Annonce

26 Mar 2008 
 





Lorsque Jean Joseph Leboindre, doyen du Parlement de Paris, Baron de la Beunèche, Seigneur de Vauguyon, Le Gros Chesnay, Buffes, Spay et Fillé décède sans héritier le 4 Décembre 1757, Monsieur François Daniel de Beauvais, noble, né au Mans en 1719 et demeurant en cette ville, quartier Saint-Nicolas, rachète la seigneurie, ce qui le fit qualifier : Seigneur de la Beunèche, Vauguyon, Le Gros Chesnay, Roezé et Spay.

Il épousa au Mans, Marthe Plumard de Rieux, fille d'un échevin de cette ville qui, veuve, fut convoquée comme dame du Gros Chesnay en 1789 à l'assemblée de la Noblesse du Maine à l'élection des députés aux Etats Généraux.

A la mort de François Daniel de Beauvais, son fils Louis-Marie Daniel de Beauvais, capitaine de cavalerie et receveur général du tabac au Mans lui succède.








En 1717, un tavernier s'était installé à FILLE. Jusque vers la fin du seizième siècle(d'après un article paru en 1880), on n'avait pas considéré cette profession comme un métier proprement dit : pouvait se faire cabaretier qui voulait, en payant certains droits et en se conformant aux ordonnances de police. C'est ce qui est exprimé clairement dans le Livre des Métiers d'Etienne Boileau. Ce texte nous prouve que même les taverniers (on ne distinguait pas encore des cabaretiers) pouvaient vendre leur vins au taux qui leur convenait, pourvu qu'ils se servissent des mesures légales.

Plusieurs ordonnances réglèrent alors le prix du vin. Pendant la Ligue, en 1590, le vin fut vendu 6 sous le vieux et 4 sous la pinte, le nouveau. Toutefois, c'étaient là des mesures qu'on ne prenait guère qu'aux temps de calamité publique. Les statuts des cabaretiers en corps de métiers ne remontent pas au-delà de 1587. Henri III donna des règlements communs aux marchands de vins, cabaretiers et taverniers.

Les taverniers ne pouvaient vendre que du vin "au pot", c'est-à-dire à emporter, comme les marchands de vins. Non seulement, ils vendaient du vin au détail mais pouvaient donner à manger. Ainsi une déclaration royale de 1680 permit aux taverniers de vendre des viandes qui avaient été cuites à l'avance par les maîtres rôtisseurs : ce privilège s'étendit aux marchands de vins. Enfin, en 1698, on permit aux taverniers de faire rôtir les viandes, sans toutefois leur permettre d'avoir des cuisiniers à gages.

Pour être cabaretiers (ou taverniers), il fallait être catholique romain. Ils ne devaient recevoir personne chez eux le dimanche pendant les offices... et de même pendant les trois derniers jours de la semaine sainte. Pendant le carême et les jours maigres, aucune viande ne devait être fournie par les cabaretiers à leurs pratiques.






intérieur de cabaret - peinture anonyme

photo empruntée à culture.gouv.fr/base joconde








Un fait curieux est à noter : toutes les ordonnances, tous les arrêtés de police réglant la matière considéraient les cabarets comme des lieux publics exclusivement ouverts pour la commodité des étrangers et d'où les habitants du lieu même devaient être exclus ; cet interdit s'étendait surtout à la gente masculine mariée et aux domestiques ; mais cette prohibition excessive était à peu près sans effet.

Il fallait une enseigne. La plupart du temps, c'était simplement un buisson, ou, pour mieux dire, "un bouchon" ; d'où le nom de "bouchon" qui est resté en usage pour signifier un cabaret de chétive apparence.



Le 15 Janvier 1743, Monsieur le Curé de FILLE, Jacques GUIBERT, installé à FILLE en 1720 décède de noyade ainsi que le curé de Spay. Jacques GUIBERT n'était âgé que de 57 ans.







L'armoirial des DANIEL DE BEAUVAIS est d'azur au chevron d'or accompagné de trois feuilles d'acanthe, de même, à la bordure companée d'or et de sinople.









Source et information :
Archives Départementales de la Sarthe
Archives Mairie de Fillé
informations sur le commerce de cabaretier :
empruntées à france-pittoresque.com/metiers
et à cabaretier.wikipédia

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Catégories: LA FAMILLE DANIEL DE BEAUVAIS
27 Mar 2008 

  1. 1769 - La révolte des croquants ; la lande du Bourray où les habitants pauvres de FILLE avaient coutume de se réunir comme ceux de Guécelard, Roezé et Parigné le Polin, d'aller faire paître leur bétail dans les prés de la Lande se révoltent, révolte qui présage les cahiers de doléances...







En 1771, l'église médiévale de St-Martin de Vertou est refaite à partir de la structure ancienne conservée.

  1. En Juin 1777, un recensement cadastral est établi : il s'agit plutôt d'une estimation du produit annuel des biens de la paroisse de FILLE et de GUECELARD pour parvenir à l'égalité et à la proportionnalité des impôts et notamment dans le calcul de la Taille. Ce document fait état de la propriété, de l'exploitation et de la composition des biens dans les détails de tout ce qui appartient, d'une part à l'Eglise, aux Nobles et aux plus riches.
A la même époque (1777) le Chanoine Le Paige écrit de Fillé dans un
ouvrage qu'il dédie au frère du Roi :
"le sol produit du bon seigle, de l'avoine et du carabin ; il y a des vignes dont le             vin est médiocre, le rouge n'est pas mauvais. Il y a à Fillé beaucoup de landes".


