures militaires lors de la fête du cinquantième
anniversaire de la libération de Fillé  ci-dessus et ci-dessous, la jeep de l' infirmière.











photo collection particulière








Cors de chasse : fête à la Beunêche en 1999

photo collection particulière




Lu dans le journal OUEST FRANCE


D'UNE RIVE A L'AUTRE, EN 1994, CONSACRE UN ARTICLE A FILLE ET LUI ATTRIBUE DEUX LIBELLULES : 









Parmi les 74 idées de balades au bord de l'eau recensées par le guide touristique régional "d'une Rive à l'Autre" figure Fillé-sur-sarthe qui reçoit "deux libellules". Une prime d'image pour ce petit bourg de 1086 âmes (le journaliste de notre journal local note 30 % d'augmentation de population entre les deux recensements : preuve de dynamisme de la commune). Quant aux commentaires du guide touristique, ils soulignent que "A Fillé sur sarthe, la vie s'écoule au fil de l'eau comme un long fleuve tranquille. Mais attention ! ne vous fiez pas aux apparences, derrière ses airs paisibles, ce petit bourg attire en nombre les amoureux de la nature. Et c'est bien normal, les chemins le long des berges sont jolis, fleuris..." Bref, le maire ainsi que les habitants ont toutes les raisons d'être fiers et ils ne s'en cachent pas, de figurer dans ce guide.







photo collection particulière







Fin des Années 90 : déjà un avant-goût de guinguette sur notre site du moulin !

avec la très sympathique association de véhicules anciens de l'ECURIE DE L'AGE D'OR DES CENOMANS dirigée par Monsieur PAGEOT et réunie près des bâtiments de la ferme
à l'occasion d' un pique-nique organisé par une belle journée d'été






photo collection particulière



photo collection particulière

On joue encore à la guerre en 1997 à FILLE...



Bernard Pouchèle, écrivain, originaire du Nord a été marin et instituteur. Il a laissé tomber les voies normales pour la marginalité et la route. Puis, un jour, il a panser ses blessures par l'écriture. Il a publié "L'étoile et le vagabond ; La Flamande en 1995 Les Porcs de l'Angoisse". Puis il a posé son sac à l'abbaye de Solesmes et il est tombé amoureux de la Sarthe...



En 1997, il a publié "La mémoire est au fond de la Sarthe" aux Editions "Terre de Brume" préfacé par Pierre Josse avec des photographies de Jean Distel.



Bernard Pouchèle et Jean Distel sont venus un jour à la rencontre du Maire de Fillé et de quelques habitants de la commune dont René lorsqu'il habitait encore la plus ancienne maison de Fillé.

Bernard Pouchèle a consacré un chapitre entier à Fillé et son moulin : il écrit avec humour :



"Il est un village qui se blottit, gentil sinon coquin, dans des ocres, des turquoises et des bleus assoupis, contre les rives, lentes là-bas de la Sarthe. Et ce village s'appelle Fillé. De Filictum peut être qui signifiait fougères. Aux dires des historiens, de fille plus certainement, tant il y a de séduction..."



"Située à une portée de canon du Mans, bourgade chaude, elle est sise juste sur le parallèle médian qui fait frontière douce entre la métropole rouge et les campagnes blanches autour. Voilà l'explication, qui sait, de ses édiles qui sont comme ses couchers de soleil, rose tendre.



Fillé est de ces bourgades qui ont l'intelligence des villes, le sens populaire des banlieues sans pour autant renier la mémoire lente des campagnes. Elle subit, elle a subi et elle subira ces trois influences. Et Fillé semble rêver au bord de ses rivières.... "



"
C'est bien. C'est beaucoup. Mais elle a en plus et surtout son moulin. Un moulin des temps utiles. Du temps où le pain avait des odeurs de farine. Du temps où les rivières servaient au-delà des touristes. Un moulin sur la Sarthe avec des airs d'inutilité gentille ou de retraite bucolique. Un moulin muet. Que c'est mélancolique quand même un moulin qui dort.




Alors un jour, Monsieur le Maire et ses administrés tant de gauche que de droite, ont décidé de ressusciter l'Histoire et de faire revivre ce moulin.



On y fait des travaux. On y gâche du plâtre. Mais pas comme on gâchait le plâtre dans le moulin de Maître Cornille.




Et demain, le vent emportera des poussières blanches et des odeurs de froment..."









photo document personnel



Je suis ni de gauche ni de droite,

je suis dans la merde

et cela ne porte pas toujours bonheur




Georges PERROS




(Echancrures) CALLIGRAMMES





En résumé :
Lorsque l'on est élu au service de la population, on n'a ni  le coeur à droite, ni le coeur à gauche.

















Les Maires du dernier millénaire auront été Messieurs VAIDIE, DENET, BOUL et CHOISNET. Malgré des divergences d'opinion, il y a toujours eu une grande estime entre-eux. Il n'en sera pas toujours le cas, dans le futur : depuis 2001, coups tordus et machinations politiques ont été les seules motivations pour certains mais la pratique crapuleuse de l'élimination de l'adversaire par la salissure salit également les auteurs. Il appartiendra aux autres générations, en tous cas, d'écrire l'histoire du village du nouveau millénaire.






C'est souvent le vide de la pensée qui incite à dénigrer l'autre et à promettre l'impossible. Plus les programmes sont creux ou trompeurs, plus ceux qui les portent se livrent aux attaques virulentes, indignes et féroces. Comme s'ils espéraient  détourner l'attention des uns et des autres vers leurs adversaires en agitant des périls imaginaires plutôt que d'exposer leurs propres propositions au jugement de chacun.






Or, il est toujours de bonne stratégie quand on a le souci d'ambitions personnelles plus que de l'intérêt général de critiquer l'équipe précédente jusqu'à la caricature en écornant au passage gravement l'image du village. Depuis près de vingt ans, il a fallut faire évoluer les structures obsolètes, il a fallut construire un groupe scolaire digne de ce nom, faire faire l'enfouissement des réseaux, réaliser l'achat de foncier etc... ; jusqu'à la fin du dernier millénaire, n'ayant fait de procès à personne, les élus en place ont retroussé les manches et travaillé à la réhabilitation progressive de ce patrimoine.



Dans un contexte soi-disant catastrophique au niveau des finances, la première décision du nouveau maire et des adjoints en place a été d'augmenter considérablement leurs indemnités... la justification relève sans doute de l'intérêt général ! dans un contexte de vie difficile pour nos concitoyens, le maire et les adjoints des trois mandats précédents avaient choisi de ne pas utiliser le maximum d'indemnité autorisé. Ce changement, cette conception des priorités qui discrédite totalement la nouvelle équipe municipale ressemble aux pratiques de certains élus au plus haut niveau de responsabilités. 

Le ridicule de certaines exagérations comme celles qui consistent pour ces tout nouveaux élus à faire le tour du bled à bicyclette pour visiter le patrimoine (?) mais surtout
pour obéir à des idéologies partisanes, a beaucoup faire rire nos concitoyens ; alors, comme l'humour avant toutes choses est salutaire, en attendant rions....  



Maint
enant Radiotrottoir est éteint... Il faudra s'attacher à juger l'arbre à ses fruits.

Certains disent que "l'on marche sur la tête" moi je dis simplement que l'on nage en plein paradoxe. D'un côté, par souci d'économie, on supprime les éclairage du bourg à onze heures du soir : autant dire que c'est du purement symbolique comme l'avait souligné les ingénieurs EDF lors de la première "expérimentation" en 2005 insistant sur le fait qu'avec les ampoules basse consommation actuelles ce sont des "économies de bout de chandelle" ce sont vraiment les mots qui conviennent mais, évidemment, bien sûr, il faudrait remplacer "les vieilles loupiotes".

