Après avoir écrit ces pages d'histoire de la commune de Fillé, une autre page (la nôtre) étant définitivement tournée, je prends la liberté de vous livrer quelques impressions et réflexions de ce que j'ai vécu, moi, Christiane Choisnet et avec le recul que j'avais en toutes circonstances auprès d'un maire d'une petite commune(car en fait une commune de 1500 habitants n'est qu'une petite commune comparée à celles où j'ai vécu avant de venir vivre à Fillé : Les Ponts de Cé, Trélazé, Montrouge, Malakoff, Allonnes)
Toutes ces communes très riches en vie associative ont aussi, pour certaines, un passé industriel très important notamment pour celui de Trélazé où le patrimoine ardoisier a forgé son histoire et en même temps mon passé, le mien, de l'enfance à l'adolescence..
Je me souviens surtout, j'avais sept ans, c'était en Août 1953, j'étais avec ma mère et une amie et j'ai vu les pavés d'Angers résonner de la colère des galoches ouvrières, de la colère des "perreyeux"... cette année-là, le mois d'août fut très chaud car le gouvernement Laniel remettait en cause les acquis attribués après la Libération et notamment celui du recul de l'âge de la retraite (comme quoi dans le monde social, l'histoire se répète...) Je me souviens aussi que nous avions eu très peur car les gardes mobiles à cheval chargeaient la foule et la grève fut très dure. Mais la solidarité ouvrière n'est pas un vain mot et des dons ont permis de tenir... C'est pourquoi aujourd'hui quand je vois le mot "solidarité" mis à toutes les sauces
Mais bon, tout ceci est une autre histoire....

Malakoff peint par Henri Rousseau en 1898
illustration empruntée à fr.wikipédia.org :
Henri Julien dit le Douanier Rousseau était grand oncle par alliance de Gérard, mon mari : Le Douanier Rousseau était marié en seconde noce avec une veuve : Joséphine Nourry qui était la tante de sa grande-mère paternelle. Joséphine Nourry femme Rousseau était native de BLAISON GOHIER, "village de charme" situé au bord de la Loire, sur la rive sud, berceau de la famille de sa grand-mère.
Bref, l'eau a coulé sous les ponts des Ponts de Cé... revenons dans ce village qui a beaucoup évolué depuis notre arrivée en 1977 : une évolution majeure pendant les trois mandats de GERARD où j'ai fait la connaissance de gens charmants que je n'aurais sans doute jamais eu l'occasion de rencontrer si mon mari n'en avait pas été le premier magistrat pendant près de vingt ans. Des gens charmants parmi les anciens dont certains sont disparus et dont je garde un souvenir précieux. Des gens charmants parmi les nouveaux arrivants mais aussi également à l'extèrieur de Fillé car indiscutablement, il se créé autour de vous un réseau de relations dont certaineO% nous ont aussi beaucoup apporté.
Par contre, j'ai appris à discerner les valeurs essentielles et les necéssités qu'elles induisent. J'ai appris que certaines "amitiés" créées au hasard de rencontres et surtout à l'occasion du besoin des uns et de l'ambition des autres ne sont que de la poudre aux yeux car beaucoup se "servent" des élus - quels qu'ils soient - pour assouvir leurs intérêts particuliers et s'éloignent d'eux sans aucune sorte de scrupule dès qu'ils en ont éprouvent plus le besoin.
J'ai très vite découvert que dans ce "petit monde" de la politique, on devait dissocier les personnages interlopes qui s'y complaisent : tout un monde d'arrivistes et de carrièristes peu scrupuleux .
Désormais, la force affective du petit groupe soudé qui s'épaule et qui refait le monde au cours de nos petites soirées tout à fait sympas, éloigné du paraître, emplit largement notre univers.
Je vous livre volontiers d'autres impressions sur ce que je pense que doit être la vie d'une petite commune :
LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE, des mots écrits sur la pierre des édifices publics qu'il faut faire vivre dans cette première cellule de la vie démocratique qu'est la commune.
La LIBERTE ?, certes les libertés existent , mais il ne suffit pas de les proclamer, il faut aussi respecter celle des autres.
La FRATERNITE ? un bien grand mot dans ce monde de "chacun pour soi", de l'isolement et parfois de la solitude. Les talents, la générosité, le besoin d'enthousiasme existent mais nous constatons que chacun s'enferme de plus en plus dans les limites de sa clôture, dans sa "bulle".
On entend couramment dire, depuis quelques années, que les mentalités ont changé, que le monde paraît plus dur, plus cynique qu'autrefois.
On ne peut qu'être dubitatifs quand on s'aperçoit qu'il y a une dizaine d'années, aucune personne n'a pris la peine de se déplacer à la MTL à une soirée telle que celle du téléthon mais quand il s'agit de venir assister à une réunion de conseil qui promet d'être houleuse ou plutôt où il y a "du poil d'arraché" quand il s'agit de venir se gargariser du "bêtisier municipal qui regorge de mensonges" il y a beaucoup de spectateurs de tous bords à venir s'y délecter...
ENFIN ET SURTOUT LES FILLEENS TENAIENT A LEUR ADRESSER UN "BLAME" EH BIEN ILS L'ONT EU ! ET MOI JE M'EN REJOUIS AINSI QUE TOUS LES CONTRIBUABLES DE FILLE QUI S'INTERROGENT SUR CETTE DECISION DE SOUSCRIRE CE PRET-RELAIS C'EST TOUT DE MEME L'ARGENT PUBLIC !