  1. En Juin 1787, le bail de la ferme du Gros Chesnay établit une bonne fois au Metayer qu'il doit fournir chaque année une charge de froment, une charge de seigle et une charge d'avoine : mesure du Mans comble ou ras le bois mesure de la Suze rendues dans les greniers du château de Buffes.

  2. 1789 L'abbé ACHARD est curé de la paroisse de FILLE et de GUECELARD.

  3. Convoqués au son de la cloche, les habitants assemblés établissaient sous la conduite du Syndic Pierre Héron le cahier des plaintes et doléances de la paroisse de FILLE. On le remarque bien que tout se passe encore sous la conduite de l'église. C'est au son de cloche que les habitants bien ancrés dans leurs réflexes réagissent. Le cahier est établi au nom de la paroisse de FILLE qui semble agir ainsi en ce milieu simple et rural et peu touché par les évènements parisiens pour le compte de l'esprit de justice et de liberté et contre les grands dérèglements qui ont trouvé leur source dans la féodalité.

  4. Les nobles comme les tenants de l'église seront soit contraints d'épouser les principes révolutionnaires ou de baisser les bras, soit encore de s'enfuir pour jouer ensuite la revanche avec la chouannerie. Louis-Marie DANIEL de BEAUVAIS assista à l'assemblée de la Noblesse du Maine en 1789 et il y représenta aussi Madame Veuve DANIEL de BEAUVAIS, dame du GROS-CHESNAY.

  5. Les cahiers de doléances sont des registres dans lesquels les assemblées chargées d'élire les députés aux états-généraux notaient voeux et doléances, les plus notoires restent ceux de 1789.

    La rédaction de ces cahiers débutaient dans les villages et les paroisses avec la rédaction des "cahiers de paroisse". Ainsi, la paroisse de FILLE rédigea son CAHIER DE
    DOLEANCES :








    traduction de la page :



    PLAINTES ET DOLEANCES DE LA PAROISSE DE FILLE, SENECHAUSSEE DU MANS



    Aujourd'hui, 8 Mars 1789, les habitants assemblés au son de la cloche par leur sindic, d'après les ordres qui lui ont été signifiés de la part du Roy :



    Demandent :



1°) Qu' il ne soit dorénavant établi d'impôt que du consentement des

états généraux les quels soyent assemblés tous les cinq ans au

moins



2°) Que les ministres du Roy soyent responsables de l'argent qui leur

sera confié.



3°) Que toutes les impositions soyent réparties sur chaque citoien à

proportion de son bien, qu'il n'y ait plus de privilèges pécuniaires et

d'exemptions, que le clergé la noblesse et le Tiers Etat soyent tous

assimilés dans la juste répartition des impôts.



4°) L'abolition des droist de franc fief qui rapportes peu au Roy et est

très onéreux au tiers état par les exactions qui s'y comettes.



5°) Que la taille soit abolie et remplacée par l'impost territorial, mais

si les circonstances l'empeschent, que la taille ne soit plus arbitraire,

mais réelle et estimée dans la juste proportion des biens, afin que

chaque habitant sache ce qu'il doit payer et ne soit plus la victime du

caprice ou de la vengeance d'un collecteur.



6°) Que la gabelle soit abolie comme onéreuse et criante, mais si les

circonstances forcent les Etats Généraux de la conservé, que le prix

du sel soit modéré celui de 13... La livre que la paroisse paye est

exorbitante et écrase la classe du peuple.













La GABELLE DU SEL : le principe général est le suivant : le sel fait l'objet d' un monopole royal. Il est entreposé dans les greniers à sel où la population l'achète déjà taxé. La Gabelle représente environ 6 % des revenus royaux.

La TAILLE est un impôt direct de l'ancien régime français. La taille seigneuriale apparaît dans la deuxième moitié du XI° siècle. Elle a pour but de faire contribuer les communautés villageoises aux charges de la seigneurie en compensation de la protection accordée par le Seigneur.

A l'OCCASION DU BICENTENAIRE DE LA REVOLUTION (JUIN 1989) :


Réunion dans la campagne suzeraine en juin 1989 d'une classe du Collège TROUVE-CHAUVEL de la SUZE autour du thème "les cahiers de Doléances" et notamment ceux de la paroisse de Fillé.







LES EMIGRES, LES CURES REFRACTAIRES ET LA CHOUANNERIE




"Je jure de maintenir de tout mon pouvoir la
Constitution". Les prêtres qui prêtèrent ce serment furent appelés
jureurs, les autres seront les réfractaires.


Le 11 Juillet 1789, Monsieur de Vauguyon est arrêté sur le chemin de l'Angleterre.


Déclaré bien national à la révolution, Adélaîde Victoire Daniel de Beauvais dont le père François Daniel de Beauvais a émigré, rachète le moulin de Fillé. A la mort de cette dernière, René Livache et son épouse Louise Poussin en font l'acquisition.



Cette année 1790 vit la cessation de l'utilisation du cimetière devant l'église de FILLE. Le nouveau (25 ares) se mit progressivement en place à partir de cette époque là.





Illustration empruntée à livre d'histoire de la classe de

4° des Cours Complémentaires - édition de Septembre 1959

L'abbé ACHARD doit, suite à une décision du 23 Février 1790, lire les décrets de l'assemblée constituante ; celui-ci ayant refusé le 13 avril de reconnaître le catholicisme comme religion d'état, le 20 avril suivant, l'administration de ses biens est retirée à l'église. Le presbytère et l'église de FILLE sont achetés par les citoyens Héron et Tanchot pour la somme de 1697 écus.