Au moyen âge, une cloche signalait la nuit qu'il était temps de recouvrir les feux d'un couvercle de fonte pour éviter les incendies, d'où le mot "couvre-feu" ; eh bien, actuellement à FILLE, lorsque l'on y pénètre la nuit, c'est vraiment le couvre-feu.

Car la Loi n'impose pas l'éclairage des voies communales mais à partir du moment qu'il existe, il se doit de fonctionner sinon c'est un défaut manifeste d'entretien ce qui est répréhensible par la Loi. Et la Loi précise également que l'éclairage public est un élément concourrant à la sécurité publique et que l'on prend un risque en n'éclairant pas les voies la nuit. En cas d'accident, qui est responsable ?

Comme chacun le sait, les vitesses ne sont pas respectées de jour... et encore moins de nuit.

Si, à l'avenir, comme dans tout bourg qui se respecte, on paliait par des ralentisseurs
BIEN QU'IL EXISTE DEJA DEUX RALENTISSEURS NATURELS A L'ENTREE ET A LA SORTIE DE LA RUE DU PASSEURS (Deux virages bien prononcés) enfin, passons et gageons que le signalement de ces dispositifs ne restent pas dans l'obscurité sinon bonjour les riverains et les automobilistes.

Et, enfin, de l'autre côté, on s'autorise à parier sur l'aménagement d'une salle de faible superficie à l'étage de la salle des fêtes avec élévation par monte-charges. On entend déjà certains parler de "démesure". Bref, si d'aventure, ce projet voyait le jour mais où est donc l'économie d'électricité ? That sis the question !






photo collection particulière
















photo collection particulière
















   Dans les années 90, à l'emplacement actuel du lotissement des Fontaines, fleurissaient les digitales pourpres certains étés humides



























































photo collection particulière (fête au moulin en juin 1996)










On déplaçait la foule dans ce temps là...







Dans l'ambiance de la fête...









Défilé des enfants des deux écoles à l'occasion du cinquantième anniversaire de la Libération de FILLE

















Peinture de Christiane CHOISNET : le moulin de CYPRIEN sans la roue









CARTES ANCIENNES CI- DESSOUS : CHEZMINETTE87.CENTER-BLOG.NET









ci-dessous, gabarre sur la Loire, peinture de Christiane CHOISNET



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Peinture de Christiane CHOISNET






















Sources et informa
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Catégories: LA CINQUIEME REPUBLIQUE
30 Mar 2008 

photo collection personnelle





Une vue de l'église sans le clocher


En 1945, après cinq ans de captivité, c'est le retour au pays d'un million de prisonniers emmenés en Allemagne à l'été 40. C'est le retour aussi des requis du STO et des  déportés mais pour ce qui en est de ces derniers, tous malheureusement ne rentreront pas des camps car effectivement entre ces trois catégories, le sort qui leur a été réservé en Allemagne n'était pas le même. Beaucoup de prisonniers n'ignorent pas que la privation de la liberté, l'humiliation, la faim qu'ils ont endurées étaient sans commune mesure avec les souffrances qu'ont connues les déportés aussi, après la joie des retrouvailles et ignorants des conditions d'existence pendant ces cinq années de leur pays libéré, le premier contact avec la France retrouvée n'est pas toujours à la hauteur de ce qu'ils avaient imaginé dans leur exil prolongé. Chacun à sa manière essaie de reprendre goût à la vie en oubliant les privations ...





Et déjà, au sortir de la deuxième guerre mondiale, notre empire vacille en Indochine, les combats
sont terribles et la France subit en 1954 une défaite ressentie comme une profonde humiliation : DIEN BIEN PHU. A FILLE, sur le monument, hélas, s'inscrit un nouveau nom.

Les départements de la Basse Normandie, voisins du nôtre, garderont à jamais les souvenirs tragiques des combats qui ont eut lieu pendant l'été 1944 pour recouvrir la Liberté mais rapidement les villes meurtries se relèvent des ruines et, petit à petit, apparaissent des quartiers modernes à Caen, Saint-Lô etc...

Photo prise en 1948 : intérieur de la salle du bar de l'Hotel du Progrès situé à l'entrée du bourg face à l'église (actuellement bar de l'embarcadère).



Les titres d'alimentation qui ont été délivré dès 1940 ont perduré jusque vers le milieu de l'année 1948. Les Maires recevaient du Haut Commissariat à la Consommation des instructions relatives à la mise en place et la distribution de ces tickets de rationnement remis à la population en échange des coupons.

Il y avait des feuilles de coupons de toutes sortes, des tickets de pains, de pâtes et de fromage, des tickets de viande, des feuilles de denrées diverses, des cartes de lait, de vin, des bons de chaussures, de bottes... Ceux qui ont connu cette période de restrictions quand on voit l'abondance de toute sortes de produits de consommation dans les étals de nos supermarchés aujourd'hui.

Bref, il y avait des suppléments alloués aux femmes enceintes, aux femmes allaitantes en lait viandes, sucre, pâtes, aux grands mutilés (supplément de sucre, pâtes et vins), aux familles nombreuses, aux réfugiés allocataires (supplément de pain et de matières grasses), aux déportés politiques rapatriés (supplément de lait, viande, pain et sucre).

Alors le secrétaire de mairie était dans l'obligation de tenir plusieurs registres sur lequel il inscrivait les noms des consommateurs selon les denrées qui leur étaient réservées ainsi que sa catégorie car la population française était divisée en sept catégories et en fonction chacun recevait une carte spécifique.
La catégorie E correspondait aux enfants, J1 jusqu'à 6 ans révolus, J2 de 6 à 12 ans, J3 pour les adolescents jusqu'à 21 ans et les femmes enceintes, A pour les adultes sans travail de force, T pour les travailleurs de force et C à partir de 12 ans sans limite d'âge pour les travaux agricoles.

Ainsi il y avait un registre pour la distribution des detersifs (savon) contre remise de tickets, il y avait le registre des cartes de textiles sur lesquels s'inscrivaient les n°s des cartes d'alimentation, date de délivrance, les nom et prénoms des personnes ainsi que la catégorie de la personne désignée. Il y avait le registre pour la délivrance de chaussures, de bottes, de vêtements et bien sûr de ravitaillement. C'était une vraie comptabilité.





documents privés


On l'a vu donc dans l'article consacré à la guerre de 1939/45 que pendant cette période la Mairie s'occupait également des colis adressés aux prisonniers de guerre en collaboration avec le comité central d'assistance aux prisonniers qui se chargeait ensuite de les transmettre au prisonnier concerné.

Monsieur SOYER qui fut instituteur puis directeur de l'école entre 1945 et 1980 nous conta dans la ROUE TOURNE de l'année 1983 :

"LES MEMOIRES D'UN SECRETAIRE DE MAIRIE"




"Nommé instituteur au début de 1945 puis secrétaire de mairie l'année suivante, j'ai passé pratiquement toute ma vie active dans cette commune et ceci pour une raison très simple, nous avons trouvé à FILLE ce qui est essentiel dans la vie pour fonder une famille : le bonheur.

Bonheur dû à la vie calme dans un village agréable et bien situé, à la connaissance de tous les habitants qui sont devenus au fil des années des amis, à l'exercice d'une double profession attachante : celle d'instituteur qui a enseigné à deux générations d'enfants de FILLE et celle de secrétaire de mairie, au service des besoins d'une commune rurale et de ses habitants. 


Et pourtant tout n'était pas rose pour un jeune ménage qui "débarquait" à Fillé en plein hiver 1945, sans connaître personne et alors que la guerre n'était pas terminée. Mais très vite, le chaleureux accueil des habitants et des voisins nous réconforta. Malgré les difficultés de la vie professionnelle (classe unique groupant tous les garçons de 5 à 14 ans) et de la vie tout court (elle était "dure" pour tous à l'époque et soumise à un rationnement rigoureux).

Nous nous sentions heureux car nous étions libres et débarrassés des hantises de la guerre.