photo M.L.
Moi, lorsque j'avais vingt ans, je quêtais ardemment la vérité. Je croyais que les livres pouvais m'y donner accès. A l'adolescence, je lisais Camus, Claudel, Péguy, Descartes et beaucoup d'autres auteurs... je dévorais tous les livres. Quand il m'arrivait de prendre le train pour me rendre à Ingrandes, à Nantes ou à Paris, je savais que les voyageurs dans le compartiment ne supporteraient pas de voyager trois heures sans entamer la conversation avec leurs voisins. Alors moi, sans trop y participer, j'écoutais leur bavardage, j'écoutais sans ennui, l'un deux était peut-être porteur d'une pensée libératrice, il m'est arrivé d'assister à des conversations brillantes où questions et réponses se télescopaient.
A plus de soixante ans, je suis renvoyée à ma propre solitude. Je prends rarement les trains mais je n'aime plus entendre les gens jacasser dans les trains : c'est la misère intellectuelle.
Une anectode, l'an passé, dans un TGV en revenant de Marnes-la-Vallée avec ma petite-fille, une jeune fille de 16/17 ans prend place sur la banquette en vis-à-vis et aussitôt extrait son portable de sa poche. Une heure et demi durant, il ne quittera pas sa main. Au début, je pense qu'elle consulte des messages. En réalité, elle envoie des SMS et une discrète vibration l'avertit des réponses. Rien de très original dans cette occupation sinon qu'à aucun moment l'adolescente ne paraît se détacher de son portable pour jeter un oeil sur le paysage ou se plonger dans quelque lecture. A aucun moment, elle n'a levé un regard sur ses voisins. C'était bien son droit, direz-vous de rester dans sa "bulle". Droit à l'indifférence ! et pourtant, je crois que dans notre société l'écoute à céder la place à des bavardages sur portable ou sur écran.
Et pourtant, la citoyenneté suppose à consentir à partager l'existence d'inconnus que la vie rapproche de nous : là où nous sommes, c'est-à-dire dans le territoire de la commune : les citoyens dans la cité.
La commune ce n'est pas seulement la tension de périodes électorales avec leur souverain mépris c'est aussi le désir d'accueillir, de s'ouvrir aux autres, la tolérance, la recherche de l'amitié, la sauvegarde du paysage et en un mot : LE SAVOIR VIVRE.

Si vous désirez nous donner vos impressions ou vous commentaires sur l'histoire de Fillé ou partagez également vos reflexions sur ces dernières visions des choses vous pouvez écrire à Christiane CHOISNET boite mail : g.choisnet@orange.fr
