En 1791, dès janvier, les municipalités de la Sarthe ayant recensé des églises se voient contraintes de faire jurer fidélité aux prêtres. 422 jurèrent alors que 632 se déclarèrent réfractaires ; suite à ce décret demandant aux prêtres de prêter serment, le Curé Achard semble s'y soumettre puis se rebelle. Dans les murs du château de la Beunêche est installé une cache permettant au prêtre réfractaire de se réfugier sans être inquiété. Fidèle aux réfractaires, les populations aidaient souvent à les cacher.

Or, suite à des lettres de délation, de jeunes individus "révolutionnaires" venus du Mans haranguent les paroissiens à la sortie des offices et en Août 1792, le trouble règne partout et le comité révolutionnaire de la Sarthe soumis aux ordres du Conventionnel Levasseur fait condamner 112 prêtres à l'exil en terre espagnole.

En représailles, le Curé Achard fut également traîné de force pour rejoindre un groupe de curés réfractaires destinés à l'exil. Suite à ce grand tumulte, un de ces prêtres réfractaires écrit qu'à l'auberge de Fillé-Guécelard où ils faisaient une halte pour se désaltérer et manger, les "crapauds de nuit" (c'est ainsi qu'on désignait les prêtres réfractaires à l'époque) se virent entourés par les habitants proches qui leur témoignèrent douleur et compassion et les larmes aux yeux dirent adieu à leur curé, étonnés de les voir si déterminés dans leur choix et si sereins.



illustration empruntée à :
commons.wikipédia.org/wiki/file : carte des prêtres assermentés en France en 1791


Carte des prêtres assermentés en France en 1791

Chassé de sa paroisse, le curé Achard fut remplacé par un "intrus" Jean Arnoult qui se heurta à l'hostilité de la rustique, ignorante et pieuse population, l'installation des nouveaux venus considérée comme des intrus était généralement mal acceptée par les fidèles.

En 1793, l'année fut également très mouvementée avec des batailles entre les chouans et les républicains. Buffes vit passer sur l'ancienne route de Paris-Nantes, dite le "chemin aux boeufs", ancienne voie romaine, située à cinq cents mètres de Buffes, plusieurs dizaines de milliers de Vendéens dans leur expédition appelée " Virée de Galerne" c'est-à-dire "mouvement vers le nord" car le vent de galerne est un vent du nord et ce, alors qu'ils remontaient d'Angers vers le Mans, en route pour Granville.

Mais, le 13 Décembre 1793, c'est la bataille du Mans : l'armée républicaine écrase les vendéens dans la cité mancelle. La moitié des blancs ne survivront pas à la bataille et c'est le repli de la "virée de galerne".

photo empruntée à www.herodote.net




Le 13 Décembre 1793, c'est la terrible bataille du Mans qui vit la victoire des républicains sur les vendéens



tabeau de Jean Soreuil conservé au musée de la Reine Bérengère


En Fructidor An III, on entre dans la "seconde terreur" avec la disparition de Robespierre le 9 Thermidor. Le citoyen Auvray, préfet de la Sarthe nomme le citoyen François Tanchot, maire de FILLE-GUECELARD le 3 messidor an VIII. Tous doivent prêter serment de fidélité à la Constituante.


En Fructidor An III (septembre 1794), un dénommé "Tape à mort" qui avait quelques parentés à  FILLE avait formé avec eux une bande de "contre-révolutionnaires". Ledit "Tape à mort" s'était mis à la disposition du commissaire de la République du Mans quelques temps plus tard et dans la nuit du 19 au 20 fructidor an III, les citoyens Tanchot, maire de Fillé-Guécélard et Blin, procureur de ladite commune, ont, aux environs de minuit, vu se présenter à eux 3 ou 4 individus à cheval leur demandant le texte de la Constituante présentée par la Convention Nationale à l'acceptation du peuple. Or, suite à la réponse affirmative des deux notables filléens, ils ont exigé la remise de ce texte en échange d'un autre... Les individus à cheval ont effectivement déposé sur le bureau du Maire deux documents, l'un intitulé "Déclaration du Roy" commençant par ces mots :"Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre" (il s'agissait de Louis XVII âgé de neuf ans et qui, tuberculeux, mourrait dans la prison de la Bastille d'une lente agonie) et se terminant par "Votre inébranlable fermeté" et :



l'autre intitulé "Manifeste du Général Charette" commençant alors par ces mots : "Le moment est venu" pour se terminer par "Soyez persuadés, Messieurs, de tous mes sentiments pour vous". La remise de ces deux documents leur a été faite avec injonction d'en faire lecture "au péril de leur vie", "à l'heure où il y aurait le plus de monde" et "en faisant sonner la cloche afin de rendre le rassemblement plus conséquent" et ce Maire et Procureur ont exécuté dès le lendemain de crainte d'être recherché par les chouans en présence de 50 à 60 citoyens de la commune et notamment des citoyens Gaupuceau et Rousseau (officiers municipaux).