Je garde le souvenir de la Mairie d'alors, vétuste sans doute mais il n'y en avait guère de modernes, du petit train poussif qui permettait d'aller au Mans (c'était au moins, déjà, un moyen de transport...), des invitations consistant à veiller dans les familles et de la fameuse fête de la Libération, au mois d'août.

A cette époque, la population était essentiellement agricole et je me souviens de tous ces enfants venus de loin, à pied, souvent en gros sabots de bois, le maigre déjeuner dans le sac, car la cantine n'existait pas : le repas se passait à l'école le plus souvent.

Quant au travail de mairie, ma femme et moi passions le plus clair de notre temps à comptabiliser et à distribuer les tickets de rationnement ce qui dura encore quelques années après la fin de la guerre. Un peu plus tard dans les années 1952/53, ce fut la reconstruction de l'église et du presbytère détruits à la Libération ce qui constitua la tâche la plus importante de la municipalité d'alors.

Puis, peu à peu, lentement mais inexorablement, la vie à FILLE se transforma : les activités professionnelles se portèrent vers LE MANS alors que la campagne perdait sa main d'oeuvre. Dans ma classe, au début, presque tous mes élèves étaient issus du milieu agricole ; à la fin, il n'en restait plus.

Parallèlement, après 1960, commencèrent à s'installer des familles venues du Mans ou de la périphérie. Les Gesleries, la route des Vignes se peuplèrent et les sapins du Pierre Aube virent pousser des maisons entre-eux. En l'espace d'une quinzaine d'années, au rythme moyen d'une douzaine de maisons par an, c'était une nouvelle population qui venait s'ajouter à l'ancienne. L'amalgame se fit lentement, sans problèmes et le secrétaire de mairie s'efforça de connaître au mieux ces nouveaux habitants qui apportaient un air de jeunesse à la commune."


Arrivée des soeurs trinitaires de VALENCE (12 élèves) à l'école Saint-Charles en 1947.

La reconstruction de l'église commence en 1947 réalisée par des ouvriers de talent mais malheureusement victime de nombreux contre-temps : une tornade en 1951 détériore la nef presque terminée puis, la même année, un incendie ravage l'entreprise BERNARDEAU au MANS où sont entreposées les charpentes du clocher.

LU DANS LE MAINE LIBRE




L'abbé Baron  voulait faire reconstruire son église mais manquait d'argent, il eut l' idée pour le moins spectaculaire : il s'est proposé de traverser la rivière sur un fil pour récolter des dons et il y réussit. L'église rénovée est inaugurée en 1952 et consacrée en 1956 et si l'on peut admirer l'église de Fillé dont le fin clocher se mire dans la rivière Sarthe, on le doit en partie à l'exploit de l'abbé funambule, curé de Fillé.




Nous avions laissé les mémoires de l'Abbé BARON recueillies par René GAIGNON au moment où son récit était au plein coeur de la guerre 39/45. Alors que le débarquement se déploie en Normandie, le séminariste-soldat apprend qu'il va être le prêtre de la paroisse de Fillé où son régiment fut cantonné en 1940 puis quelques semaines plus tard, il apprend l'incendie de l'église le jour où le village est libéré.

L'Abbé Baron est donc destiné à la lourde mission de la reconstruction de l'église.

quelques extraits de l'interview du 21.11.1990

- Abbé Baron : "Cette même année 1951 allait se terminer par une une nouvelle épreuve. Alors que la réfection, sur épure, de la flèche du clocher était déjà avancée et que les bois de charpente étaient prêts à être posés, préparés dans les ateliers de l'entreprise BERNARDEAU au MANS, un incendie le jour de Noel détruisit l'entreprise et ses matériaux. Tout était donc à recommencer.
Menacé par l'architecte d'une amende journalière importante si le travail n'était pas exécuté dans le temps prescrit par le cahier des charges, Monsieur BERNARDEAU, soucieux de répondre aux exigences et de trouver une main d'oeuvre spécialisée, fit appel aux Compagnons Charpentiers du Devoir du Tour de France de la Province de Paris. Appel entendu, puisque trois jours plus tard arrivaient Monsieur Jean ALBERTI de BOURGOGNE, Monsieur Germain DUPRAT de TOULON et René COLOMB de GRENOBLE 


En mars 1952, on vit s'élever un échafaudage de chevrons sur l'entablement du clocher de pierre. Il devait servir à l'installation de la flèche et y rester plusieurs mois. Les compagnons y accédaient par une échelle qu'ils avaient attachée à l'extèrieur. Aussi pour y regarder le travail s'y faire, la manoeuvre des palans hissant les bois de charpente, le Curé venait presque tous les jours et montait un échelon de plus à chaque fois pour vaincre le vertige (sans doute, un entrainement pour traverser la rivière !)

Les lattes et les ardoises fixées puis d'autres posées, les compagnons eurent à coeur d'installer la croix, la même qui s'y trouvait jadis, tombée au moment de l'incendie. La, aucune difficulté pour eux pour la poser...

- R.G. Est-ce-que s'arrête là le travail de ces trois Compagnons ?

- Abbé Baron : Pas tout à fait. Mais d'abord, ces jeunes compagnons charpentiers, en dehors de leurs heures de travail, eurent l'idée de réaliser la maquette au 1/20° de la charpente de la flèche du clocher (photo ci-dessus). Cette maquette fut offerte le 19 Mars 1953, jour de la fête de Saint-Joseph, patron des Compagnons du Tour de France, au Président national des Compagnons par le "gâcheur" de l'équipe, le chef d'équipe, Jean ALBERTI. C'est la tradition chez les compagnons et cette maquette fut déposée au Palais de Chaillot à Paris pour rester dans les archives des Compagnons."

Les Compagnons, leur travail terminé, allaient quitter FILLE. Mais le curé pensait, depuis un certain temps, utiliser leurs compétences en leur demandant s'il leur serait possible d'imaginer et de confectionner une voûte en bois pour l'intérieur de l'église.
Leur joie fut grande et il les entend lui dire : "Aucune difficulté pour nous"...

Enfin après maintes difficultés rencontrées, le baptème des cloches eurent lieu en présence de Monsieur LORY, Maire de Fillé dans la grange transformée en chapelle provisoire devenue ensuite salle des fêtes puis cantine pour les écoles de FILLE.
Toute la municipalité au grand complet ainsi que de nombreux invités accueillir Monseigneur CHEVALIER, au cours d'une réception chaleureuse qu'agrémenta une exposition murale de souvenirs, de tableaux et de photos de FILLE. Un vin d'honneur clotûra cette réception.


Avec l'année 1953 commença l'aménagement intérieur ; Messieurs DE GOULAINE et GYPTEAU eurent la générosité d'offrir des arbres à l'Abbé Baron... Mais comment les débiter ? Il restait avec ses arbres sur les bras quand une circonstance particulière le tira d'embarras. Appelé à prêcher une retraite de communion à ST VINCENT DU LOROUER, il fut invité à prendre le repas chez un propriétaire de scierie lequel lui dit : "Monsieur l'Abbé, amenez moi vos arbres, je vais les scier et les faire sécher et vous pourrez en disposer". Ce qui fut dit fut fait et gratuitement ! Un transporteur de TELOCHE ramena les planches a FILLE et Monsieur MORILLON en disposa pour continuer la fabrication des bancs.

Monsieur Raymond DUBRETON, forgeron à GUECELARD réalisa le dessin des éclairages. La décoration de l'extrèmité des branches des lustres étant inspirée de celle d'une rampe, croquée sur une feuille de papier, lors de la visite de l'Abbatiale de TREVES-CUNAULT dans le Saumurois.


Il fallait aussi penser aux Fronts Baptismaux. L'idée était de revenir aux temps antiques de l'église primitive. A Fillé, a été réalisé un baptistère antique. On y descend par un emmarchement. Les chaînes qui l'entourent ont une histoire : elles proviennent du poulailler de l'ancien presbytère.  Son grillage, en effet, était supporté par des tiges en fer qui servirent à Monsieur GOURNIGAULT, le forgeron de FILLE, à en tirer les maillons.