Alors là, ils sont interrogés pour savoir pourquoi ils n'avaient pas prévenu l'Administration de cet évènement qu'elle aurait pû empêcher, ils ont répondu que c'était la crainte de possibles attaques qui les avaient retenus... La présente minute de cet interrogatoire est enregistrée sous la forme d'un évènement contre-révolutionnaire par le citoyen Bardou-Bouquetin, il s'avère donc que les deux notables se sont rendus coupables d'une criminelle complaisance envers la République... On ne rigolait pas avec la prestation de serment à la Constituante ! en vertu de quoi, ces deux élus sont momentanément suspendus de leur fonction et remplacés par les autres officiers municipaux.



Le 10 Nivose an IX : un "arbre de la liberté" est planté solennellement par le citoyen Tanchot et le sieur Héron son adjoint.

 




illustration empruntée à http://revolution.1789.free.fr/image/arbre de la liberté

PLANTATION D'UN ARBRE DE LA LIBERTE










Sources manuscrites et bibliographiques archives départementales de la Sarthe archives paroissiales - archives de la commune de Fillé

sources internet : pagesperso-orange/registres d'état civil

Source bibliographique - histoire régionale : Le crapaud de nuit  Editions du Cherche-Livre par Jean-Jacques Loisel

Source Bibliographique de l'histoire du moulin de Fillé  : Moulins de la Sarthe n° 30/15

Source bibliographique déclaration Chanoine Le Paige : Dictionnaire Topographique, Historique et Généalogique et bibliographique de la province du Maine MDCCLXXVII tome I page 335.







 


















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Catégories: LES CAHIERS DE DOLEANCES
28 Mar 2008 


photo collection particulière

Le 16 Juin1872, en présence de Monsieur CARTERET, Maire, eut lieu en Mairie de FILLE-GUECELARD une réunion extraordinaire.

OBJET DE CETTE REUNION : Projet de distraction de la section de GUECELARD et d'érection de cette section en commune.

RAPPEL DES FAITS : Guescelard, province du Maine, généralité de Tours, élection du Mans uni à Fillé sur les listes de district en 1797, sur celles de district et de canton en 1790, sur celles d'arrondissement et d'arrondissement et de canton en l'an III - 1794.
Par ordonnance royale en date du 18 Août 1845, Guécélard était élevé en paroisse autonome.

Une première demande de distraction émanant des habitants de la section de GUECELARD avait été faite en 1866 et non accueillie.
Le Président après avoir lu l'arrêté de Monsieur le Préfet de la Sarthe en date du 7 Mai 1872 qui autorise la réunion du Conseil municipal, au vu des plus imposés pour délibérer de faire toute observation, tant sur le projet de distraction du territoire de la section de GUECELARD que sur les conditions de cette distraction, donne connaissance au Conseil du dossier et en particulier de la demande de séparation faite par GUECELARD ainsi que les motifs mis en avant par cette section.

D'après la pétition, les habitants de GUECELARD prétendent avoir déjà été une commune indépendante. La carte de l'Evêque du Mans publiée en 1706, réeditée en 1781, considérée à juste titre comme l'une des plus belles pour son exactitude constate que GUECELARD n'a jamais été une paroisse. De 1791 à 1793, lors de la division de la France en communes, GUECELARD qui possédait alors 50 feux* environ fut annexée à FILLE comme bourg le plus proche ayant déjà une administration complète et indépendante.



illustration empruntée à : commons.wikipédia.org/wiki/file/carte des diocèses et Evêchés de France en 1789 et 1802

Carte des Diocèses et Evêchés de France en 1789 et 1802


La discussion étant ouverte, le Conseil Municipal, après examen, ne croit pas de sa dignité de réfuter les six pièces accompagnants à titre de renseignements la demande de distraction. Toutes ces pièces se contredisent en plusieurs endroits ; elles contiennent des erreurs trop grossières ou sont du moins trop exagérées pour qu'on puisse leur attribuer la plus minime confiance mais le Conseil examinera seulement la pétition et pour la clarté des explications, il suivra l'ordre des faits tel qu'il a été adopté par les pétitionnaires.

Le premier et principal motif invoqué par les habitants de GUECELARD est le passage dangereux de la rivière Sarthe et du ruisseau le Rhonne. Pour les dangers que présente le passage du bac, les membres du Conseil peuvent répondre à ce grief par la notoriété publique. De temps immémorial, il n'est pas arrivé d'accident. Tout le monde peut l'affirmer, la rivière n'a jamais été une entrave pour l'administration de la commune.

Pendant l'invasion, au moment où le barreau de la porte marinière * venait d'être rompu par les glaces, c'est-à-dire au moment où le passage a peut être réputé le plus dangereux, le messager envoyé par GUECELARD a pû passer une première fois pour demander un cheval de réquisition et, une seconde fois, pour porter la réponse écrite.

En ce qui concerne le ruisseau du Rhonne, il est ajouté que la lettre de Monsieur l'Ingénieur chargé du service montre toute l'exagération des dires des petitionnaires.
Si l'eau a quelquefois pû atteindre le niveau de la levée, ce fait excessivement rare n'a duré que quelques jours et pendant ces courtes et rares périodes, les habitants de GUECELARD pouvaient encore venir à FILLE par le chemin n° 3 sans passer par la Suze, sans faire 30 kilomètres comme il leur plait de le dire nécessaire.

En résumé, le conseil municipal marque son opposion (les conseillers de Fillé étant majoritaires 7 contre 5), il déclare que les communications n'ont jamais été interrompues pour les piétons entre FILLE et GUECELARD par le fait des eaux. Le conseil place comme principal argument d'opposition que la séparation entraînerait de grosses difficultés financières pour chaque commune




Les séances du conseil municipal étaient fort agitées. Certains anciens de FILLE rapportent même qu'elles se terminaient d'abord au troquet situé en face de la Mairie et qu'elles s'achevaient à coups de fourche à l'endroit de l'embarcadère du bac.














GUECELARD possédait un relais de poste de gendarmerie à cheval

Dessin à la craie sanguine
par Christiane CHOISNET

GUECELARD vante l'importance de son bourg et le Conseil reconnaît l'existence d'une poterie(*) qui donne de l'ouvrage, d'après la déclaration même du gérant, à cinq ou six ouvriers mais c'est le seul établissement industriel de GUECELARD et il est impossible que sur un si minime intérêt on puisse baser une demande de séparation. le relais de poste de gendarmerie à cheval va être supprimé. Le Conseil ajoute qu'un adjoint est toujours choisi parmi les conseillers de GUECELARD.

La demande de séparation indique GUECELARD comme étant une commune avant la révolution. Le Conseil établit qu'avant la révolution la paroisse de GUECELARD n'a jamais été desservie d'une manière régulière par les ecclésiastiques chargés de tenir l'état civil. Quelquefois, un curé de GUECELARD, souvent celui de FILLE et presque toujours les vicaires de ROEZE et de PARIGNE desservaient la chapelle de GUECELARD qui ne comprenait qu'une faible portion du territoire actuel de la paroisse de GUECELARD. Depuis GUECELARD possède une église neuve et un presbytère . Les finances en cas de séparation permettraient à chaque commune de vivre.

Cette deuxième demande a été non accueillie par le Ministre de l'Intérieur de l'époque. Les pétitions des Guécelardais continuaient malgré ce refus en faveur de la scission. Il y eu aussi, paraît-il, des bagarres sanglantes entre les deux villages...






ci-dessous, plaque en fonte qui était apposée sur le mur de la Mairie et qui a été volée par des énergumènes de notre société actuelle.





Une troisième demande émanant des GUECELARDAIS a été réitérée le 13 Mars 1875, non accueillie par le Ministre de l'Intérieur de l'époque puis une quatrième en 1878 et là le Ministre de l'Intérieur envoie un courrier en date du 28 Décembre 1879 en précisant que le mieux était de maintenir l'état de réunion MAIS ... à la grande satisfaction des Guécelardais, un projet de loi est voté par le conseil d'Etat lequel est rapporté au Sénat et ce, malgré la protestation de certains membres du Conseil Général également députés.

VOIR SUITE SUR PROCHAIN ARTICLE "SOUS LA TROISIEME REPUBLIQUE, SEPARATION DE FILLE ET DE GUECELARD SOUS LE MANDAT DE MR GARNIER..."





* Les maisons étant exigÜes, malsaines et sombres : toute les familles s'entassaient dans l'unique pièce basse où se trouvait la cheminée, le foyer : la pièce à feu. Lors des évaluations de la population, on ne comptait pas les habitants, mais les feux, chaque foyer représentait une famille.

* porte marinière = pour franchir la chaussée ou barrage, une ouverture est pratiquée : c'est le pertuis. Pour retenir l'eau du bief supérieur, on dispose dans le passage libéré d'une cloison démontable manuellement, c'est la porte marinière.


* La fabrication de poteries à Guécélard doit remonter à l'époque où des hommes et leurs familles, venus d'ailleurs, se sont installées pour mettre en valeur les terres défrichées.

La nécessité d'avoir des récipients d'usage courant et domestique les incita à en produire eux-mêmes. Vers la fin du XVI° siècle et surtout au XVII° siècle, un artisanat se développa à Guécélard créant une poterie dite "rurale". Cette activité cessa vers 1850.




PERCEMENT DE LA ROUTE DES VIGNES




Le tracé du chemin dit "des Vignes" a été adopté par la commune en 1879 : il passe à travers des bois de sapins. (photo collection particulière)


Le Maire dépose un second dossier suite à une autre pétition concernant le tracé du futur chemin dit "des Vignes".

Celui-ci partant du chemin d'intérêt commun n° 8 du Mans à la Suze par FILLE pour se terminer chemin vicinal n° 4 de FILLE à Voivres en passant par les Bouillons, les Oliveries, Saint-Julien, la Pelousette et la Croix Bobet. Après en avoir délibéré et après âpre discussion, le Conseil adopte à titre de sacrifice communal un emprunt à la Caisse des Chemins Vicinaux et accepte, provisoirement, à titre de sacrifice particulier la souscription d'une somme donnée par cent douze personnes.

Par la suite, le conseil demande une nouvelle étude du chemin des Vignes en quittant l'ancien chemin à la Pelousette pour passer par les bois de sapins et pour aboutir au Clos Colin vers le n° 4.

Il faut savoir que deux cents personnes traversent régulièrement les bois venant du secteur des Oliveries, Saint-Julien, La Pelousette pour se rendre au bourg de Fillé et autant dire que pour les habitants des Oliveries, Saint-Julien, etc... passer par la Croix Bobet pour rejoindre la route de Voivres et tomber sur l'actuelle route de la Libération pour enfin arriver au bourg est un sacré "parcours du combattant".