C'est à cette période que la statue de la Vierge, en terre cuite, fut enlevée, pour sa restauration, par les soins des Monuments Historiques de France. En subissant pendant des heures l'intense chaleur de l'incendie, sa polychromie s'était vernissée.

Comme dans toute église, il y a un chemin de croix de quatorze stations. Pour chaque station, une petite plaquette, travail d'un sculpteur de Lourdes, se trouve au centre d'une croix de bois. Le tout est cerclé d'un anneau de fer forgé, orné de quatre cabochons de cuivre jaune.


Le confessionnal, installé dans l'abside du bas-côté nord, travail de Monsieur MORILLON, et ce, pour ne pas revenir au meuble conventionnel ancien, consiste en une simple croix de b ois dont les bras supportent une tringle de fer sur laquelle coulissent des rideaux de velours.

Tout au-dessus du confessionnal, appliqué au mur de la sacristie et pour le décorer, un crucifix du 14 ou 15° sièce en bois, fut fixé par Monsieur DUCHEMIN, ferronnier d'art au Mans.

Les deux autels furent l'objet de beaucoup de recherches et de soin. Il fallait trouver des pierres pour les socles. Monsieur SPY, tailleur de pierre en style anglais édifia les socles des autels sur lesquels les tables de granit des Vosges furent disposées par Monsieur BEAUFRETON, marbrier au Mans. Par ce dernier furent plaquées les marches de marbre rose.

Pour garnir le choeur de l'église, les stalles furent récupérées auprès de la paroisse de la CHARTRE SUR LE LOIR qui vendait les siennes. Elles furent amenées et transformées par l'entreprise DENET. Quant au siège du célébrant et des enfants de choeur, ils ont été coulés à l'usine des "Grelots" au Mans.

L'aménagement se poursuivait ainsi lentement. Enfin, arrive en 1956 la consécration de l'église trois jours avant la fête de la Vierge Marie à qui l'église est dédiée, soit les 11 et 12 Août. Pour cette consécration, douze croix ont été sculptées et peintes sur les murs, rappel des douze apôtres. Le soir de la cérémonie et les trois soirs suivants, des amis de Fillé offrirent le spectacle d'une admirable illumination de la nouvelle église consacrée.

En 1957, il restait à rappeler la mémoire des soldats de Fillé morts pour la France.
A ce sujet, il faut signaler, tout d'abord, que la pierre de granit du maître-autel fut offerte par Mr et Mme FROMONT de BOUAILLE du château de la Beunêche, en souvenir de leur fils Gilles de FROMONT, mort pour la France, à la bataille de Dien-Bien-Phu. Une plaque de marbre noir, exposée dans la chapelle du choeur, en rappelle le souvenir.

Sous la fenêtre du clocher, dans l'église, un mémorial a été pratiqué. Il s'y trouve un Livre d'Or dans lequel sont inscrits les noms et biographies militaires de soldats de Fillé morts pour la France durant les guerres de 1914/1918, 1939/1945  et 1946/1954. Un coffret de cuivre surmonte ce livre d'or. Il contient un peu de terre prélevée, en premier, à DOUAUMONT près de Verdun en souvenir des morts de 1914/1918, puis à VILLENOBLE au CHEMIN, là où fut inhumé à sa mort, le 15 Juin 1940, André DUVAL et enfin, au cimetière de Saint AUBIN SUR MER où des Canadiens, tombés lors du débarquement du 6 Juin 1944, furent ensevelis.

Les dettes de cette reconstruction furent épongées : quêtes, dons, séances de projection, kermesses y contribuèrent, des années durant. Mention spéciale est à donner à Monsieur CHAMPION venu construire une petite résidence à FILLE lequel montra, en 1957, à l'occasion de séances récréatives, un samedi soir et un dimanche après-midi, ses talents d'acrobate et de funambule au-dessus de la Sarthe, en y présentant un élève amateur, le curé de l'époque !

Il se trouva qu'une nomination comme curé de BESSE SUR BRAYE ne permit pas à l'abbé BARON d'achever la restauration de l'église mais nul doute qu'il aura gardé de nombreux souvenirs de ces huit années de présence à la paroisse de FILLE.

NOUS LE REMERCIONS ICI POUR LES SOUVENIRS QU'IL A CONFIES A RENE.       


photo collection personnelle


Un groupe de personnes dont la Municipalité s'incline devant le Monument aux Morts juste après la guerre au premier rang duquel se trouve Monsieur BEUNARDEAU.
On remarquera après le pré, à l'emplacement du groupe scolaire actuel, se trouve encore la petite ligne du tramway.

Après la mort de Monsieur BEUNARDEAU, Monsieur LORY lui succède jusqu'en 1959.


Construction du clocher
"En Mars 1952, on vit s'élever un échafaudage de chevrons sur l'entablement du clocher de pierres..."





photo prise de la campagne filléenne avant la destruction du clocher lors de l'incendie de l'église.




La campagne filléenne avec, au loin, son clocher en construction ; la campagne est toujours aussi paisible mais au moment où la guerre d'Indochine se termine, le Magreb s'enflamme puis vint la guerre en Algérie.



photo collection particulière


Les bords de la Sarthe après la guerre, on aperçoit, à droite, les ruines de l'église.







Pendant ce temps, le pays se relève à peine de ses ruines que ce déclenche, en Algérie, le 1er Novembre 1954, ce qu'on a appelé la "TOUSSAINT ROUGE". Des indépendantistes commettent une série d'attentats dont certains meurtriers : deux soldats tombent sous les balles et l'histoire retiendra surtout le mitraillage d'un couple d'instituteurs, dans les Aurès, dont le mari ne survécut pas.

Le conflit se poursuit en 1955 et dans les premiers mois de l'année 1956, les accrochages meurtriers se multiplient. Le point de non-retour est atteint en Mars 1956 avec le départ des rappelés pour une guerre qui va durer six ans. Elle va déboucher en 1962 par l'indépendance de l'Algérie. Mais pendant six ans, à Fillé, comme dans toute la Métropole, de nombreux appelés s'en iront traverser la Méditerranée pour aller se battre en Algérie.
Cette génération "d'anciens combattants d'Afrique du Nord" participent maintenant à des retrouvailles, dans chaque village, chaque ville, chaque région, marqués, pour certains, par ce conflit qui a laissé des traumatismes.





Les Manceaux et les filléens retrouvent la plage de Fillé et les bords de la Sarthe sont (pour quelques temps encore mais pas pour longtemps) une alternative remarquable à l'exil côtier et des vacanciers en 1954, auteurs de la carte ci-dessous écrivent :

"nous sommes installés à la croix (la croix est à près de l'arbre de gauche sur la
plage), nous avons eu le soleil vers la Ferté et depuis le soleil nous suit, espérons le conserver, le patelin est mignon, la pêche est bonne et il y a de quoi nous baigner..."
En effet, il existait un coin de baignade avec des cabines de plage près du passage à gué. Depuis la baignade est interdite dans la Sarthe mais si les baignades d'antan ne sont plus la nostalgie demeure.



photo collection personnelle



Leur campement est en bas à droite de la photo ci-dessous, le long de la Sarthe


photo collection personnelle















La nostalgie des baignades d'antan demeure car GERARD CHOISNET nous raconte souvent comment , au hasard d'une de ses promenades, un jour d'été, près du moulin, il fit la connaissance d'un vieux monsieur ému qui lui raconta dans quelles circonstances il rencontra celle qui allait devenir sa femme.