Monsieur CARTERET Charles décède en cours de mandat le 21 Janvier 1878.










sources manuscrites sur la scission de Fillé et Guécelard : archives de la Mairie de Fillé
sources manuscrites sur la réunification de Fillé et Guécélard : récit historique et chronologie remis par des historiens de Guécélard à Monsieur le Maire de FILLE en 1996
sources manuscrites sur le tracé de la route des Vignes : archives de la Mairie de Fillé

29 Mar 2008 



photo collection particulière
  • En 1643 est construite et achevée la maison du Passeur qui devient petit à petit auberge-relais. (bâtiment se trouvant à droite sur la photo juste avant l'église).

  • En 1744, la Maison du Passeur est uniquement recouverte en bardeaux de bois non pointés retenus simplement par une remontée en bas de la charpente appelée "coyau".

    En 1785, la maison du passeur occupée par René Vigneron est décrite ainsi :

    "La maison et jardin de port de Fillé contenant trois chaînées ou environ joignant vers le nord la descente du port, vers le midi les bâtiments aux héritiers Perrière, la maison et jardin vers Trouvé, vers l'orient la rivière de Sarthe, vers l'occident la rue tenant du bourg de fillé à la tenue du grand Chenay".


    En 1791, le tableau indicatif des différentes propriétés de la communauté de Fillé-Guécelard la décrit comme :

    "Maison et chambre du port comprenant y compris la cour et le jardin 2 hommées levée asser une petite portion de pré."


  • La commune achète la maison du passeur du bac le dimanche 23 Juillet 1876 laquelle est désormais recouverte d'un côté en ardoises, d'un autre côté en tuiles plates.

  • Par compensation des charges qui vont incomber à la commune par suite de l'acquisition de la maison du passeur, de sa reconstruction, du remplacement du bac, le Conseil demande :
  • 1°) la cession gratuite du bac actuel et accessoires
  • 2°) le droit de l'entretenir
  • 3°) le privilège également gratuit du droit de passage pendant trente années
    consécutives commençant à l'expiration du présent bail.
  • Par contre, la commune s'engageait à acquérir la maison du Passeur, à faire toutes les dépenses nécéssaires pour assurer le passage pendant ce laps de temps et dans les conditions où il existe.

Mais vingt ans plus tard, la construction du pont du tramway en 1896 ne nécessitait plus le passage du bac.




Au centre de la photo, à droite : le bac ; à gauche : la maison du passeur et au fond à droite,le presbytère et l'église.



PHOTO COLLECTION PARTICULIERE

Au premier plan, femme lavant son linge au bord de la Sarthe, au centre de la photo, une gabare et en arrière plan, derrière l'église, le presbytère et enfin au fond la maison du passeur.

Informations puisées sur le document remis par Françoise COTTREL-BOTTREAU
exemplaire remis au Maire de FILLE - UNIVERSITE DU MAINE 1998/1999
Nouveautés au village.







 LE MARQUIS DE LA FAYETTE, DEPUTE DE LA SARTHE

En 1818, la soixantaine bien sonnée, pour se faire élire député de la Sarthe, Le Marquis de La Fayette vint faire "campagne" auprès des électeurs censitaires du secteur mais cet homme avant-gardiste qui avait aidé à la création des Etats Unis avait des idées très libérales et totalement en décalage par rapport à la réalité d'une autre campagne ; il ne réussit pas trop à convaincre les électeurs. Le corps électoral de la Sarthe l'envoyât néanmoins à la Chambre en Novembre 1818, puis il fût reélu député de Seine et Marne en 1819, il adhérera ensuite au parti patriote de la Charbonnerie en 1821.


Il n'empêche qu'à mon humble avis et avec le recul des évènements, en ce qui me concerne : aller écouter, un soir électoral, les discours du marquis de La Fayette, le défenseur de la Déclaration des Droits, aux idées révolutionnaires et bien en avance sur son temps, devait bien valoir n'importe quel discours de nos candidats" modernes" et n'en déplaise à certains..


Le Marquis Gilbert Motier de la Fayette, élu député de la Sarthe en Octobre 1818. C'était un homme aux idées libérales ; toute sa vie, il fût assoiffé d'aventures. Il est enterré à Paris, au cimetière de Picpus et selon ses volontés, son cercueil est recouvert de terre américaine.




INSTALLATION DE LA PREMIERE BOITE AUX LETTRES A FILLE


En mai 1830, l'administration des Postes installe la première "boîte aux lettres" chez le débitant de tabac.... Qué c'étaient donc des précurseurs sans doute, quoi qu'il en soit, les derniers maires du millénaire se battront pour garder l'agence postale dans le bourg de Fillé, voire même dans les murs de la Mairie ; quand adviendra-t-il dans le nouveau millénaire, reviendra-t-elle "à la case départ" comme cela va se pratiquer à compter du 1er Septembre 2008 sur la commune voisine de Roezé pour les opérations courantes : le relais poste va devenir le bar tabac...

Seul l'avenir le dira...




enveloppe collection privée

LA COMMUNAUTE DES SOEURS D'EVRON S'INSTALLE A FILLE


Bref, en attendant,  reprenons le fil de l'histoire: nous sommes en 1836, la Communauté des Soeurs d'Evron a été autorisée à envoyer deux soeurs à
FILLE afin
d'instruire gratuitement les petites filles (Archives Mairie 2.11.1836).

En 1837 est élaboré un traité avec le Conseil Municipal. La convention fut signée vu "combien il est avantageux pour la commune de FILLE-GUECELARD d'établir les soeurs d'Evron pour l'instruction et l'éducation chretienne des jeunes filles et le soulagement des pauvres malades... (Archives Mairie 20.08.1837).