En effet, ils s'étaient connus sur la plage de Fillé car avant la guerre, il y a de cela plus de soixante quinze ans, certaines écoles du MANS organisaient un voyage à FILLE pour récompenser les élèves qui avaient obtenu le baccalauréat. Ils partaient ainsi pour la journée par le petit train qui faisait encore la liaison entre LE MANS et FILLE.  Sur place, ils avaient le loisir de visiter la commune, de se promener dans la campagne ou bien alors de se reposer au bord de l'eau. Les plus sportifs avaient même l'opportunité de prouver leur mérite par des jeux nautiques en amont du moulin (on peut encore voir quelques cabines de bain sur certains documents d'époque).

Les élèves rentraient le soir par le dernier tramway, heureux de leur journée et parfois même heureux pour la vie...
En effet, c'est dans ce contexte que le vieil homme, tout juste diplômé à l'époque fit la connaissance de celle qui est devenue sa compagne. Il était venu tout simplement là en pélerinage.




En 1952, un peintre est venu à FILLE chez notre ami René BELLANGER et lui a laissé quelques oeuvres sur le village de Fillé. Fils d'immigré italien, après un passage aux Beaux-Arts, il fait ses classes à Montmartre. Homme du peuple, il croque volontiers les gens de la rue. Il devient au fil du temps un artiste reconnu et devient l'ami de PIAF, BREL ou encore Maurice CHEVALIER. Les collectionneurs éclairés l'apprécient. Il execute sur commande les portraits de SIMONE SIGNORET, GISCARD D'ESTAING, AZNAVOUR, Jean YANNE...etc.

Il vient passer quelques jours à FILLE en août 1952 où il peint plusieurs tableaux dont notamment un auto-portrait dans une attitude un peu singulière : il est assoupi le long de la Sarthe ou du canal tandis qu'il est à la pêche, il a une bouteille vide bien en apparence auprès de lui tandis qu'une couleuvre lui chatouille les doigts et qu'une libellule s'est posée délicatement sur l'un de ses doigts de pieds.
Il a peint son hôte et deux pêcheurs avec en arrière plan le moulin de Fillé.
Il a peint la plage de Fillé avec les cabines de bain qui existaient à l'époque. Belle époque ! Ce sont autant de témoignages d'une vie disparue !

Le Président des Etats Unis, Lyndon B. JOHNSON acquiert l'une de ses plus belles oeuvres du moment devant laquelle il fait la une du NEW YORK TIMES. Ses clients ont pour nom le producteur de cinéma Frank ROSS, l'acteur James STEWART, Henri FORD II et tant d'autres...

Malgré ce succès, Bernard Locca qui se considère comme un "bon ouvrier de l'oeuvre d'art" reste attaché à ses racines bretonnes et à Paris, il a le mal du pays, il revient. Il reste un homme modeste et fidèle en amitié, pas étonnant qu'il est gardé des liens d'amitié à Fillé... Nous les remercions tous les deux pour les souvenirs qu'il nous ont laissé.

Peinture de Bernard LOCCA (1926-1997) qui est venu peindre à FILLE en 1952.

 




photo collection personnelle

photo collection personnelle

FILLE FIN DES ANNEES 50

Dans les années 50, l'usine RENAULT embauche à tout va pour "tenir les cadences".
La production s'accélère avec le succès des voitures comme la 4CV, la frégate, la dauphine. C'est le temps béni du plein emploi et beaucoup de jeunes quittent la terre pour 'embaucher" à l'usine, travailler aux 3 x 8.

 

 

 

 

 

 

correspondances et récits : collection personnelle

mémoires de Monsieur SOYER sur bulletin communal de la ROUE TOURNE

extraits des souvenirs confiés à RENE GAIGNON par l'ABBE BARON en soirée publique lors d'une interview en 1990 et transcrites sur le bulletin communal de la ROUE TOURNE.

 


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Catégories: LA QUATRIEME REPUBLIQUE
30 Mar 2008 
Les vingt années entre 1919 et 1939 furent une desespérante illusion et en Septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologue ce qui déclencha la deuxième guerre mondiale.

Un an auparavant, après de nombreux ballets diplomatiques, Chamberlain et Daladier avaient signé les accords de Munich en présence d'Hitler et de Mussolini ce qui mettait fin à la crise des Sudètes et indirectement scellait la mort de la Tchékoslovaquie en tant qu'état indépendant. Cet honteux compromis fit dire par Wiston Churchill : "Ils ont accepté le déshonneur pour avoir la paix mais non seulement ils auront le déshonneur mais ils auront aussi la guerre." Ce qu'il prédit arriva : le 3 Septembre 1939, Londres et Paris déclarèrent la guerre à l'Allemagne suite à l'invasion de la Pologne, le 1er Septembre, par les troupes allemandes.

Après une drôle de guerre de huit mois, l'Allemagne déclenche son offensive sur les pays du nord de l'Europe du nord puis ensuite sur la Belgique et la France. Hélas, on assiste à l'effondrement total de la ligne de défense française et la défaite est inévitable : le front étant totalement disloqué, les allemands envahissent la Belgique et le Nord en quelques jours. Le gouvernement français lance un appel desespéré aux Britanniques pour avoir un appui aérien et une escadrille anglaise est enfin transférée au Mans dans la journée du 8 Juin.

Succombant à un "sauve qui peut" collectif, les populations du Nord et de l'est de la France ainsi que de la Belgique se jetèrent sur les routes de l'exode et se heurtèrent pour la plupart au franchissement des ponts sur la Loire ajoutant leur panique à celle de la débâcle des soldats français.

Je me souviens de récits que m'avait confiés ma mère qui avait été témoin de scènes très pénibles alors qu'elle était serveuse au restaurant "Le Pigeon d'Or" aux Ponts-de-Cé, ville où se trouvait un pont stratégique sur la Loire. De nombreux réfugiés avaient envahi l'établisssement et les personnes qui y étaient employées n'arrivaient plus à faire face devant ce flot humain dont certains venus de Hollande et de Belgique et du Nord de la France ; qui  ne réclamaient souvent qu'un verre d'eau mais tellement desemparés étaient devenus agressifs pour certains devant le danger, la peur et aussi la souffrance.




Dessin de Christiane Choisnet

Départ dans la précipitation, exode pour des millions de gens... vers où ??

C'est ainsi que le 14 Juin, les troupes allemandes entrèrent dans un Paris désert, déclaré "ville ouverte" et le peu de parisiens qui restaient assistèrent à des "images choc" : le défilé des troupes allemandes sur les Champs Elysées, le drapeau à la croix gammée flottant sous l'arc de triomphe.

Le gouvernement de Pétain est prêt à capituler et après l'armistice signé le 22 Juin, la plupart des malheureux évacués rejoignirent leur domici
le mais, néanmoins, cent mille d'entre-eux périrent sous le mitraillage des routes.


Les populations civiles ont payé un lourd tribut à la guerre surtout après le débarquement le 6 Juin 1944 en Normandie. Des villes entières furent rasées.

Monsieur BEUNARDEAU eut la lourde charge de gèrer la commune pendant la guerre.
Il était invalide de la première guerre. Il était conseiller général, Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre et médaillé militaire. Il avait été élu Maire le 19.05.1929, réelu en 1935, en 1941 et en 1947 après la Libération. Il mourut le soir de Noel 1951 suite à un malaise pendant la messe de Minuit.






 illustration empruntée à image perso-orange.fr




Fin des années 30, pourtant, le temps des Loisirs chèrement acquis avait commencé : après des années de grèves et d'agitation sociale, les travailleurs français atteignirent leur but : 40 heures de travail par semaine et deux semaines de congés payés pour chacun. Cependant, le train était cher et l'automobile restait du domaine du "rêve".




Des dizaines de milliers d'entre-eux choisirent la bicyclette et une vague turbulante déferla sur le cyclotourisme qui devint très populaire. Ainsi commença l'âge d'or des bicyclettes artisanales.



Mais, hélas, l'invasion allemande en 1940 devait bouleverser la vie quotidienne des français. En dépit de la rigueur du temps, la production continua à une moindre échelle et la bicyclette devint plus un moyen de transport qu'un équipement sportif. Beaucoup de cyclotouristes citadins en profitèrent  pour battre la campagne à la recherche de produits fermiers pour se nourrir. Certains manceaux se procurèrent des victuailles ches nos paysans de FILLE. Et la demande de bicyclettes devenait supérieure à la production ; il fut institué un formulaire destiné à la Préfecture pour ceux dont l'utilisation de la bicyclette constituait un moyen de transport pour se rendre au travail.




photo sur archive municipale





Soldats du 97° RAD le long du canal ci-dessous et ... ci-dessus sous le pont du canal

En mars 1940, l'un de ces soldats écrivait à sa mère : "Espérons que la guerre sera bientôt finie et que nous n'en reparlerons plus. Ici, les alertes ne sont pas trop nombreuses, c'est un secteur calme mais vois-tu la vie est bien bizarre parfois et cette fois-ci, je ne suis pas encore en veine puisque l'on repart ou ? mystère..."



Lors de la soirée du 8 Mars 1991 à la MTL, nous avons pû entendre le reportage enregistré et présenté par René GAIGNON avec l'Abbé Baron qui fut curé de Fillé après-guerre, reportage retranscrit sur "LA ROUE TOURNE", le bulletin communal d'Octobre 1991. A notre grande surprise, nous avons appris que l'abbé BARON faisait partie des soldats du 97 Régime d'Artillerie Divisionnaire dispersé à Fillé. Mais voici, un extrait de cet interview du 12 Février 1990 présenté en 1991 :

- R.G. : "Nous recevons M. l'Abbé BARON qui va évoquer ses souvenirs de FILLE SUR SARTHE"

- Abbé Baron : "Celui qui vous parle en ce 12 Février 1990 chez Monsieur GAIGNON  aux Gesleries de FILLE est un aumonier retraité du Centre Hospitalier du Mans. Il fut le curé de la paroisse du 17 Septembre 1950 au 6 Juin 1958 et chargé, par Monseigneur GRENTE, son évèque, de la restauration de l'église incendiée malencontreusement, lors de la Libération par les troupes américaines du Général Patton, le mardi 8 Août 1944.
C'est tout une histoire, une histoire passionnante..."

- R.G. "Comment avez-vous connu FILLE ?"

- Abbé Baron : "FILLE, j'en avais entendu parler quand j'étais jeune car ce petit pays avait la réputation d'être un lieu de villégiature, de promenade et surtout de pêche. Les amateurs de pêche, en effet, aimaient partir du MANS, par le "petit tacot", le tramway départemental, à FILLE. C'est tout ce que j'en savais, si ce n'est qu'une fois pour y être passé, enfant, en promenade, par ce même tacot avec le patronage du Tertre Saint-Laurent. Mais le souvenir en restait vague et peu précis..

Par contre, un évènement y aura marqué ma vie. Il y aura de cela cinquante ans le premier Mars prochain, un régime d'artillerie hippomobile était rassemblé à LA SUZE pour se disperser dans des communes voisines. Ce Régiment était le 97ème Régiment d'Artillerie Divisionnaire (97° R.A.D.). Le même jour, s'installaient à FILLE, au château du Gros Chesnay, l'Etat Major,  puis au bourg, la Batterie Hors Rang (B.H.R.), enfin, au-delà du canal, la 9ème Batterie.

C'est ainsi que séminariste-soldat, j'allais loger le soir même, dans la maison natale de Monseigneur Julien GOUET, à la "Pelouse" inoccupée à ce moment-là.

J'y restais une dizaine de jours avant de trouver gîte, avec mes camarades, dans d'autres maisons des "Iles" où étaient installé le Poste de Commandement (P.C.) du Capitaine qui était alors le lieutenant André Boulle. Cela dura jusqu'au 25 Mai 1940.

Il n'est pas banal que, dix ans plus tard, ce séminariste-soldat devenu prêtre en 1944, trois jours avant le débarquement des alliés en Normandie, soit désigné comme curé de la paroisse. Mais cela s'explique assez bien : ses liens avec FILLE n'avaient pas cessé. En effet, le dimanche, pendant la "drôle de guerre", donnait l'occasion aux militaires de rencontrer le curé d'alors, l'abbé COURONNE, et, pour plusieurs séminaristes-soldats, de venir le saluer après la messe, d'être reçus par lui et de bien le connaître. D'autant plus qu'au retour de la guerre, après l'armistice, lors de l'Occupation, le séminariste-soldat libéré des obligations militaires est venu, à plusieurs reprises, à vélo du Grand Séminaire du Mans au presbytère de Fillé. Grâce à Monseigneur Julien GOUET, un ravitaillement bien précieux pour des jeunes démunis de nourriture à l'époque était préparé soigneusement et déposé par le boucher, Monsieur TRIBOTTE et le boulanger, Monsieur LELASSEUX...".  







 Affiche informant le public qu'il était interdit d'écouter les émissions de la radio anglaise.

La CROIX ROUGE FRANCAISE a subi de plein fouet le choc de la deuxième guerre mondiale et a dû faire face à de nombreux problèmes liés à l'occupation de notre territoire. Le conflit armé avait cessé mais les activités de guerre ont laissé place à des actions d'aide aux populations civiles souffrant de graves problèmes d'approvisionnement dus à cette occupation par une armée toujours en guerre et ayant besoin d'énormes ressources pour soutenir son effort de guerre.

La CRF s'est employée aussi à venir en aide aux enfants necéssiteux ainsi qu'aux civils dans les camps mais en 1942 a été supplantée dans ses actions par la volonté exprimée par VICHY de la marginaliser au profit de structures plus instrumentalisables comme LE SECOURS NATIONAL. Cet organisme avait été créé en 1914 pour venir en aide aux soldats et surtout pour épauler les organismes sociaux. Il fut recréer en 1940 également dans cet esprit mais aussi pour accroître l'aide apportée aux femmes de prisonniers. Mais ce fut surtout un bon instrument de propagande du Maréchal Pétain.

document personnel
document personnel

brochure éditée en 1941 par le SECOURS NATIONAL et destinée principalement aux femmes de prisonniers pour les conseiller dans la fabrication de conserves et
leur donner des recettes de confiture sans emploi de sucre ordinaire puisqu'il manque.  Il faut bien sûr savoir conserver les aliments pour l'hiver car le réfrigérateur et le congélateur n'existaient pas encore.



La vie quotidienne des français se caractérise par la pénurie. Entre 1940 et 1941, la liste des denrée rationnées s'est allongée. Après le pain, c'est le sucre, puis le beurre, puis la viande, le café, la charcuterie les oeufs, l'huile, le chocolat, le poisson frais, le lait et enfin les pommes de terre. La société de marché noir se met en place. Beaucoup de citadins se découvrent des "cousins" à la campagne : on troque de la matière grasse contre du tabac, du porc contre un blouson, un lapin contre un costume. Il a été institué des cartes d'alimentation qui ont perdurées bien après la guerre jusqu'à la fin des années 40 (voir chapitre concernant L'APRES-GUERRE et LA RECONSTRUCTION DE L'EGLISE).
Une Dame de Fillé m'a confié qu'un jour (à cette époque, elle était jeune mariée) elle était allée assez loin, à bicyclette, pour chercher du bois qu'elle avait enfin trouvé sous forme de planches qu'elle avait placées sur le porte-bagages arrière et bien sûr qui dépassaient largement le gabarit du vélo à tel point qu'un homme dans un champ à la Croix-Georgette, la voyant passer s'était exclamé : "Mais ce n'est pas un vélo ça ! c'est un avion !". 

Pour les femmes surtout celles dont le mari est absent ( prisonnier) c'est le temps de la "débrouille", de la récupération de vieux pneus pour ressemeler les chaussures à la confection de salade au savon sans huile. Mais il fallait surtout "tenir le coup" malgré l'angoisse, l'attente : c'était la vie des femmes de prisonniers au quotidien.