LA DIFFICILE PERIODE DE LA GUERRE FRANCO-PRUSSE DE 1870


Nous arrivons à la période de 1870 : la guerre oppose depuis le 19 Juillet le Second Empire Français aux royaumes allemands unis derrière le royaume de Prusse. La défaite sonnera la fin de ce Second Empire.

En Octobre 1870, le préfet demande au maire de FILLE-GUECELARD de mettre à disposition de l'administration pour le service de l'armée 20 voitures attelées qui devront être rendues à la caserne de la Mission, le 10 Octobre. Il sera dressé procès-verbal contre les propriétaires de voitures qui n'obtempéreraient pas à la réquisition.

Après la bataille d'Orléans, du 2 au 4 Décembre 1870, le général Chanzy prit le commandement de la deuxième armée de la Loire et regroupa les forces françaises vers LE MANS.


Mal préparés, souvent inférieurs en nombre et très mal commandés, les français sont sévèrement battus dans plusieurs batailles dont celle du Mans les 11 et 12 Janvier 1871. Ce fut une défaite décisive de la France contre l'Allemagne dans le cadre de la guerre franco-prussienne.




Le village de Champagné sous les feux de la 12° brigade prussienne et les troupes françaises du colonel Bell : le village avait été vigoureusement attaqué et défendu maison par maison
... (peinture de G. KOCH)


Suite au décès de Monsieur CARTERET, le 19 Mai 1878, Monsieur GARNIER Louis est élu Maire de FILLE-GUECELARD.

Le Conseil décide - après que le prédécesseur du Maire actuel est fait venir un architecte du Mans - de faire construire un premier étage sur le corps du bâtiment actuel de l'école comprenant le logement de l'instituteur et la Mairie.



photo collection particulière











Sources et informations et illustration :
sur la guerre de 1870 et la bataille de champagné, informations empruntées à :
http://www.loire1870.fr.bat.mans
archives mairie de fillé et archives paroissiales
sur l'école Saint-Charles et la communauté des soeurs d'Evron : document remis au Maire par l'école Saint-Charles



29 Mar 2008 
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Cette photo avait été adressée en 2004 au Maire de Fillé par Monsieur F. LEPINE de l'Association pour la Mémoire et la Notoriété de Louis Auguste Marie Harel de la Noe.
Cette photo originale du pont de Fillé avait été prise par une équipe de cinéastes qui avait réalisé un film sur la vie et l'oeuvre de notre grand ingénieur breton. Nous l'en remercions ici.

Ci-dessous, plan datant de 1840 du bourg de FILLE sans le pont...




Le projet du pont du tramway prend forme : le pont sera l'oeuvre d'un grand ingénieur breton Louis HAREL DE LA NOE (1852-1931). Après avoir conçu le pont-canal de Briare, Monsieur HAREL DE LA NOE est nommé au service ordinaire des Ponts et Chaussées de la Sarthe, à compter du 1er Mai 1884. C'est à lui que l'on doit la conception de notre pont de FILLE. Il réalisa également le fameux pont en X au MANS et le pont de la Raterie à ALLONNES conçu à l'identique à celui de FILLE : le tablier étant soutenu par deux axes metalliques de 56,33 mètres.



Le conseil se penche également sur ce projet du pont du tramway sur la Sarthe : il sera à double voie si la commune consent à la dépense ! Or la commune s'engage à payer une somme de 7500 F pour avoir un pont route à double voie. Nous remercions le Conseil de 1893 d'avoir été AVANT-GARDISTES (le pont redeviendra quelque temps à voie unique beaucoup plus tard - en 2007 - suite à sa rénovation ; résultat d'un problème de revêtement de chaussée).

Longtemps après la construction du pont de fer à laquelle avait participé de nombreux adolescents du cru comme chauffeurs de rivets, un livre édité en 2003 aux Presses de l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées consacré à notre ingénieux ingénieur breton (il est natif de Saint-Brieuc) et écrit par une association de passionnés pour la mémoire et la notoriété de ce bâtisseur de talent, souligne que : "Si les populations riveraines des fleuves échappent désormais à la sujétion des grands ponts à voie unique, c'est à l'exemple décisif de ce pont de FILLE qu'elles devront ce bienfait" et de conclure "Aux Manceaux qui regrettent la vision du pont en X original, malheureusement détruit à la Libération, nous suggérons qu'ils aillent voir le pont de FILLE, d'une grande qualité technique, de forme originale et d'une ligne très pure. Le pont de FILLE est le plus bel ouvrage d'HAREL DE LA NOE toujours en service routier dans la Sarthe." Il fait d'ailleurs l'objet de deux illustrations en couleurs dans le livre précité dont une concernant l'extrèmité d'un des garde-corps en briques rouges lesquels seront démolis en 2007 suite à sa rénovation.

HAREL DE LA NOE construit donc notre pont de FILLE en 1896. Il était contemporain de GUSTAVE EIFFEL qui disait de lui lors de l'inauguration du pont en X au MANS : "En fait de tour, Monsieur HAREL en a plus d'un dans son sac. Parce que je suis ingénieur, croyez-vous que la beauté ne me préoccupe pas ? Nous nous efforçons de faire solide et durable, pourquoi ne nous efforcerions nous pas de faire élégant ?".

Cet ouvrage d'art fut commandité aux Ateliers de Construction des Forges et Fonderies d'Hautmont.




Le Pont d'Harel de la Noe vu du ciel


Monsieur Charles de VAUGUYON étant réelu Maire de FILLE le 24 Novembre 1895, autorisation lui est donnée d'avancer les 7500 F pour la construction de ce pont du tramway ce qui necessitera la réalisation d'un emprunt de 5000 F.

Le 7 Mars 1897, le Conseil Municipal réuni en séance extraordinaire demande que la Commune soit dispensée de payer l'empierrement de la rampe du pont. En 1898, le Conseil demande toujours que le chemin d'accès au pont du tramway soit empierré le plus tôt possible.







  Traduction :

"L'an 1897, le 7 Mars à 2 heures du soir, le Conseil Municipal de FILLE s'est réuni au lieu ordinaire de ses séances, salle de la Mairie, sous la présidence de Monsieur de VAUGUION, Commandeur de la Légion d'Honneur, Maire pour la tenue de cette séance et ensuite de la convocation faite par lettres individuelles, le 28 Février dernier...

Monsieur le Président donne lecture d'une lettre de Monsieur le Préfet de la Sarthe en date du 25 Février 1897 qui invite le Conseil Municipal à prendre les mesures nécessaires pour assurer la réalisation de la somme de 7500 Francs par voie d'imposition extraordinaire, d'emprunt et de souscription, que la commune de FILLE s'est engagée à payer à l'administration du tramway pour avoir un pont-route à double voie sur la Sarthe, conformément à sa délibération en date du 17 Août 1793, approuvée par Monsieur le Préfet de la Sarthe, le 10 Février 1897.

Après la lecture de la lettre précitée, le Conseil Municipal à l'honneur d'exposer à Monsieur le Préfet qie lors des conventions faites avec Monsieur Q......, Ingénieur des Ponts et Chaussées au sujet de l'indemnité à payer par la commune pour l'établissement d'une double voie servant au passage des voitures sur le pont du tramway, il a été convenu que moyennant une somme de 7500 Francs payée par la Commune à l'Administration, ce pont serait livré au public sans qu'il y eut lieu à d'autres dépenses par la Commune et par conséquent que la rampe d'accès serait livrée à la Commune empierrée et prête à servir.

Le Conseil sur le rapport du Maire qui est certain d'avoir rapporté fidèlement les engagements verbaux de l'Administration, n'a voté les 7500 Francs de subvention que dans ces conditions. Cependant, l'Administration parle d'exiger de la Commune le paiment de cet empierrement, se fondant sur ce que d'autres commune interessées sont obligées de faire cette dépense.

Le Conseil a l'honneur de faire observer à Monsieur le Préfet que le cas de la commune de FILLE  n'est pas celui des autres communes. FILLE, seule, s'est engagée pour jouir de ce pont à payer une somme relativement très considérable vu la pauvreté de cette petite commune.

En conséquence de ces faits, le Conseil Municipal de FILLE a l'honneur de prier Monsieur le Préfet de vouloir bien soutenir sa cause devant l'administration du tramway et lui demander de tenir ses engagements, fussent-ils verbaux, mais faits de très bonne foi des deux côtés




CI-DESSOUS, PLAN DU BOURG SUR LEQUEL EST PROJETE LE PONT DU TRAMWAY

à gauche l'embranchement avec la route de Voivres (devenue route de la Libération)






















HAREL DE LA NOE  a construit également la gare de Fillé.

Par aille
urs, le conseil est saisi d'une demande émanant de personnes de FILLE pour créer une assemblée (fête) le lundi de Pâques à la Gare du tramway (?).
Dans un premier temps, après délibération, le conseil donne avis favorable au sieur Ch..... mais le Maire a voté contre cette proposition considérant que l'emplacement était mal choisi par suite du voisinage de la gare de tramway et du pont dont les garde-fous constituent un danger et, de plus, les stands des forains ne peuvent être établis que le long du chemin dit "d'intérêt communal" qui, selon lui, n'offre pas une assez grande largeur... affaire à suivre.




photo collection personnelle


HISTOIRE DE LA PASSERELLE


Une passerelle en bois (puis reconstruite en béton après l'incendie du secteur de l'église en 1944) a été installée tout simplement à l'emplacement de l'embarcadère après la suppression du bac pour pallier à la dénivellation de terrain permettant ainsi une meilleure circulation des promeneurs le long de la Sarthe tout en permettant l'amarrage des barques


Parmi les tout jeunes enfants qui posent sur la passerelle se trouve notre ami, René GAIGNON, natif de FILLE et qui nous apprendra tant d'histoires sur l'HISTOIRE de FILLE. Ses parents habitaient dans le bourg à l'emplacement de l'ancienne épicerie (son père était sabotier) et il y a vécu beaucoup d'évènements très souvent relatés dans la presse locale (sur le tramway, Henri Vallée, la vie entre les deux guerres, etc...).

Cette passerelle en bois si bucolique est devenue un passage en béton après guerre (dommage !). Ci-dessous la passerelle en béton :




















Sources bibliographique :
ouvrage sur LOUIS HAREL DE LA NOE (1852-1931) écrit par l'Association pour la Mémoire et la Notoriété de Louis Harel de la Noe sous la Direction de François Lépine
Un grand Ingénieur breton - édition : Presses de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées.
Sources manuscrites :
Archives de la Mairie de Fillé concernant les plans et la correspondance de la Municipalité de l'Epoque à Monsieur le Préfet.
Article l'Eiffel des PETITS TRAINS HAREL DE LA NOE (1852-1931) sur l'ouvrage des Petits Trains de la Sarthe d'Alain de Dieuleveult et Jean Edom.


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