Car, en effet, à la fin de la "drôle de guerre" beaucoup de nos soldats ont été capturés. Rien que pour notre village de FILLE - sauf erreur - dix sept filléens ont été répartis dans divers stalags et oflags en Allemagne. Ce furent pour une grande majorité d'entre-eux, cinq longues années d'une dure captivité et beaucoup de souffrances. Si, certains organismes renouvellaient fréquemment les démarches pour obtenir des autorités compétentes le retour des prisonniers dans leur foyer, le Comité Central d'Assistance aux Prisonniers en captivité relayés en cela par les comités locaux dans les communes était chargé de faire parvenir aux prisonniers de guerre des colis de nourriture.

Ci-dessous : document Archive MAIRIE DE FILLE = fiche établie par la MAIRIE pour chaque colis adressé à chaque prisonnier de guerre





Correspondance document privé : correspondance adressée par l'Employeur d'un prisonnier de guerre aux autorités allemandes afin d'obtenir son rapatriement = démarche non aboutie.

Ces colis étaient acheminés par la CROIX ROUGE et aussi grâce au gouvernement helvétique qui, dès le début des hostilités est intervenu auprès des belligérants pour faire parvenir des colis postaux aux prisonniers. Ceux-ci vivaient d'espérance et ces colis leur signifiaient que dans leur village on ne les "oubliait pas".

Je n'ai pas personnellement vécu cette période, étant née en 1946, mais j'étais moi aussi une fille de "K.G." qui s'est évadé deux fois durant sa captivité en Allemagne et, chaque fois repris, finalement expédié dans le camp disciplinaire de RAWA-RUSKA que CHURCHILL appelait "le camp de la mort lente". Si la plupart des allemands dans la population manifestement n'aidait pas les prisonniers dans leur évasion car mon père et son compagnon d'infortune ont été "cueillis" à la sortie d'un cinéma lors d'une évasion, par ailleurs, ils avaient trouvé bien en évidence, sur une poubelle, une boussole et une carte d'Allemagne ; signe qu'il y avait tout de même des gens parmi les allemands qui avaient une certaine sympathie pour les "K.G.". Mais voilà que je m'évade, moi aussi, revenons donc à la période d'occupation à FILLE.







Pendant la guerre, à
FILLE comme ailleurs, certains acceptèrent leur sort, se résignèrent, d'autres ont relevé la tête et ont choisi de lutter contre la barbarie nazie. Certains parmi ces hommes et ces femmes à FILLE se sont comportés en véritables héros.

Aussi, n'oublions pas le rôle de Madame Hélène LE BIHAN dont le père, mécanicien, était installé en face de la Mairie. Elle a caché chez elle des résistants du réseau d'ETIVAL-EN-CHARNIE et des pilotes anglais.

Le 17 Juin 1944, les B-17 du 306th BG ayant décollé le matin même de la base aérienne anglaise de THURLEIGH sont chargés de bombarder massivement un pont ferroviaire enjambant la rivière "la Sarthe" à Noyen-sur-Sarthe. Le survol de la Manche se fit sans difficulté.

En revanche, le franchissement de la côte française fut plus délicate. L'appareil du pilote américain Joseph W. PEDERSEN fut endommagé par une flak allemande mais l'équipage décida néanmoins de poursuivre sa mission quand tout à coup,
la forteresse volante s'enflamma au-dessus de la ville de Loué, celle-ci risquait donc d'exploser. Aussitôt les 9 membres de l'équipage sautèrent en parachute dans la région et furent tous sains et saufs. Le pilote du B-17 Joseph W. PEDERSEN trouva refuge à FILLE chez Madame Hélène LE BIHAN après avoir été hébergé successivement dans une ferme d'Auvers-le-Hamon et chez un barbier du Mans. Retourné ensuite au village d'Auvers-le-Hamon , Joseph W. PEDERSEN fut capturé le 25 Juillet 1944 ainsi que le barbier du Mans et son "hôte" d'Auvers-le-Hamon, dénoncés sans doute par un traître belge ayant infiltré les réseaux d'évasion de la région. Ils furent ensuite, tous les trois, envoyés en déportation au camp de BUCHENWALD où les deux hommes qui cachèrent le pilote (le fermier d'Auvers-le-Hamon et le barbier du Mans) trouvèrent la mort.

Quelques uns des compagnons du pilote de chasse qui formaient l'équipage du B-17 eurent plus de chance car ils réussirent à se cacher dans les fermes autour de Loué jusqu'au jour fatidique de la Libération. Quand à lui, Joseph W. PEDERSEN, il ne fut libéré qu'en 1945, il retourna alors aux USA où il décèda en 1986.






Avant la guerre, Jean de Maupéou est ordonné prêtre au Mans en 1933. Il est mobilisé en juin 1940 et en août, après la débâcle, il revient au Mans alors que six de ses frères sont prisonniers de guerre en Allemagne. Il est affecté au 14 de la rue du Docteur Leroy comme responsable de la Jeunesse Catholique et aumônier des scouts.

Progressivement, l'abbé Jean de Maupéou que ses camarades surnomment affectueusement "Le Pou" devient le père spirituel de ceux qui partagent son idéal de fraternité et de générosité. En avril 1943, il bénit le mariage en l'église de la Couture de deux chefs scouts Paul Marchal* et Kathleen Creenshaw qui refusent, eux aussi, d'abdiquer. Ensemble, ils pensent aux lendemains difficiles de ceux qui ne se résignent pas et préparent ainsi des provisions de vivres, de vêtements, des caches d'armes vers FILLE. Grâce au courage et au patriotisme de quelques filléens, Ils y trouvent également un refuge paisible dans les prairies du bord de Sarthe, près du manoir de la Beunêche pour des jeunes qui veulent échapper au STO. Malgré sa santé difficile, Jean de Maupéou distille une incroyable force morale. Il ne supporte vraiment pas la présence allemande et ses sermons en témoignent. Malheureusement, le 9 Décembre 1943, une traction noire s'en vient stationner devant le 14 de la rue du Docteur Leroy : la Gestapo l'arrête. De jeunes scouts voient disparaître leur aumônier dans la traction noire de la Gestapo : il a juste le temps de leur faire un léger signe de la main puis torturé, il sera jeté en prison vers 22 Heures. En Janvier 1944, ce sera un transfert vers le camp de Buchenwald puis Mauthausen et Ebensee, la pire annexe du camp de Mathausen où il meurt d'épuisement aux dernières heures de la guerre, dans la nuit du 23 au 24 Avril 1945. Il recevra la Légion d'honneur et la croix de guerre à titre posthume.

* Paul Marchal, professeur au Lycée Montesquieu, chef de clan scout à Notre Dame du Mans, fut déporté aussi à Buchenwald où il mourut le 17 Janvier 1945. Il reçu, également à titre posthume la Croix de Guerre avec palme, la Médaille de la Résistance et il est devenu Chevalier de la Légion d'Honneur.








photo collection particulière






Reconstitution de l'attaque de l'église lors de la Libération : les chars alliés embusqués sur le pont du canal (point de mire du clocher) déclenchent une série de tirs qui vont embraser l'église, puis le presbytère, etc...

Pendant que les alliés débarquent en Normandie le 6 Juin 1944, les services administratifs de l'armée de l'air allemande (la Lutwaffe) se replient de Saint-Brieuc sur FILLE où ils s'installent dans le Chateau du Gros Chesnay, à la Beunèche, ainsi qu'au chateau des Gesleries. Les allemands ont été surpris de trouver sur place et autour de la commune des nids de résistance.


Entre le débarquement des alliés et la libération c'est-à-dire, pendant près de deux mois, les habitants de la commune vont subir le couvre-feu de 23 heures à 6 heures du matin, le contrôle des requis et les perquisitions policières.



Il faudra attendre le 7 Août 1944 pour voir enfin l'arrivée des troupes alliées à FILLE avec une colonne d'automitrailleuses et des chars Scherman, le soulagement est grand !

Jusqu'alors préservée des combats, la commune allait connaître ses premiers tirs...

Quand le 7 Août arrivèrent les américains : chez les allemands c'est la panique et le "sauve qui peut" mais on refuse de se rendre, alors aussitôt les premiers coups de feu vont éclater. Pendant trente à quarante minutes les escarmouches vont se succéder. Un allemand sera tué entre l'église et la Maison du Passeur, un autre dans la cour de l'ancien maréchal ferrand, un troisième dans les Gesleries, non loin du château qui sera incendié par l'occupant car il contenait d'importantes archives de l'armée allemande.


Madame Yvonne LETOURNEUR, passeur au bac du Moulin de la Beunêche au début du siècle, narrait en ces temes les évènements de la Libération de Fillé :

"Et puis brusquement c'est l'orage, une drôle de machine frappée d'une étoile surgit sur la route des Vignes..... le lendemain le clocher brûle.

Bientôt la pluie effacera les larmes et avec le soleil revenu, ce sera à nouveau le temps des moissons, du battage..."






La nuit du 7 au 8 Août 1944 sera parsemée de coups de feu isolés, du bruit du canon avec le combat de chars Sherman et Panzer de la Belle Etoile (route d'Angers). Dès le matin, des tirs se font entendre du côté de la chapelle du cimetière où un allemand s'est caché.



Mais l'évènement qui reste inscrit dans les mémoires de ceux qui ont vécu cette période dramatique est celui de



L'INCENDIE DE L'EGLISE


Arrivés à l'entrée du bourg, deux objectifs sont la priorité des libérateurs : le cimetière et le clocher de l'église où se sont réfugiés les "verts de gris".

En effet, quelqu'un aurait signalé aux troupes alliées que des allemands se seraient réfugiés dans le clocher de l'église. En voulant examiner les lieux, une personne aurait heurté une corde servant à actionner les cloches, l'alerte est donnée.


Rapidement, un char allié se met en position de tir : embusqué sur le pont du canal, il décoche une rafale sur le clocher de l'église qui prend feu. L'église s'embrase en un éclair et le clocher s'écroule du côté de la rivière. Cette précision a son importance car de l'autre côté, face à l'église il y avait un dépôt de munitions !

L'intervention rapide des habitants qui font la chaîne évitera que le feu se propage dans le bourg mais du presbytère attenant qui se trouvait à l'emplacement de la cantine actuelle, il ne restera rien. Un autre sera reconstruit mais de l'autre côté, près de l'école privée.

Petit à petit le calme revient : ainsi finit la guerre à Fillé...





L'INCENDIE






Intérieur de l'église après l'incendie.




Le Père Couronne était curé de Fillé pendant les évènements de la Libération
Le voici, dans le jardin du presbytère qui sera détruit lors de l'incendie de l'église.

Une Commune : FILLE face à l'histoire


EXTRAIT DES CAHIERS DU MAINE LIBRE N° 2 D'OCTOBRE 1944


SOUVENIRS DE LA LIBERATION DE LA SARTHE FEU D'ARTIFICE A FILLE

Fillé, avant la guerre, était, dans la banlieue du Mans, un centre de tourisme "très couru". La Sarthe, ondoyante et capricieuse, y poétise les rives et les bois. De temps en temps un chaland passe. Chaque plage et chaque crique sont hantées par les pêcheurs, les Parisiens, les Manceaux et les Sarthois en liesse. On oublie les bruits de la grande ville et les soucis de chaque jour. Là tout n'est qu'ordre et beauté, et calme et bonheur...

Brusquement, ce paysage de paix est troublé par les bruits de la guerre. Il faut cependant attendre les derniers jours de l'occupation allemande au pays cénoman pour que ce coin de campagne, hors des routes stratégiques, retentisse du bruit des bottes. Pour peu de temps, heureusement....

Le 7 Août 1944, à 20 h 30, des tanks américains surgissent à l'improviste, sans que personne les attendent de ce côté de la petite route des Vignes. Les allemands cherchent à fuir. La fusillade éclate. De toutes parts se fait entendre le crépitement des mitrailleuses. Un tank américain, en batterie à l'entrée du canal, tire sur le clocher où se trouvent des allemands et le détruit partiellement.

Soudain, le feu se déclare dans des écuries garnies de foin et de paille et prend rapidement des proportions inquiétantes, car les balles qui sifflent sans arrêt rendent toute intervention impossible. Une lueur rouge éclaire le ciel. Une maison brûle route de Spay.

Les allemands mettent le feu au château des Gesleries.

Un certain nombre de soldats réussit à passer la rivière et à gagner les bois. Le calme renaît. Les habitants peuvent faire la chaîne et limiter les dégâts des incendies qui font rage.

La nuit relativement calme, reste inquiète : dix tonnes de munitions allemandes sont entreposées au centre du pays. La journée du lendemain est vécue dans l'espérance et dans l'attente. Mais à 18 h 30, la fusillade recommence....

Ce sont des allemands cachés dans les chapelles du cimetière qui viennent de nouveau d'ouvrir le feu. Les tanks ripostent. Et bientôt un léger nuage de fumée se dessine au sommet du clocher. Le feu ! Quelques instants plus tard, la flèche est embrasée.

Par bonheur, le vent souffle vers la rivière. Moments d'angoisse. Pourvu que le vent ne "tourne" pas ! Le clocher alors s'abattrait sur les maisons d'en face, pleines de munitions.

Le feu gagne la toiture, l'église entière, le presbytère. Un bruit lugubre et sourd : les cloches tombent.

Elles ne sonneront pas, ce soir, l'annonce de la Libération. Mais la joie chantera au coeur des habitants, car il y a des ruines sans doute au village charmant, presque toutes les maisons portent des traces de la bataille, mais tous se retrouvent, saufs, et libres !...



Extèrieur de l'église après l'incendie du 8 août 1944





photo collection personnelle


Les allemands avaient occupé le château des Gesleries qu'ils vont incendier avant de prendre la fuite car il contenait d'importantes archives de l'armée allemande.


Après cette guerre, quatre nouveaux noms s'inscriront sur le monument aux morts inauguré en 1923 et qui se trouve à l'entrée du cimetière : quatre jeune filléens ont fait le sacrifice de leur vie pour notre Liberté !










plaque apposée à l'entrée de la rue de la Libération et retirée fin des années 90 afin qu'elle ne subisse pas de dégradations
























Pastel de l'église exécuté par Frédéric PIQUET









- Concernant les actes de résistance et



plus particulièrement Mme Hélène LE BIHAN, certaines



sources d'information sont empruntées au site :



pagesperso-orange.fr/forcedandling/pedersen



- Concernant les résistants de la Jeunesse Catholique :



sources bibliographiques =



100 visages de la résistance et de la déportation en Sarthe de Joseph Estevès



et article sur Soeur C. Berbigier de la VIE MANCELLE ET SARTHOISE d'Avril 2009.



- photos de l'incendie de l'église et de l'abbé Couronne : archives de la paroisse de Fillé



- concernant le récit du cahier du Maine Libre n° 2 d'Octobre 1944 :



"FILLE, une commune face à l'histoire" = cahier de ma collection privée



- concernant le récit des évènements de la Libération de Fillé : récit de Monsieur René GAIGNON rapporté au moment du cinquantenaire de la Libération.















- concernant la narration des évènements par Madame LETOURNEUR :



sources empruntées lors de l'exposition qui a eu lieue en Janvier 1987 à FILLE :



"FILLE D'HIER et d'AUJOURDHUI" organisée par le Comité d'Animation de l'époque.






















Baston - se battre violence guerre combatre pistoler arme





















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